Roberto Sery : "C’est mon équilibre"
Roberto Séry ne jure plus que par les épreuves sur
longues distances.
“Je fais partie de la vingtaine d’Ironmen réunionnais toujours en
train de sillonner le monde en quête de la course parfaite pour
espérer un jour briller au championnat du monde qui a lieu tous
les ans en octobre à Hawaï.” Ainsi se définit sur son site
internet, Roberto Séry, 43 ans, marié et père de 2 enfants (Kévin
20 ans et Gwenn-Camille 14 ans). Natif du Tampon il s’est mis au
sport à l’âge de 32 ans à l’incitation de son épouse adepte des
courses de fonds. “Je l’accompagnais sur toutes ses compétitions
et puis un jour l’envie m’est venue de me lancer. J’ai terminé
bon dernier, mais j’ai découvert des sensations merveilleuses et
une plaisante émulation.” De la course à pied Roberto est passé
au duathlon, puis au triathlon et, dans ce registre, depuis 5
ans, il a choisi la version la plus extrême, à savoir “l’Ironman”
dont les distances peuvent laisser pantois. Pensez donc : 3 800 m
en natation, 180 km à vélo et un marathon (42,195 km) pour
parfaire l’ensemble.
“Provocation physique et morale”
Pourquoi ce choix ? “Pour se surpasser, apprendre à bien se
connaître, approcher ses limites au maximum. L’Ironman est en
quelque sorte une provocation physique et morale, qui demande
avant tout une grande capacité, une forte volonté et une
exceptionnelle endurance.” Depuis sa conversion Roberto Séry sort
régulièrement de ses bases tamponnaises. “Dans l’année je dispute
trois grosses compétitions dont un Ironman.” Le dernier “Iron” en
date remonte à fin février dernier en Malaisie sur l’île de
Langkawi. “C’était le 23 février, nous étions une douzaine de
concurrents venus de La Réunion. Il faisait en moyenne 39°, le
parcours cycliste était dans l’ensemble vallonné, avec au début
une succession de bosses sur environ 9 km, dans l’eau on a eu
affaire à quelques méduses et tout au long de la compétition le
vent de face ne nous a pas épargnés Sur les 750 concurrents au
départ, 430 ont franchi la ligne d’arrivée. Je me suis classé
242e en 13h47.” Mission accomplie pour Roberto, quand bien même
il reste assez loin de son meilleur temps (13h22), mais la
satisfaction est de mise dans la mesure où son objectif était de
boucler en moins de 14 heures. Prochaine étape : au mois de mai
(le 25 précisément) en Alsace dans le cadre du Challenge de
France. “Il s’agit d’un half-ironman, soit 1,9 km de natation, 90
km à vélo et un semi-marathon.” Le “half ironman” sera à nouveau
à l’ordre du jour en janvier de l’année prochaine en Afrique du
Sud, avec cette fois, à la clé, une qualification pour les
championnats du monde de la spécialité en novembre 2009 en
Floride. Dans la perspective du Challenge de France, Roberto se
remettra à l’entraînement dès lundi. “Depuis mon retour de
Malaisie, je me suis reposé et j’ai fait la fête. Ce sera ainsi
jusqu’à dimanche soir, mais ensuite plus question,” assure cet
amateur de salsa et passionné de photo, dont le plan
d’entraînement est mis au point par un spécialiste métropolitain.
“Je m’entraîne en moyenne entre 13 et 15 heures par semaine avec
des pointes de 22 heures à l’approche des grandes échéances. Le
matin je passe entre 45 minutes et 1 heure et quart et le soir
j’y consacre 2 heures. En week-end, c’est 4 à 5 heures et le
dimanche entre 5 et 6 heures.” Le forçat qu’il est, passe peu de
temps à la maison, mais tout se fait dans l’harmonie. “J’ai le
plein soutien de mon épouse et de mes enfants. Je m’arrange pour
leur consacrer du temps, tandis que ma femme m’accompagne souvent
à l’entraînement.” Ce plan drastique l’oblige à se coucher, au
plus tard, à 20h30 pour se réveiller, dans le pire des cas, à 6
heures. C’est ainsi qu’il lance ses journées dans les meilleures
conditions avant de rejoindre son poste aux services généraux à
la “Sucrerie de La Réunion”.
“Je pense à Hawaï”
“Chaque jour j’apprends la rigueur et l’ordre, c’est une bonne
école. Le triathlon constitue mon hygiène de vie et mon
équilibre.” Un équilibre qui devrait le mener un jour à Hawaï.
“Tout adepte de l’Ironman rêve d’aller là-bas. C’est l’étape
mythique obligatoire dans une carrière. J’y pense de plus en
plus. Il y a encore du travail si je veux me classer
honorablement dans la tranche des 40-45 ans où les meilleurs
couvrent l’épreuve en 10 heures, 10h30. Je me donne encore deux
ans pour cela.” Chaque chose en son temps.
Auteur : A. J.
Source : http://www.clicanoo.com











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