Karin Thürig met le triathlon entre parenthèses
A 35 ans, la Lucernoise nourrit de légitimes ambitions pour le
contre-la-montre d'aujourd'hui. Entretien avec une cycliste pas
comme les autres.
Championne éclectique et atypique, Karin Thürig émarge au cercle
très fermé des candidates au titre mondial du contre-la-montre,
aujourd'hui à Stuttgart. Troisième en 2002, dauphine de Kristin
Armstrong l'an passé, la Lucernoise revêtit le maillot
arc-en-ciel de la spécialité en 2004 et 2005.
Reconnaissance du parcours terminée, elle n'avait qu'une hâte,
hier matin: s'emmitoufler dans son survêtement. Calfeutrée dans
la voiture de la délégation suisse, une tasse de thé brûlante
dans les mains, Karin Thürig se réchauffait et scrutait, l'oeil
inquiet, le ciel. A vingt-quatre heures du chrono, la Lucernoise
avait peur d'une seule chose: que le ciel lui tombe sur la tête.
«Je n'aime ni la pluie ni le froid. Chaque fois qu'il fait
mauvais temps, je ressens des problèmes musculaires.»
Le triathlon mis entre parenthèses
«Sur ce tracé vallonné, il y en aura pour tous les goûts. La
liste des favorites est longue», avance Thürig. Qui a récemment
enlevé le Chrono Champenois. «Il n'y avait pas beaucoup de
concurrence», coupe-t-elle. «J'ai quand même le sentiment d'avoir
préparé comme il fallait ce rendez-vous.» Elle a notamment
effectué un stage en Engadine. «Aujourd'hui, en m'élançant, je me
concentrerai sur ma course. Je donnerai le maximum mais je ne
penserai surtout pas aux médailles. Ce serait la meilleure façon
de me crisper.» Elle a mis entre parenthèses le triathlon,
discipline dans laquelle elle excelle, jusqu'aux Jeux de Pékin.
En Chine, elle s'attaquera à un double défi: les 3 km sur piste
et le chrono sur route. Dans cette perspective, elle a délaissé
son activité d'économiste à temps partiel.
Petit bémol
Les objectifs qu'elle s'assigne sans cesse à elle-même servent
d'aiguillon à sa motivation. Ils laissent Daniel Gisiger, le
coach des dames, admiratif. «A 35 ans, Karin est un exemple pour
les jeunes. Sérieuse, dure au mal, elle a toujours envie de bien
faire.» A l'évocation des chances de Thürig dans l'épreuve du
jour, le Leysenoud met un petit bémol: «Le parcours est un peu
technique pour elle. Mais sur deux tours (38 km), elle peut faire
la différence.» Gisiger ajoute sur un ton badin: «Si elle gagne
ce ne sera pas de ma faute! Je ne suis pas son entraîneur et en
qualité de sélectionneur, je ne pouvais pas faire autrement que
de la convoquer!»
Formidable compétitrice, au sens littéral du terme, la citoyenne
de Retschwil jongle avec les sports. Prof de ski, de spinning
(entraînement de vélo en salle) et d'aérobic, elle pratique le
tennis et l'alpinisme. Et elle s'adonne avec bonheur au dressage
à cheval. Ancienne volleyeuse de LNB avec le MTV Lucerne, elle
est venue au cyclisme en 2000. Vous l'avez compris, Karin Thürig
sait tout faire, même remporter des titres. Ne fut-elle pas
sacrée championne du monde de duathlon en 2001?
Pour elle, le danger pourrait venir intra-muros avec Priska
Doppman: «La forme est là. Le parcours me plaît. J'entends bien
ne pas rester au pied du podium comme l'an dernier.» En voilà une
qui affiche la couleur.
Source : http://www.tdg.ch






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