Patrick Vernay : « Le podium était à ma portée »

Publié le : 19 Juillet 2007
Par : Beaubois Roland
 

 

Dixième lors des championnats du monde longue distance, dimanche, à Lorient, Patrick Vernay ne peut cacher sa déception. Mais le Calédonien entend vite rebondir en vue des Jeux du Pacifique et surtout de l’Ironman d’Hawaï, en octobre prochain.

Comment analysez-vous votre « performance » lors de ces Mondiaux longue distance ?

C’est une grosse déception. Je visais le podium, qui était clairement à ma portée et je termine seulement à cette dixième place qui ne récompense pas tous les sacrifices que j’ai pu faire ces derniers mois pour participer à cette épreuve.

Mais comment expliquez-vous ce résultat ?

J’ai clairement raté ma natation et je n’ai jamais réussi à rattraper ce retard. Dans un Ironman, on peut connaître un petit coup de moins bien dans l’eau mais on sait qu’on a largement le temps de se refaire ensuite. Ces Mondiaux longue distance étaient en fait de la moyenne distance (3 km de natation, 80 km de vélo et 20 km de course à pied) et il était quasiment impossible pour moi de revenir sur les meilleurs. Pourtant, quand je vois que je termine 10e après être sorti de l’eau en 31e position, loin des leaders, j’ai d’autant plus de regrets car ça veut dire qu’en vélo et en course à pied, j’étais très performant.

Que s’est-il passé dans l’étang de Ter ?

Déjà, dès le départ, j’ai été pas mal brassé par les autres concurrents et le phénomène s’est répété après 300 m, à la première bouée, où j’ai pris beaucoup de coups. J’ai peut-être perdu l’habitude d’un tel départ. Mais surtout, j’ai fait une grossière erreur d’appréciation dans l’eau. Je pensais nager avec les meilleurs, avec Julien Loy notamment, le futur champion du monde, alors que j’étais en fait avec un deuxième groupe moins performant. Quand je me suis rendu compte de mon erreur après 1 500 m, je n’ai pas su me faire mal pour revenir sur eux, contrairement à l’Ironman d’Australie où j’avais trouvé les ressources pour rattraper les leaders. Du coup, je sors de l’eau complètement esseulé et je prends le vélo à 1 min 30 du groupe avec lequel j’ai l’habitude de rouler sur les autres compétitions.

Vous pensez que l’issue aurait été différente si vous aviez été au contact des meilleurs en vélo ?

Oui, car j’ai prouvé ensuite que j’avais de super jambes, tant en vélo qu’en course à pied. Mais il est difficile de courir seul, loin des leaders. Honnêtement, je ne pense pas que le titre aurait été jouable, tant Julien semblait intouchable dimanche. Mais la deuxième ou la troisième place étaient à ma portée. En course à pied, je cours plus vite que Sébastien Berlier (troisième au final). Si seulement j’avais mieux nagé… Mais cette expérience me servira pour la suite. Là, je suis très déçu mais je veux vite rebondir car de grosses échéances m’attendent.

Lesquelles ?

Il y aura les Jeux du Pacifique en septembre où je veux remporter la médaille d’or. Mais plus encore, c’est l’Ironman d’Hawaï qui demeure pour moi l’objectif de l’année. J’ai mis toutes les chances de mon côté depuis plusieurs mois pour briller à Hawaï. Même si j’ai raté ces Mondiaux, à Lorient, j’ai vu que j’avais malgré tout d’excellentes sensations. Et je sais aussi que je ne referai pas une telle erreur en natation ou que je serai en mesure de revenir sur les meilleurs.

Compte tenu de la concurrence en équipe de France, vous pensez que vous aurez toujours une carte à jouer ces prochaines années sur les échéances internationales ?

Je ne sais pas encore. Les sélectionneurs ont vu à Lorient que j’avais le niveau et que je n’avais pas baissé les bras malgré mon erreur initiale. Et même si la France a réalisé le triplé, je n’oublie pas qu’il manquait quelques grosses pointures de la longue distance. On verra bien. Je ne serai pas aux championnats de France le 9 septembre car il y aura les Jeux du Pacifique. Mais l’an prochain, il y aura à nouveau les Mondiaux aux Pays-Bas et j’essaierai, a priori, de décrocher ma sélection.

A priori seulement ?

Oui, car si j’atteins mes objectifs à Hawaï et que je réalise un gros truc, peut-être prendrai-je la décision de me consacrer encore plus à l’Ironman qui reste pour moi l’épreuve référence en triathlon.


Recueilli en Métropole par Frédéric Ragot
Source : http://www.info.lnc.nc

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