Triathlon Breton : la crise de croissance

Publié le : 13 Février 2008
Par : Penel Arnaud
 

S’il maintient son rythme de croissance, le triathlon breton aura doublé ses effectifs entre 2004 et 2009. Revers de la médaille : les triathlètes bretons doivent désormais s’inscrire très tôt pour participer à des courses qui affichent presque toutes complet plusieurs semaines avant.

Lorsque Loïc Mézerette a pris la tête du triathlon breton fin 2004, la petite communauté comptait 750 licenciés. Elle en recense aujourd’hui près de 1.200 et le président de la Ligue espère "finir l’année à 1.400".

"Les clubs se structurent"
Comme partout en France, le tri breton récupère nombre de cyclistes ou d’adeptes de la course sur route désireux de varier les plaisirs. Mais la progression régionale est si franche que l’équipe élue à la Ligue en 2004 y voit aussi le fruit de "la dynamique" qu’elle a insufflée. "Depuis deux ans, les clubs se structurent, explique Jean-Claude Sarda, le patron de la commission technique. On a formé des éducateurs et ils accueillent désormais les athlètes pour l’entraînement, avec des créneaux dans les trois disciplines. Avant, il n’y avait souvent que des créneaux en piscine." Le hic, car il y en a un, c’est que dans le temps où la population de triathlètes augmentait de 40 %, le nombre des courses est resté constant. Il en résulte que, l’été dernier, la plupart des épreuves affichaient complet une quinzaine de jours avant l’épreuve. "On a refusé 150 demandes", affirme Philippe Villard, l’organisateur de Larmor-Plage (56). Il avait pourtant 340 places, contre 250 l’année précédente.

"Notre site n’est pas extensible"
A l’image de Jean-Louis Azou à Plouescat (29) ou d’Arnaud Buan à Carnac (56), les organisateurs ne s’en plaignent pas. "Ça nous évite d’avoir une charge de travail importante au dernier moment. C’est plus facile à gérer." Du côté des athlètes, en revanche, c’est un peu la soupe à la grimace. Si, depuis deux ans, les triathlètes bretons ont compris qu’il était sage de s’inscrire deux à trois semaines à l’avance, beaucoup ont été surpris, début janvier d’apprendre qu’à cinq mois de l’épreuve, les 275 dossards pour le Tribreizh de Sizun, seule épreuve longue distance de l’année dans la région, avaient déjà trouvé preneurs. "Notre site est magnifique mais, malheureusement, il n’est pas extensible", explique, navré, l’organisateur, Stéphane Touvron. Exceptés ceux de Rennes et de Lorient, les organisateurs bretons sont tous limités par la taille de leur parc à vélo ou de leur parcours cycliste. Impossible donc d’augmenter le "numerus clausus" sur des courses souvent limitées à 300 partants. "La solution, pour Bernard Saint-Jean, le directeur de la Fédération française, c’est "qu’il y ait plus de clubs et donc plus de courses". C’est l’analyse faite également par Loïc Mézerette. "On a modifié les statuts pour forcer les clubs à organiser chacun une épreuve. On ne veut pas de consommateurs." L’été (*) n’étant lui-même pas extensible, "Il va falloir accepter que plusieurs compétitions aient lieu le même week-end pour que tout le monde puisse courir", prévient Jean-Claude Sarda. (*) En raison de la température de l’eau, la saison de triathlon en Bretagne s’étale de mai à septembre.

Auteur : Benoit Siohan

Projet. Un Tro Breizh reliant les îles au centre
Quatre épreuves dans les îles et un triathlon longue distance en centre Bretagne en guise de dessert : la ligue de Bretagne s’apprête à sortir de ses cartons un projet séduisant. Top départ dès 2009.

"Je vais bientôt lancer un appel pour créer un grand triathlon en Centre Bretagne. Il ne s’agit pas de faire concurrence à Sizun qui est complet, mais de créer une épreuve qui puisse accueillir au moins 1.000 athlètes. On travaille dessus pour l’année prochaine", annonce Loïc Mézerette, le président de la Ligue de Bretagne. Pour l’occasion, la Ligue se muerait en organisateur en créant et pilotant un comité d’organisation qui intégrerait des partenaires privés. "Je suis sûr qu’un tel projet est de nature à séduire un partenaire breton."
A Ploërmel ou Iffendic ?
L’idée est la suivante : organiser quatre épreuves ("pas forcément des triathlons, il peut aussi y avoir un duathlon, un aquathlon ou même un winathlon") dans autant d’îles bretonnes au printemps et terminer ce Tro Breizh par "un grand triathlon à la mi-août ou fin août dans les terres". S’il reconnaît que "c’est le site qui va déterminer la distance", le président de la Ligue milite pour un format relativement long mais pas trop, type semi-Ironman (comme à Sizun). La faisabilité de la chose lui semblant difficile autour du lac de Guerlédan, il envisage deux sites plus à l’est, à Ploërmel (56) ou Iffendic (35). Le cahier des charges est le suivant : "Une grande superficie autour du plan d’eau, un parcours vélo sélectif et un parcours à pied agréable, que les gars auraient plaisir à faire".

Le calendrier
Le calendrier breton pour 2008 peut être consulté sur le site internet de la ligue de Bretagne : http://bretagne-triathlon.onlinetri.com/

Sommet mondial à Lorient en septembre
Ce sera de très loin la course la plus relevée disputée dans l’Hexagone en 2008. Le samedi 27 septembre, Lorient accueillera la 11 e des 14 manches de la Coupe du monde de courte distance (ou distance olympique). L’étape lorientaise, d’un circuit débutant en mars en Australie pour se terminer en novembre au Mexique, aura lieu un mois après les Jeux Olympiques. Le vainqueur de Pékin (le Français Belaubre, 5 e à Athènes, peut en rêver) y remettra sa suprématie en jeu pour la première fois. Le dimanche, une épreuve « open » sera organisée sur la même distance. Inscriptions : 35 euros jusqu’au 30 mai. Ou 50 avec la « pasta party » du samedi.

Disciplines enchaînées
La Fédération française est aussi celle des "disciplines enchaînées". Le duathlon (course à pied, vélo, course à pied.) est la plus connue, mais il en existe bien d’autres, dont le run and bike (deux coureurs se partagent un vélo qu’ils enfourchent à tour de rôle), l’aquathlon (natation et course à pied) et le triathlon des neiges (course à pied, VTT, ski de fond). Dernier né peut-être, le winathlon, dans lequel la planche à voile remplace la natation.

Source : http://www.letelegramme.com

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