De Pully au triathlon d'Hawaï... un homme de fer
Puilléran d’origine, le suisse Patrick Toth
s’apprête à participer le 13 octobre au triathlon le plus
exigeant au monde, l’Ironman d’Hawaï. Le point sur sa
préparation, ses motivations et sa philosophie.
C’est en homme d’affaire pressé, en partance pour le Japon, que
Patrick Toth, a répondu à nos questions. Car s’il y a bien un
paradoxe dans cette situation c’est celui de l’agenda : ou
trouve-t-on le temps de s’entraîner pour le triathlon le plus dur
de la planète lorsqu’on a un agenda bien rempli? Le Puilléran de
43 ans de répondre du tac au tac: «Je choisis mes hôtels en
fonction des possibilités d’entraînements!».
Plus sérieusement, cet homme là s’impose une discipline de fer
pour atteindre son objectif: terminer l’Ironman d’Hawaï, une des
épreuves les plus exigeantes au monde.
Et pour ce faire il lui faut s’astreindre à un programme costaud:
une séance de course à pied d’une heure ou une heure et demie,
tôt le matin avant d’aller travailler. Puis une séance de vélo
chaque soir en extérieur s’il fait beau. Et pour compléter ce
joli tableau, il faut encore y ajouter, deux entraînements de
natation par semaine ainsi que cinq à six heures de vélo et de
course à pied les samedis ou dimanches après-midi. Pas question
pour autant de parler de fatigue: «Pratiquer ainsi du sport est
mon élixir de vie!»
Un frère déjà convaincu
Le parcours sportif de Patrick Toth a débuté dans l’eau. Il a
fait partie du Pully Natation entre 9 et 12 ans. Puis il s’est
tourné vers l’aviron jusqu’à 25 ans avec de jolis succès à la
clé. Mais sa passion pour le triathlon, c’est son frère qui va la
déclencher. Les deux frères avaient déjà concouru l’un contre
l’autre en aviron. Là ils ont décidé de se retrouver sur la ligne
de départ du triathlon ensemble. Patrick s’est piqué au jeu et
depuis la passion du triathlon ne le lâche plus!
«Ce qui me plaît dans ce sport, c’est le fait qu’il soit
archi-complet. Pour chaque discipline du triathlon, nous faisons
travailler un groupe musculaire particulier.»
Le rôle du mental
Un Ironman, a plus forte raison, celui d’Hawaï, ça se prépare.
Autant dans les jambes que dans la tête. Patrick Toth s’est
entouré de son «mentor», Olivier Bernard. Et ce n’est de loin pas
un amateur: 5 fois vainqueur de l’Ironman de Zürich. Son mentor
l’a donc suivi durant toute sa préparation. Dont sa préparation
mentale, qui basée sur cette maxime: «Ne pas penser à l’objectif
sans pour autant le perdre des yeux». Et Patrick Toth
d’expliquer: «Quand tu cours dans le désert de lave de Hawaï par
47 degrés, tu ne cours pas les 42 km mais 42 fois un kilomètre où
chaque mètre parcouru te rapproche de l’objectif». D’où
l’importance d’une préparation mentale tout aussi poussée que la
préparation physique, si ce n’est même plus.
Et lorsqu’on lui demande ce que représente Hawaï pour lui:
«Là-bas, on y apprend l’humilité. Les conditions auxquelles nous
devons faire face sont si brutales. On se bat d’abord contre les
éléments et nous-mêmes et après seulement contre les autres
concurrents». Mais surtout, «l’Ironman est un long chemin où l’on
butte sur ses limites physiques et mentales. Un chemin sur lequel
on se rencontre soi-même». En espérant que ce long chemin sourira
au puilléran le 13 octobre, jour de la course.
Fabien Eckert
Patrick Toth
Naissance: 6 mai 1964 à Pully
Résidence: Karlsruhe (Allemagne)
Profession: Patron d’une entreprise
d’import-export
Sports: Natation à Pully entre 9 et 12 ans puis
aviron jusqu’à 25 ans
2005: première qualification pour Hawaï






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