Roberto Sery : "C’est mon équilibre"

Publié le : 10 Mars 2008
Par : Beaubois Roland
 

Roberto Séry ne jure plus que par les épreuves sur longues distances.

“Je fais partie de la vingtaine d’Ironmen réunionnais toujours en train de sillonner le monde en quête de la course parfaite pour espérer un jour briller au championnat du monde qui a lieu tous les ans en octobre à Hawaï.” Ainsi se définit sur son site internet, Roberto Séry, 43 ans, marié et père de 2 enfants (Kévin 20 ans et Gwenn-Camille 14 ans). Natif du Tampon il s’est mis au sport à l’âge de 32 ans à l’incitation de son épouse adepte des courses de fonds. “Je l’accompagnais sur toutes ses compétitions et puis un jour l’envie m’est venue de me lancer. J’ai terminé bon dernier, mais j’ai découvert des sensations merveilleuses et une plaisante émulation.” De la course à pied Roberto est passé au duathlon, puis au triathlon et, dans ce registre, depuis 5 ans, il a choisi la version la plus extrême, à savoir “l’Ironman” dont les distances peuvent laisser pantois. Pensez donc : 3 800 m en natation, 180 km à vélo et un marathon (42,195 km) pour parfaire l’ensemble.

“Provocation physique et morale”

Pourquoi ce choix ? “Pour se surpasser, apprendre à bien se connaître, approcher ses limites au maximum. L’Ironman est en quelque sorte une provocation physique et morale, qui demande avant tout une grande capacité, une forte volonté et une exceptionnelle endurance.” Depuis sa conversion Roberto Séry sort régulièrement de ses bases tamponnaises. “Dans l’année je dispute trois grosses compétitions dont un Ironman.” Le dernier “Iron” en date remonte à fin février dernier en Malaisie sur l’île de Langkawi. “C’était le 23 février, nous étions une douzaine de concurrents venus de La Réunion. Il faisait en moyenne 39°, le parcours cycliste était dans l’ensemble vallonné, avec au début une succession de bosses sur environ 9 km, dans l’eau on a eu affaire à quelques méduses et tout au long de la compétition le vent de face ne nous a pas épargnés Sur les 750 concurrents au départ, 430 ont franchi la ligne d’arrivée. Je me suis classé 242e en 13h47.” Mission accomplie pour Roberto, quand bien même il reste assez loin de son meilleur temps (13h22), mais la satisfaction est de mise dans la mesure où son objectif était de boucler en moins de 14 heures. Prochaine étape : au mois de mai (le 25 précisément) en Alsace dans le cadre du Challenge de France. “Il s’agit d’un half-ironman, soit 1,9 km de natation, 90 km à vélo et un semi-marathon.” Le “half ironman” sera à nouveau à l’ordre du jour en janvier de l’année prochaine en Afrique du Sud, avec cette fois, à la clé, une qualification pour les championnats du monde de la spécialité en novembre 2009 en Floride. Dans la perspective du Challenge de France, Roberto se remettra à l’entraînement dès lundi. “Depuis mon retour de Malaisie, je me suis reposé et j’ai fait la fête. Ce sera ainsi jusqu’à dimanche soir, mais ensuite plus question,” assure cet amateur de salsa et passionné de photo, dont le plan d’entraînement est mis au point par un spécialiste métropolitain. “Je m’entraîne en moyenne entre 13 et 15 heures par semaine avec des pointes de 22 heures à l’approche des grandes échéances. Le matin je passe entre 45 minutes et 1 heure et quart et le soir j’y consacre 2 heures. En week-end, c’est 4 à 5 heures et le dimanche entre 5 et 6 heures.” Le forçat qu’il est, passe peu de temps à la maison, mais tout se fait dans l’harmonie. “J’ai le plein soutien de mon épouse et de mes enfants. Je m’arrange pour leur consacrer du temps, tandis que ma femme m’accompagne souvent à l’entraînement.” Ce plan drastique l’oblige à se coucher, au plus tard, à 20h30 pour se réveiller, dans le pire des cas, à 6 heures. C’est ainsi qu’il lance ses journées dans les meilleures conditions avant de rejoindre son poste aux services généraux à la “Sucrerie de La Réunion”.

“Je pense à Hawaï”

“Chaque jour j’apprends la rigueur et l’ordre, c’est une bonne école. Le triathlon constitue mon hygiène de vie et mon équilibre.” Un équilibre qui devrait le mener un jour à Hawaï. “Tout adepte de l’Ironman rêve d’aller là-bas. C’est l’étape mythique obligatoire dans une carrière. J’y pense de plus en plus. Il y a encore du travail si je veux me classer honorablement dans la tranche des 40-45 ans où les meilleurs couvrent l’épreuve en 10 heures, 10h30. Je me donne encore deux ans pour cela.” Chaque chose en son temps.

Auteur : A. J.
Source : http://www.clicanoo.com

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