Le mot de SVPlanète

Publié le : 22 Février 2007
Par : Didier Lehénaff
 
Notre association SVPlanète – un Sport Vert pour ma Planète bleue – œuvre depuis sa création à mettre le sport au service de l’environnement et du développement durable, et le démontre aujourd’hui encore à travers les diverses pages de son e-mag* : organisation d’épreuves sportives éco-responsables, de colloques & de séminaires de formation spécifiques, collecte d’équipements sportifs à destination de populations dans le besoin, conseil auprès de collectivités territoriales, etc. Autant d’actions planifiées et mises en œuvre avec un succès fou, ce qui démontre le bien fondé de notre démarche et pourquoi vous êtes de plus en plus nombreux à nous rejoindre… Merci de votre soutien

Au terme de notre première année d’existence, un sentiment étrange nous habite, qui oscille entre le bonheur honnête d’avoir déjà tant accompli et la pénible constatation du chemin interminable qu’il nous reste encore à parcourir…

Le bonheur honnête et sain, celui d’avoir donné un corps et une âme à notre association ; d’être parvenus à tisser et densifier un réseau international de personnes-ressources passionnées de sport et qui se sont engagées par notre active entremise à mettre celui-ci au service de l’environnement et du développement durable ; d’avoir lancé une collecte d’équipements sportifs d’envergure et d’en avoir fait bénéficier des hommes, des femmes et des enfants à l’autre bout du monde ; d’avoir organisé un grand colloque qui aura permis de faire le point (même partiel) sur l’empreinte écologique (indéniable) du sport et sa contribution (désormais moins négligeable) à la cause du développement durable ; d’avoir multiplié les opérations ciblées d’information et de formation auprès de fédérations sportives, de collectivités territoriales, d’organisateurs, de sportifs de tous niveaux, ou encore d’élèves ou d’étudiants ; d’avoir poursuivi notre cheminement en matière d’organisation éco-responsable du sport avec la 3ème édition (en octobre dernier) des Eco-Games Amériques, et la mise sur pieds progressive d’un circuit d’épreuves multisports « alternatives » dans l’hexagone en 2007, et en Europe à partir de 2008.

Notre frustration – légitime et immense – se calcule, elle, à l’aune de la myriade de bouteilles plastique, éponges, gourdes et autres conditionnements de barres énergétiques, amassés par millions sur les bas-côtés des routes de notre douce France, dans le sillage de pratiquants et d’organisateurs aveugles, sourds ou décidément bien mal éduqués ; cette impuissance se mesure également aux milliers de mètres cubes d’eau minérale gaspillée aux ravitaillements par ces mêmes compétiteurs et organisateurs qui, souvent, ont appris à couper le robinet de leur lavabo lorsqu’ils se brossent les dents ; cette sourde colère s’évalue enfin en milliers de tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère saharien en deux semaines et, pire encore, aux dizaines de décès absurdes enregistrés sur ce toujours plus funeste « Dakar », la honte absolue de notre univers « sport »…

Notre désir le plus fort, le plus fou ? Que chaque semaine davantage d’organisateurs de courses sur route nous demandent de prendre en mains l’avenir « éco » de leur épreuve ; que davantage de villes et de régions, de comités et de ligues, acceptent que nous expertisions de manière critique et constructive leurs programmes et leurs réalisations ; que l’entreprise d’essaimage de nos Eco-Games partout en France et en Europe continue et que ce modèle organisationnel soit copié à l’infini, parce qu’il constitue une véritable alternative pour sortir le sport du pétrin malodorant dans lequel il s’est incommodément fourvoyé. Inscrire le sport dans un processus de développement durable ne constitue pas une entreprise utopiste, notre réseau et l’énergie que nous déployons au quotidien sont bien là pour en attester. Mais qu’on nous offre l’occasion, à grande échelle, de faire nos preuves ! Et un jour, peut-être, comme Yves Guibert l’a si justement écrit récemment1, même le Dakar pourra constituer un moteur pour le développement durable : et les bénéfices que les populations locales tireront du passage de la caravane dépasseront la simple récupération d’huiles de moteur, de tôles froissées ou de pneus éclatés. A quand un Dakar valorisant la performance environnementale ? A quand l’utilisation de carburants d'origine végétale produits en Afrique ? A quand un Dakar propre, économique, socialement performant ? Même sur le Dakar, le rêve est possible… Qu’on nous donne l’occasion de le démontrer !

Didier Lehénaff,
Président de SVPlanète

*emag gratuit sur simple demande à SVPlanete@cegetel.net

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