Spécial Lorient : Tous derrière lui

Publié le : 13 Juillet 2007
Par : Beaubois Roland
 

Dimanche, Lorient essuiera les plâtres ou plutôt inaugurera un virage décisif pour la discipline. Pour la première fois en effet, le championnat du monde longue distance (LD) se disputera sur un format dit « Olympique 2 » que les meilleurs concurrents boucleront en un peu moins de quatre heures, contre six pour le format précédent. Les dirigeants de la fédération internationale à l’origine de ce rabotage en attendent une course plus nerveuse, donc plus spectaculaire. Ils espèrent également, à travers cette réforme, créer une passerelle entre le monde du court et celui du long. A l’image de la Française Delphine Pelletier, qui peut prétendre à un podium dimanche, certains triathlètes ont déjà franchi le pas.

En s’étirant et se dispersant du très très court au très très long, le triathlon brouille son image et ne favorise pas l’émergence d’une élite clairement identifiée et reconnue par tous. Deux pôles majeurs cristallisent toutefois l’argent des sponsors et l’élite la plus professionnelle : le circuit mondial courte distance (coupe du monde, championnat du monde, et jeux olympiques) et l’eden du longue distance que constitue l’Ironman... d’Hawaï.

 

"Gagner un Ironman ne veut plus rien dire"

Entre ces deux pôles, la valeur des performances est très fortement indexée à une notion très ponctuelle et fluctuante : la valeur du plateau. "Le triathlon n’est pas un sport chronométrique comme l’athlétisme. Il en découle une analyse très subjective des résultats et c’est là que des dérives peuvent s’installer", relève Pierre Houseaux, le patron des équipes de France longue distance. "Gagner un Ironman aujourd’hui pour moi, ça ne veut plus rien dire. Il y a tellement de courses...". Patrick Vernay et Xavier Le Floch, les deux Français vainqueurs chacun d’un Ironman cette saison, apprécieront ou pas. Mais le propos d’Houseaux est largement étayé par un calendrier international où, pour ne citer que l’exemple le plus frappant, trois Ironman se faisaient concurrence le 24 juin à Alene (USA), Zurich et Nice.

 

"L’essence du triathlon c’est le long"

Doit-on en conclure que le véritable haut niveau se circonscrit aux courtes distances ? Pierre Houseaux ne va pas jusque-là. "L’essence du triathlon, c’est le long. C’est ce qui a amené les générations pionnières. Ce ne sont pas les JO". Pour autant, le patron de l’équipe de France, qui connaît bien la problématique du court pour avoir longtemps entraîné le double champion d’Europe Frédéric Belaubre, estime qu’ "on n’est pas encore dans la réalité du très haut niveau dans le longue distance. C’est une chance à saisir pour les Français. Le problème, c’est que, souvent, ils sont moyens partout. Or, on ne peut pas être compétitif sur tout, il faut mettre une priorité quelque part. Xavier Le Floch a su le faire cette année : il s’est qualifié pour Hawaï très tôt dans la saison, puis il a fait de Lorient son objectif". Face au brouillage des repères généré par l’explosion d’un circuit Ironman riche de 22 épreuves, Pierre Houseaux croit fermement que le championnat du monde peut et doit constituer dans l’avenir une véritable référence du longue distance. Pour lui, le changement de format opéré cette année « peut être une clé ». "Le format précédent (*), que j’appelle format 6 heures (le temps mis par les meilleurs pour le boucler, NDLR) était hybride. Le format 4 heures, est plus proche du format CD (2 heures). Ça attire une autre population. On récupère donc des athlètes du court en fin de carrière ou qui ne passent pas 6 h mais qui passent très bien 4 h. Au final, je pense que le changement de format va crédibiliser le long". (*) Le comité directeur de l’ITU a fait du format « 4 heures » le standard officiel des championnats du monde. Mais pour des raisons contractuelles, la compétition aura lieu une dernière fois sur l’ancien format (6 heures) en 2008 à Almere (Pays-Bas).

 

Six formats différents.
Même s’il existe également des formats hybrides et que certains organisateurs de courses s’amusent à diviser ou à multiplier les distances à l’infini, le triathlon se décompose officiellement en six formats officiels qu’on peut même réduire à trois genres, le sprint, le court et le long. Les six distances officielles :
Super-sprint : 400 m de natation, 10 km à vélo, 3 km de course à pied.
Sprint : 750 m - 20 km - 5 km.
Courte distance (CD) ou Distance olympique (DO) : 1,5 - 40 - 10.
Longue distance (LD) : Trois formats officiels : 3 - 80 - 20 (retenu pour Lorient), 4 - 120 - 30 (celui qui prévalait auparavant pour les championnats du monde) et 3,8 - 180- 42,195 (Ironman).

 
Auteur : Gwen Rastoll
Source : http://www.letelegramme.com
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commentaires


13 Juillet 2007, par : mattmoshJe suis choqué par l'affirmation de Pierre Houseaux: "Gagner un Ironman aujourd’hui pour moi, ça ne veut plus rien dire. Il y a tellement de courses...". C'est inacceptable d'entendre ca de la part d'un ancien triathlète de haut niveau et "patron" des équipes de France LD. je comprends mieux à présent le cafouillage lié à la sélection.
Je ne vois pas où est le problème que trois IM soient organisés le même jour dans des lieux complètement différents et permettant à des athlètes de ne pas parcourir le monde pour participer à un IM et décrocher une qualif'.
Peut-être M.Houseaux regrette-t-il l'époque où le triathlon n'était pas développé?
De mon côté je trouve que le format "Olympique 2" ne veut rien dire et ne ressemble en rien au LD. D'après ce que je lis, ce format est juste fait pour faire durer la carrière d'un triathlète de "Olympique 1".
Peut-être que les grands tours cycliste ne devraient durer qu'une semaine comme le Dauphiné Libéré pour permettre aux gars des classiques de s'essayer sur des courses à étapes...Et si la FFA et l'IAAF mettaient en place un format officiel de 30km pour une passerelle entre le semi et le marathon?


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