Lausanne court après une nouvelle Coupe du monde
Non, l'épreuve n'est pas sur une pente descendante, affirme son big boss, Claude Thomas. Au contraire. Ce week-end, Ouchy accueillera les championnats suisses. Et dès 2009 on devrait y retrouver le gratin mondial... sinon.
Les riverains et automobilistes savent à quoi s'en tenir. Le triathlon de Lausanne compte bien faire de vieux os. C'est en tout cas ce qu'affirme haut et fort Claude Thomas, le grand patron de l'épreuve. Un sacré bonhomme d'ailleurs que ce quinqua chaleureux, hyperdynamique et accessoirement capitaine de la police lausannoise. Il porte à bout de bras l'épreuve depuis sa création en 1994.
Claude Thomas le reconnaît. Il ne parle pas comme un flic, mais plutôt comme un pote d'enfance qui raconte tout, sans détour et dans un langage parfois imagé. De par ses origines valaisannes, il garde aussi la tête dure. Pas touche à son bébé.
Si en cette année olympique, Lausanne «se contente» d'accueillir les championnats nationaux, elle tient à rebondir beaucoup plus haut et au plus vite. «On veut trois coupes du Monde, en 2009, 2010 et 2011», lâche Claude Thomas avec gourmandise. Les tractations avec la Fédération internationale, basée à Vancouver, sont bien avancées. Mais comme on annonce des changements importants à la tête du triathlon mondial et que les organisateurs sont nombreux sur les rangs, rien n'est jamais acquis.
Pas les mêmes voitures
Tiens, même pour les championnats de Suisse, l'affaire a été
compliquée. Pour une question de sponsors d'abord, Lausanne étant
associé à un importateur automobile... et la Fédération nationale
à un autre. De plus, à entendre Claude Thomas, les relations avec
les instances dirigeantes du triathlon suisse sont parfois un
poil compliquées.
Cela dit, quand il s'agit de hausser le ton, Lausanne ne manque ni de voix, ni d'arguments. Il s'en est passé du temps depuis le moment où trois copains euphoriques sur une plage de Floride avaient imaginé de lancer une nouvelle manifestation sportive organisée. Depuis 1994, la capitale vaudoise a ainsi accueilli le championnat du monde en 2006, quatre épreuves de Coupe du monde (1998-2002), un championnat d'Europe et une Coupe d'Europe. Au fil des ans, Lausanne est devenue une référence dans le milieu. Pas seulement à cause de son parcours sélectif dans un environnement que l'on connaît. Mais aussi par le sérieux de son organisation, avec l'engagement de nombreux policiers et l'entière collaboration des autres services communaux.
En circuit fermé
Claude Thomas sait d'ailleurs que la mobilisation des forces de
l'ordre fait parfois jaser. «Mais tous ceux qui sont engagés
travaillent sur leur temps libre», assure-t-il. Pour le reste,
notre épreuve est la plus sûre de Suisse puisqu'elle est
entièrement en circuit fermé.» D'où d'ailleurs le mécontentement
de quelques habitants. Pas tellement, modère le capitaine Thomas
qui rappelle «que les gens qui s'installent au sud de la ville
savent pertinemment qu'il y aura des manifestations et des
perturbations».
Propriétaire également de nombreux équipements (ponton, plots, remorques) qu'elle prête aux autres organisateurs romands, l'organisation lausannoise se sent donc forte. Et veut des grands événements. Sinon...
Un virage vers Hawaii
Claude Thomas ne menace pas. Il fait valoir que son organisation
pourrait se tourner vers l'Ironman (longue distance mythique type
Hawaii) si elle devait être exclue du calendrier des triathlons
olympiques (1,5 km de natation, 40 de vélo et 10 de course à
pied). Pur bluff? Quelques policiers lausannois ont déjà
participé à ces terribles épreuves (3,8 de natation, 180 km de
vélo et 42, 2 km de course à pied). Depuis, ils militent pour ce
projet. «Et les responsables des circuits Ironman nous ont déjà
approchés par le passé, souligne Claude Thomas. Ils sont vraiment
intéressés par Lausanne.»
Les populaires à l’honneur dimanche
Sven Riederer chez les hommes; Daniela Ryf, Nicola Spirig et
Magali Di Marco Messmer du côté féminin: plusieurs des
sélectionnés olympiques seront à Ouchy samedi pour disputer le
titre national. Simple remplaçant à Pékin, le Prilléran Sébastien
Gacond visera également l’or, de même l’autre Vaudois Didier
Brocard: à partir de 11h30. Les juniors s’élanceront de leur côté
dès 9 heures alors que l’élite plongera à 14h45. Et le dimanche?
Au tour des populaires qui devront se lever tôt. Relais et courtes distances sont programmés dès 8?h?30. La Youth League prendra la succession à midi, les écoliers suivront à 13 heures et les Kids à 14h30.
Auteur : J.-M. R
Source : http://www.24heures.ch/






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