Karin Thürig met le triathlon entre parenthèses

Publié le : 27 Septembre 2007
Par : Beaubois Roland
 

A 35 ans, la Lucernoise nourrit de légitimes ambitions pour le contre-la-montre d'aujourd'hui. Entretien avec une cycliste pas comme les autres.

Championne éclectique et atypique, Karin Thürig émarge au cercle très fermé des candidates au titre mondial du contre-la-montre, aujourd'hui à Stuttgart. Troisième en 2002, dauphine de Kristin Armstrong l'an passé, la Lucernoise revêtit le maillot arc-en-ciel de la spécialité en 2004 et 2005.

Reconnaissance du parcours terminée, elle n'avait qu'une hâte, hier matin: s'emmitoufler dans son survêtement. Calfeutrée dans la voiture de la délégation suisse, une tasse de thé brûlante dans les mains, Karin Thürig se réchauffait et scrutait, l'oeil inquiet, le ciel. A vingt-quatre heures du chrono, la Lucernoise avait peur d'une seule chose: que le ciel lui tombe sur la tête. «Je n'aime ni la pluie ni le froid. Chaque fois qu'il fait mauvais temps, je ressens des problèmes musculaires.»
Le triathlon mis entre parenthèses

«Sur ce tracé vallonné, il y en aura pour tous les goûts. La liste des favorites est longue», avance Thürig. Qui a récemment enlevé le Chrono Champenois. «Il n'y avait pas beaucoup de concurrence», coupe-t-elle. «J'ai quand même le sentiment d'avoir préparé comme il fallait ce rendez-vous.» Elle a notamment effectué un stage en Engadine. «Aujourd'hui, en m'élançant, je me concentrerai sur ma course. Je donnerai le maximum mais je ne penserai surtout pas aux médailles. Ce serait la meilleure façon de me crisper.» Elle a mis entre parenthèses le triathlon, discipline dans laquelle elle excelle, jusqu'aux Jeux de Pékin. En Chine, elle s'attaquera à un double défi: les 3 km sur piste et le chrono sur route. Dans cette perspective, elle a délaissé son activité d'économiste à temps partiel.
Petit bémol

Les objectifs qu'elle s'assigne sans cesse à elle-même servent d'aiguillon à sa motivation. Ils laissent Daniel Gisiger, le coach des dames, admiratif. «A 35 ans, Karin est un exemple pour les jeunes. Sérieuse, dure au mal, elle a toujours envie de bien faire.» A l'évocation des chances de Thürig dans l'épreuve du jour, le Leysenoud met un petit bémol: «Le parcours est un peu technique pour elle. Mais sur deux tours (38 km), elle peut faire la différence.» Gisiger ajoute sur un ton badin: «Si elle gagne ce ne sera pas de ma faute! Je ne suis pas son entraîneur et en qualité de sélectionneur, je ne pouvais pas faire autrement que de la convoquer!»

Formidable compétitrice, au sens littéral du terme, la citoyenne de Retschwil jongle avec les sports. Prof de ski, de spinning (entraînement de vélo en salle) et d'aérobic, elle pratique le tennis et l'alpinisme. Et elle s'adonne avec bonheur au dressage à cheval. Ancienne volleyeuse de LNB avec le MTV Lucerne, elle est venue au cyclisme en 2000. Vous l'avez compris, Karin Thürig sait tout faire, même remporter des titres. Ne fut-elle pas sacrée championne du monde de duathlon en 2001?

Pour elle, le danger pourrait venir intra-muros avec Priska Doppman: «La forme est là. Le parcours me plaît. J'entends bien ne pas rester au pied du podium comme l'an dernier.» En voilà une qui affiche la couleur.

Source : http://www.tdg.ch

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