Quel avenir pour Jennifer Henrisson ?

Publié le : 04 Mai 2006
Par : Xtriathlon
 
Etre au sommet de l’Afrique dans sa catégorie deux années de suite, c’est un exploit qui prouve que la triathlète a du potentiel pour aller plus loin. Ce qui lui manque actuellement, c’est le soutien nécessaire pour viser de plus gros objectifs.

Le monde lui ouvre peut-être déjà les bras, mais Jennifer Henrisson attend toujours de trouver une oreille attentive à ses demandes pour un meilleur encadrement.
Pour les sceptiques qui pensaient que le titre de championne d’Afrique Junior de Jennifer Henrisson n’était qu’un coup d’éclat sans lendemain, la Curepipienne a prouvé que tel n’était pas le cas en défendant brillamment son titre au début du mois. Engagée dans cette compétition en terrain inconnu – en 2005 l’édition avait eu lieu en Afrique du Sud –, soit au Zimbabwe, elle a pris le meilleur de ses adversaires dans la catégorie des moins de 17 et 19 ans.

Elle a, encore une fois, fait la leçon à des adversaires plus agées qu’elle alors qu’elle n’a que 17 ans. Preuve, s’il en faut, qu’elle est la meilleure jeune triathlète en Afrique actuellement. Certes, son chrono de 1h20 pour les 750 m de natation, 20 km de vélo et 5 km de course à pied se situe loin de son record personnel (1h11) mais cela s’explique par le fait que la course était en altitude (2 500 m au-dessus du niveau de la mer).

C’est justemment là où le bât blesse. Est-ce qu’elle pourra garder le tempo tout au long de sa carrière ? Ne brûlera-t-elle pas ses ailes dans son ascension vers le haut niveau ?

Car Jennifer Henrisson s’entraîne dans trois disciplines séparément, soit la natation, la course à pied et le vélo. Or, le triathlon est une discipline à part entière qui nécessite une préparation spécifique. Malheureusement, Maurice ne possède pas un technicien qualifié pour cette spécialité.

Étant naturellement douée pour le sport, elle s’est évidemment distinguée dans la course à pied où elle a une carrière promise dans les courses de fond. Pour l’instant, elle n’a pas encore fait de choix quant à son orientation en tant qu’athlète ou triathlète. "Tant que je suis jeune je peux faire les deux", précise-t-elle. Jusqu’à quel point ?

Elle avoue qu’elle préfère le triathlon. Mais cette discipline est exigeante financièrement. "Nous dépensons environ Rs 6 000 ou 7 000 par mois pour les nécessités entourant la pratique du triathlon, comme les équipements, les compléments nutritionnels, les visites chez le médecin, etc. C’est beaucoup", fait-elle ressortir.

Un des gros problèmes c’est qu’elle ne perçoit aucune bourse et ne figure pas, pour l’instant, sur la liste de la High Level Sports Unit qui s’occupe de l’allocation financière mensuelle de sportifs ayant atteint un niveau régional, continental, intercontinental et mondial. Mais dans la mesure où cet organisme étudie régulièrement les performances de haut niveau, il ne fait pas de doute que dans un proche avenir, elle y figurera.

Cette aide financière pourrait effectivement soulager la principale concernée surtout qu’elle confie que ses lettres de demande de sponsors n’ont pas trouvé d’écho.

En attendant, Jennifer Henrisson prend son mal en patience… et souhaite décrocher une bourse sport-études. C’est l’élément catalyseur, selon elle, qui pourrait donner un sacré coup de pouce à sa carrière et qui sait, la propulser parmi les meilleures mondiaux car elle a clairement démontré qu’elle avait le potentiel. Mais est-ce que « le bon encadrement » qu’elle recherche, suivra ?

Récit : Jason Chellen
Source : http://www.lexpress.mu

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