Jaja : "Souffrir de plaisir"
L'ancien champion cycliste, Laurent Jalabert participera, samedi, au Championnat du monde d'Iron Man, à Hawaii. Le paradoxe est indéniable, car, s'il s'apprête à souffrir énormément, « Jaja » affirme pratiquer ce sport par plaisir. Explications sur ce que l'on pourrait appeler le « Jour le plus long ».
L'Iron Man porte bien son nom. Les athlètes qui s'aligneront au départ devront parcourir 5 km de natation en pleine mer, puis enfourcher le vélo, sur lequel ils devront pédaler 180 km avant de terminer par un marathon, autrement dit, avaler 42 km d'asphalte. Sacré programme ! Il en aurait découragé plus d'un, mais Laurent Jalabert a décidé, lui, de relever le défi. Après avoir mis un terme à sa carrière de cycliste en octobre 2002, l'ancien coureur de la ONCE s'est reconverti dans le triathlon : « J'avais décidé de consacrer beaucoup de temps à ma famille après toutes ces années passées dans le peloton. C'est ce que j'ai donc fait au début de ma retraite, puis j'ai commencé à prendre du poids, le sport me manquait, je me suis donc lancé dans le triathlon avec un ami. »
Un nouveau départ pour de nouveaux défis. La réussite est instantanée. Pour son premier triathlon, Laurent Jalabert a décroché une vingt-deuxième place à Zurich le 24 juin dernier et a ainsi composté son ticket pour Hawaii. Celui qui avait pour habitude de disputer les victoires aux sommets des grands cols ou lors des arrivées au sprint souhaite maintenant se faire simplement plaisir : « Le triathlon est un défi personnel. Je participe en tant qu'amateur, je ne me mêlerais pas à la victoire, je veux juste me faire plaisir. Mes repères sont mes temps réalisés sur chaque épreuve. Le but est de progresser en les améliorant petit à petit. Mon seul but est la victoire sur moi-même, en prenant du plaisir. »
Le Championnat du monde à Hawaii représente l'inconnu. Tous les spécialistes s'accordent à dire qu'il s'agit du triathlon le plus difficile, qu'il s'approche en quelque sorte de « l'enfer sur terre », sur une île paradisiaque. Robert Walker, un participant britannique, rencontré sur le parcours du marathon renforce cette idée : « Je viens de courir seulement trente minutes, je suis épuisé. La chaleur est incroyable, on a l'impression d'étouffer, il n'y a pas d'air. Samedi nous allons tous souffrir. Cet Iron Man sera remporté par celui qui sera le plus fort physiquement bien sûr, mais aussi le plus fort mentalement et surtout celui qui aura le plus de coeur. Il faudra aller au bout de soi même. »
A 38 ans, « Jaja » s'apprête à relever l'un de ses plus grands défis. Pour y parvenir il devra aller au bout de lui-même en supportant une grosse souffrance physique...tout cela pour le plaisir. En espérant que samedi, ce plaisir-là, ne finisse pas par être boudé...






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