Triathlon Breton : la crise de croissance
S’il maintient son rythme de croissance, le triathlon
breton aura doublé ses effectifs entre 2004 et 2009. Revers de la
médaille : les triathlètes bretons doivent désormais s’inscrire
très tôt pour participer à des courses qui affichent presque
toutes complet plusieurs semaines avant.
Lorsque Loïc Mézerette a pris la tête du triathlon breton fin
2004, la petite communauté comptait 750 licenciés. Elle en
recense aujourd’hui près de 1.200 et le président de la Ligue
espère "finir l’année à 1.400".
"Les clubs se structurent"
Comme partout en France, le tri breton récupère nombre de
cyclistes ou d’adeptes de la course sur route désireux de varier
les plaisirs. Mais la progression régionale est si franche que
l’équipe élue à la Ligue en 2004 y voit aussi le fruit de "la
dynamique" qu’elle a insufflée. "Depuis deux ans, les clubs se
structurent, explique Jean-Claude Sarda, le patron de la
commission technique. On a formé des éducateurs et ils
accueillent désormais les athlètes pour l’entraînement, avec des
créneaux dans les trois disciplines. Avant, il n’y avait souvent
que des créneaux en piscine." Le hic, car il y en a un, c’est que
dans le temps où la population de triathlètes augmentait de 40 %,
le nombre des courses est resté constant. Il en résulte que,
l’été dernier, la plupart des épreuves affichaient complet une
quinzaine de jours avant l’épreuve. "On a refusé 150 demandes",
affirme Philippe Villard, l’organisateur de Larmor-Plage (56). Il
avait pourtant 340 places, contre 250 l’année précédente.
"Notre site n’est pas extensible"
A l’image de Jean-Louis Azou à Plouescat (29) ou d’Arnaud Buan Ã
Carnac (56), les organisateurs ne s’en plaignent pas. "Ça nous
évite d’avoir une charge de travail importante au dernier moment.
C’est plus facile à gérer." Du côté des athlètes, en revanche,
c’est un peu la soupe à la grimace. Si, depuis deux ans, les
triathlètes bretons ont compris qu’il était sage de s’inscrire
deux à trois semaines à l’avance, beaucoup ont été surpris, début
janvier d’apprendre qu’à cinq mois de l’épreuve, les 275 dossards
pour le Tribreizh de Sizun, seule épreuve longue distance de
l’année dans la région, avaient déjà trouvé preneurs. "Notre site
est magnifique mais, malheureusement, il n’est pas extensible",
explique, navré, l’organisateur, Stéphane Touvron. Exceptés ceux
de Rennes et de Lorient, les organisateurs bretons sont tous
limités par la taille de leur parc à vélo ou de leur parcours
cycliste. Impossible donc d’augmenter le "numerus clausus" sur
des courses souvent limitées à 300 partants. "La solution, pour
Bernard Saint-Jean, le directeur de la Fédération française,
c’est "qu’il y ait plus de clubs et donc plus de courses". C’est
l’analyse faite également par Loïc Mézerette. "On a modifié les
statuts pour forcer les clubs à organiser chacun une épreuve. On
ne veut pas de consommateurs." L’été (*) n’étant lui-même pas
extensible, "Il va falloir accepter que plusieurs compétitions
aient lieu le même week-end pour que tout le monde puisse
courir", prévient Jean-Claude Sarda. (*) En raison de la
température de l’eau, la saison de triathlon en Bretagne s’étale
de mai à septembre.
Auteur : Benoit Siohan
Projet. Un Tro Breizh reliant les îles au
centre
Quatre épreuves dans les îles et un triathlon longue distance en
centre Bretagne en guise de dessert : la ligue de Bretagne
s’apprête à sortir de ses cartons un projet séduisant. Top départ
dès 2009.
"Je vais bientôt lancer un appel pour créer un grand triathlon en
Centre Bretagne. Il ne s’agit pas de faire concurrence à Sizun
qui est complet, mais de créer une épreuve qui puisse accueillir
au moins 1.000 athlètes. On travaille dessus pour l’année
prochaine", annonce Loïc Mézerette, le président de la Ligue de
Bretagne. Pour l’occasion, la Ligue se muerait en organisateur en
créant et pilotant un comité d’organisation qui intégrerait des
partenaires privés. "Je suis sûr qu’un tel projet est de nature Ã
séduire un partenaire breton."
A Ploërmel ou Iffendic ?
L’idée est la suivante : organiser quatre épreuves ("pas
forcément des triathlons, il peut aussi y avoir un duathlon, un
aquathlon ou même un winathlon") dans autant d’îles bretonnes au
printemps et terminer ce Tro Breizh par "un grand triathlon à la
mi-août ou fin août dans les terres". S’il reconnaît que "c’est
le site qui va déterminer la distance", le président de la Ligue
milite pour un format relativement long mais pas trop, type
semi-Ironman (comme à Sizun). La faisabilité de la chose lui
semblant difficile autour du lac de Guerlédan, il envisage deux
sites plus à l’est, à Ploërmel (56) ou Iffendic (35). Le cahier
des charges est le suivant : "Une grande superficie autour du
plan d’eau, un parcours vélo sélectif et un parcours à pied
agréable, que les gars auraient plaisir à faire".
Le calendrier
Le calendrier breton pour 2008 peut être consulté sur le site
internet de la ligue de Bretagne : http://bretagne-triathlon.onlinetri.com/
Sommet mondial à Lorient en septembre
Ce sera de très loin la course la plus relevée disputée dans
l’Hexagone en 2008. Le samedi 27 septembre, Lorient accueillera
la 11 e des 14 manches de la Coupe du monde de courte distance
(ou distance olympique). L’étape lorientaise, d’un circuit
débutant en mars en Australie pour se terminer en novembre au
Mexique, aura lieu un mois après les Jeux Olympiques. Le
vainqueur de Pékin (le Français Belaubre, 5 e à Athènes, peut en
rêver) y remettra sa suprématie en jeu pour la première fois. Le
dimanche, une épreuve « open » sera organisée sur la même
distance. Inscriptions : 35 euros jusqu’au 30 mai. Ou 50 avec la
« pasta party » du samedi.
Disciplines enchaînées
La Fédération française est aussi celle des "disciplines
enchaînées". Le duathlon (course à pied, vélo, course à pied.)
est la plus connue, mais il en existe bien d’autres, dont le run
and bike (deux coureurs se partagent un vélo qu’ils enfourchent Ã
tour de rôle), l’aquathlon (natation et course à pied) et le
triathlon des neiges (course à pied, VTT, ski de fond). Dernier
né peut-être, le winathlon, dans lequel la planche à voile
remplace la natation.
Source : http://www.letelegramme.com

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