Patrick Vernay : « Le podium était à ma portée »
Dixième lors des championnats du monde longue distance, dimanche,
à Lorient, Patrick Vernay ne peut cacher sa déception. Mais le
Calédonien entend vite rebondir en vue des Jeux du Pacifique et
surtout de l’Ironman d’Hawaï, en octobre prochain.
Comment analysez-vous votre « performance » lors de ces Mondiaux
longue distance ?
C’est une grosse déception. Je visais le podium, qui était
clairement à ma portée et je termine seulement à cette dixième
place qui ne récompense pas tous les sacrifices que j’ai pu faire
ces derniers mois pour participer à cette épreuve.
Mais comment expliquez-vous ce résultat ?
J’ai clairement raté ma natation et je n’ai jamais réussi à
rattraper ce retard. Dans un Ironman, on peut connaître un petit
coup de moins bien dans l’eau mais on sait qu’on a largement le
temps de se refaire ensuite. Ces Mondiaux longue distance étaient
en fait de la moyenne distance (3 km de natation, 80 km de vélo
et 20 km de course à pied) et il était quasiment impossible pour
moi de revenir sur les meilleurs. Pourtant, quand je vois que je
termine 10e après être sorti de l’eau en 31e position, loin des
leaders, j’ai d’autant plus de regrets car ça veut dire qu’en
vélo et en course à pied, j’étais très performant.
Que s’est-il passé dans l’étang de Ter ?
Déjà, dès le départ, j’ai été pas mal brassé par les autres
concurrents et le phénomène s’est répété après 300 m, à la
première bouée, où j’ai pris beaucoup de coups. J’ai peut-être
perdu l’habitude d’un tel départ. Mais surtout, j’ai fait une
grossière erreur d’appréciation dans l’eau. Je pensais nager avec
les meilleurs, avec Julien Loy notamment, le futur champion du
monde, alors que j’étais en fait avec un deuxième groupe moins
performant. Quand je me suis rendu compte de mon erreur après 1
500 m, je n’ai pas su me faire mal pour revenir sur eux,
contrairement à l’Ironman d’Australie où j’avais trouvé les
ressources pour rattraper les leaders. Du coup, je sors de l’eau
complètement esseulé et je prends le vélo à 1 min 30 du groupe
avec lequel j’ai l’habitude de rouler sur les autres
compétitions.
Vous pensez que l’issue aurait été différente si vous aviez été
au contact des meilleurs en vélo ?
Oui, car j’ai prouvé ensuite que j’avais de super jambes, tant en
vélo qu’en course à pied. Mais il est difficile de courir seul,
loin des leaders. Honnêtement, je ne pense pas que le titre
aurait été jouable, tant Julien semblait intouchable dimanche.
Mais la deuxième ou la troisième place étaient à ma portée. En
course à pied, je cours plus vite que Sébastien Berlier
(troisième au final). Si seulement j’avais mieux nagé… Mais cette
expérience me servira pour la suite. Là, je suis très déçu mais
je veux vite rebondir car de grosses échéances m’attendent.
Lesquelles ?
Il y aura les Jeux du Pacifique en septembre où je veux remporter
la médaille d’or. Mais plus encore, c’est l’Ironman d’Hawaï qui
demeure pour moi l’objectif de l’année. J’ai mis toutes les
chances de mon côté depuis plusieurs mois pour briller à Hawaï.
Même si j’ai raté ces Mondiaux, à Lorient, j’ai vu que j’avais
malgré tout d’excellentes sensations. Et je sais aussi que je ne
referai pas une telle erreur en natation ou que je serai en
mesure de revenir sur les meilleurs.
Compte tenu de la concurrence en équipe de France, vous pensez
que vous aurez toujours une carte à jouer ces prochaines années
sur les échéances internationales ?
Je ne sais pas encore. Les sélectionneurs ont vu à Lorient que
j’avais le niveau et que je n’avais pas baissé les bras malgré
mon erreur initiale. Et même si la France a réalisé le triplé, je
n’oublie pas qu’il manquait quelques grosses pointures de la
longue distance. On verra bien. Je ne serai pas aux championnats
de France le 9 septembre car il y aura les Jeux du Pacifique.
Mais l’an prochain, il y aura à nouveau les Mondiaux aux Pays-Bas
et j’essaierai, a priori, de décrocher ma sélection.
A priori seulement ?
Oui, car si j’atteins mes objectifs à Hawaï et que je réalise un
gros truc, peut-être prendrai-je la décision de me consacrer
encore plus à l’Ironman qui reste pour moi l’épreuve référence en
triathlon.
Recueilli en Métropole par Frédéric Ragot
Source : http://www.info.lnc.nc







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