Jalabert : "La peine d’être vécu"

Publié le : 22 Juin 2009
Par : Penel Arnaud
 

L’ancien champion cycliste, reconverti dans le triathlon et le marathon, jouit d’une popularité et d’une condition physique (4 e en 2 h 53’16") intactes.

Pour passer inaperçu, le dossard 1000 n’est pas le meilleur des visas. Mais peu importe ! Avec un numéro plus anonyme, Laurent Jalabert n’aurait de toute façon pas traversé incognito le vignoble bas-rhinois. D’abord parce que sa popularité est aussi immense qu’à l’époque de ses chevauchées fantastiques à vélo, comme à Colmar en 2001, un jour de Fête nationale. Ensuite parce qu’il signe des chronos qui lui valent de s’extraire du peloton, comme à ses plus beaux jours.
En 2h53’16, « Jaja » (40 ans) a décroché hier la 4 e place du marathon du Vignoble de Molsheim. À peine marqué par l’effort, il s’est, sitôt la ligne d’arrivée franchie, montré d’une grande disponibilité. Pour les médias comme pour ses fans. Laurent Jalabert a apprécié son séjour molshémien et ne s’en est pas caché.

Laurent, pourquoi avoir choisi le marathon de Molsheim ?
Ça faisait deux ou trois ans que les organisateurs m’invitaient. Mais j’étais davantage tourné vers le triathlon. Je leur avais dit que je viendrais un jour.

Vous n’avez pas l’air éprouvé ?
Pourtant, c’était crevant (sourire) ! Je suis parti tranquillement et j’ai rattrapé les concurrents les uns après les autres. C’était vraiment agréable de courir dans un site de cette beauté. J’ai été très encouragé. Parfois, ça agace les coureurs. J’étais avec deux gars, l’un a fini par dire au public : « Mais nous sommes là, nous aussi. » Je comprends sa réaction. Mais, je n’y peux rien.

Votre 4 e place est une jolie performance…
C’est surtout le chrono qui m’intéressait. 2 h 53’, ce doit être mon 2 e meilleur temps sur la distance. J’ai déjà fait 2 h 45’ à Barcelone. Je suis très content. D’autant que je n’avais pas préparé cette course autant que certaines autres. Jusqu’ici, j’avais toujours pris part à des marathons très populaires, avec 35 à 40 000 coureurs, comme Paris, Londres ou New York. Il faut y jouer des coudes pour se placer au départ. Là, dans un peloton plus restreint, certains se font un plaisir d’essayer de me distancer. Un gars s’est ainsi mis dans le rouge et a craqué. Moi, j’essaie de faire ma course sans m’occuper des autres. Je suis content de participer, pour partager un moment avec les autres athlètes et le public.

Quel souvenir garderez-vous de ce marathon du Vignoble ?
C’était différent de tout ce que j’avais connu. Je me suis régalé. Ça vaut la peine d’être vécu.

Recueilli par S.G.
Source : http://www.lalsace.fr

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