Arnaud Constans, l'Ironman finistérien

Publié le : 16 Juillet 2008
Par : Beaubois Roland
 

Ironman d'Hawaii. En octobre, Arnaud Constans sera au départ de cette course mythique. A ses côtés, 2000 triathlètes qui ont (presque) tous bataillé dur pour obtenir leur billet.

Pour célébrer leurs 40 ans, certains choisissent de se préparer une grosse fiesta d'un week-end, avec tous les potes. Arnaud Constans, triathlète des Dauphins de l'Elorn, le club de Landerneau, s'est lui offert dix mois sabbatiques. Dix mois loin de sa banque, où il est informaticien, pour vivre la vraie vie d'un professionnel, avec en ligne de mire une qualification pour l'Ironman d'Hawaii. « Je voulais aller au bout de mon rêve. Participer au triathlon le plus mythique au Monde, là où il a été inventé (*). » À raison d'au moins une vingtaine d'heures d'entraînement par semaine, il a pris le rythme d'un champion depuis huit mois. « Les meilleurs poussent même jusqu'à 30, 35 heures, mais moi, à 40 ans, ça devenait trop dur pour mon corps. »

Pourtant, cette qualif', il l'a décrochée dès la fin mai, à l'Ironman de Lanzarote (Canaries), le troisième sur lequel il s'aligne de sa vie. « J'ai eu un peu de mal dans l'eau, mais ensuite j'ai pris des risques à vélo, mon point fort, sur un circuit avec 2500 m de dénivelé. Pour le marathon, c'est là que j'ai été chercher ma qualification. Ça passait ou ça cassait. »

L'homme d'acier
3h20' d'effort sur le marathon, avec Hawaii au bout ! Pour cet ancien amateur de raid/aventure en Mauritanie, au Niger ou bien au Mali, son rêve est devenu réalité. Avec 10h03', il termine 57e sur 1200 concurrents et surtout 5e sur 300 dans la catégorie des 40-44 ans. « Les huit premiers avaient leur ticket pour Hawaii. » Que du bonheur, car cette course Ironman, victime de son succès, bloque les inscriptions à 2000 triathlètes. 1800 doivent arracher leur qualification. « Les deux cents qui restent sont des VIP, des stars sportives ou du cinéma, car à Hawaii, tout est fait dans la démesure. »

Organisation à l'Américaine, avec trois bénévoles pour un coureur. « Tu as un type qui te met de la pommade pour éviter les coups de soleil pendant que tu enlèves ta combinaison. Le cahier des charges des ironmen est énorme. » Le niveau aussi, puisque le permier record d'un des Marines, aux alentours de 15h, est descendu à 8h10'. « Il n'y a que des spécialistes au départ. La foule te pousse. C'est énorme. » Pour Arnaud Constans, il s'agira de se faire plaisir au pays des surfeurs. « J'ai envie d'une belle fin de course, de franchir la ligne d'arrivée avec le sourire. » Le champion du Finistère encore cette année part quand même avec l'ambition de casser la barre des dix heures. « Normalement, même si le parcours est exposé au vent, les temps sont meilleurs qu'à Lanzarote. » Pour l'anecdote, ceci lui permettrait sans doute de ne terminer qu'à une demi-heure de... Laurent Jalabert.

Et puis il aura eu entre temps le luxe de s'entraîner comme un vrai pro pour atteindre cet objectif, avec une préparation presque scientifique. « Je gère mes dates de compétition, mais pas spécialement mon alimentation, même si j'évite les fritures. Par contre un petit verre de vin - il fait partie d'un club d'oenologie - ou une petite bière à l'arrivée ne font pas de mal. » Le tout bien sûr avec modération, sauf lorsqu'il s'agit de nager, d'enfourcher le vélo ou de courir sur le macadam, tel l'homme d'acier.

Auteur : Yannick Le Tutour
Source : Ouest France

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