Spécial Lorient : Delphine Pelletier : Le virage gagnant
Ce n’est certainement pas Delphine Pelletier qui se plaindra du changement de format du championnat du monde longue distance. Victorieuse en mai dernier à Vendôme devant Johanna Daumas, cette très bonne spécialiste du courte distance, sélectionnée olympique à Athènes, peut même raisonnablement espérer un podium mondial dès sa deuxième expérience sur longue distance.
Le passage du court au long, Delphine Pelletier y songeait depuis un petit moment. Parce que c’est souvent l’option prise par les triathlètes autour de la trentaine, parce qu’elle n’arrive pas à retrouver la même vitesse à pied qu’avant sa grossesse, et parce que l’autorisation du drafting (*) en Coupe du monde l’empêche désormais d’y faire à vélo les différences auxquelles son potentiel dans la discipline l’autoriserait.
"C’est un peu l’inconnu"
Le changement de format du championnat du monde (lire par ailleurs) n’a donc qu’ « accéléré » la réflexion de la Berruyère installée à Saint-Laurent du Var, près de Nice. C’est pourtant au débotté ou presque, sur la seule base de « deux sorties rallongées », que l’ancienne championne de France courte distance (en 2002 et 2003), a abordé le sélectif de Vendôme en mai dernier. Et qu’elle l’a gagné, signe d’un potentiel évident sur la distance, avec plus de 4’ d’avance sur Johanna Daumas, médaille de bronze du dernier championnat du monde. Cette expérience unique, autoriserait la Niçoise d’adoption à rêver tout haut pour dimanche. « J’aimerais au moins faire dans les cinq », se contente-t-elle pourtant d’avancer, sans toutefois fixer de limite supérieure à son ambition. « Mais étant donné que je ne connais pas du tout le niveau, c’est un peu l’inconnu ». Pour elle, il en existe une autre tenant à sa capacité à digérer la répétition des courses. Son statut de militaire détachée et son engagement avec le club de Beauvais, l’obligent à beaucoup courir. A l’exception de l’épreuve de Lorient aujourd’hui, elle participera par exemple à tous les Grands Prix (format sprint) de la saison.
"Ma plus belle médaille"
En revanche, conséquence de son orientation en direction du long, Delphine Pelletier a dit adieu au circuit de Coupe du monde début mai à Lisbonne. La raison de ce virage n’est pas que sportive. La jeune maman pourra ainsi se séparer moins souvent d’Eny, née en mars 2005, et dont le papa est Sylvain Dodet, lui-même deux fois champion de France Elite. Sept mois plus tôt, et bien avant de pousser son premier cri, Eny avait bien involontairement perturbé la participation aux JO 2004 de sa future maman. Malade, Delphine Pelletier, qui avait appris sa grossesse dix jours avant de s’envoler pour Athènes, avait complètement raté sa course ce jour-là. Elle n’en éprouve pas le moindre regret. « Eny est ma plus belle médaille », dit-elle dans un de ces grands sourires qu’elle distribue si généreusement. Ça restera vrai dimanche soir, quand bien même on lui en ferait passer une toute dorée autour du cou. (*) Le fait de rester dans la roue d’un concurrent.



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