C'est le roi de Lanzarote !
Photo par Xtriathlon
Eneko Llanos est bien le roi de Lanzarote ! Il a littéralement dégouté tous ses adversaires hier lors du 19ème Ironman Lanzarote, en leur faisant subir sa loi d'une manière inaltérable, sans contestation possible. Vainqueur ici en 2007, Llanos reprend son titre au Belge Bert Jammaer qui l'avait emporté l'an passé.
Tout avait commencé idéalement pour l'espagnol. Les conditions de mer étaient idéales, et le vent s'était calmé par rapport aux journées précédentes. Une journée rêvée pour produire de grandes performances, et c'est ce qui allait se passer.
Le départ est donné à 7h00, et l'étroite ligne qui empêche les
athlètes de se libérer, explose d'un coup pour déverser un flot
ininterrompu d'ombres découpées par un soleil naissant.
Une grande journée se prépare.
Dès la seconde bouée les choses sont claires : le premier groupe
est formé et va prendre le large. C'est comme à son habitude ici,
Stephen Bayliss qui mène la danse et qui va sortir le premier de
l'eau. Il aura dans ses pieds Bert Jammaer suivi comme son ombre
par Eneko Llanos : la stratégie de l'espagnol est claire ! Les
poursuivants immédiats sont l'allemand Maik Twelsiek et le jeune
britannique Philip Graves. Hervé Faure sort à plus de 2 minutes
et voit déjà s'envoler ses chances de bien figurer dans le top 3.
Dès les premiers kilomètres le ton est donné, et ce sont tour Ã
tour Bayliss et Jammaer qui vont s'emparer de la tête. Mais très
vite le britannique s'aperçoit qu'il n'est pas dans un grand
jour, et donne déjà des signes de fatigue. Il rétrograde
rapidement et ne sera plus jamais dans le coup durant la course;
il restera néanmoins à distance et terminera son marathon sans
réelle conviction.
C'est le jeune compatriote (21 ans) de Bayliss, Philip Graves qui
va prendre les choses en main. Il passe tor à tour Twelsiek puis
Llanos et Jammaer. Il est en tête, en costaud, de l'Ironman
Lanzarote. Tenté par l'aventure de Graves, l'allemand Mail
Twelsiek décide à son tour de donner de la voix. Il remonte, se
poste à quelques longueurs du leader, et les deux hommes
augmentent leur avance inexorablement.
Le tournant de la course
C'est Twelsiek qui va devenir le grand monsieur de la partie
cycliste. Encouragé par Graves, Twelsiek s'empare de la tête à la
mi-course, et c'est, hélas pour lui, à ce moment-là que Graves
commence à faiblir. "Je n'avais plus de jambes !" nous
dira t'il. "Je suis trop jeune encore pour ce type de
course" : un aveu tout à l'honneur de l'anglais qui avoue Ã
ce moment que "the toughest Ironman in the world" porte bien son
nom ! Il abandonnera au bout d'1km de course à pied… après avoir
essayé !
Débarrassé de Graves, Twelsiek décide de frapper un grand coup.
Son but est simple : prendre le plus d'avance possible afin
d'éviter un retour des gros coureurs à pied que sont Llanos et
Jammaer.
Le pari était presque gagné.
Twelsiek arrive seul à la transition avec plus de 11 minutes
d'avance sur Jammaer et 13 minutes sur Llanos qui ont tous deux
repris Graves sur les derniers kilomètres. Dès lors la chasse est
ouverte. Twelsiek résiste longtemps, mais ne fera jamais douter
ses deux poursuivants. Dès que l'allemand commence à donner des
signes de faiblesse, Jammaer et Llanos en rajoutent une couche,
afin, leur adversaire étant très bien renseigné, de le faire
douter encore un peu plus. Chaque kilomètre est avalé à un train
d'enfer. Le premier qui craquera ne remportera pas la course. A
ce jeu c'est bien évidement l'espagnol qui va le mieux s'en
tirer. Car la chaleur (30° à l'ombre) et l'intensité de la course
vont laisser sur le carreau les plus chevronnés. Twelsiek craque
et laisse partir ses deux rivaux. Llanos prend ensuite
l'ascendant sur Jammaer. Inéluctablement, implacablement, la
machine ibérique va se mettre en marche, après une course
d'attente et une grosse pression sur des adversaires qui auront
jusqu'au bout tenté de le faire tomber.
Eneko Llanos passe la ligne d'arrivée de la 19ème
édition de l'Ironman Lanzarote en 8h37'43", 1'13" minutes devant
Bert Jammaer, très éprouvé, et l'allemand Maik Twielsiek
(8h42'53), qui honore cet événement par un record à vélo : il
explose le temps de son compatriote Thomas Hellriegel, qui datait
de 1995 (4h47'03"), de plus de 6 minutes, en 4h40'58". Un
authentique exploit lorsqu'on connait la difficulté du
parcours.
Gerritt Schellens et le finlandais Tuukka Miettinen complètent le
podium. Hervé Faure est le premier français et termine sa course
septième, loin de Llanos, en 9h05'28".
Le titre d'un athlète au calme olympien
Ce qui nous a le plus impressionné est le calme de cet homme.
Rigoureux et gentil, drastique et calme, Eneko Llanos pourrait
être comparé à une machine, tant en course il semble ne jamais
déroger de son but : gagner. Ses règles ne sont pas de partir
devant à tout prix, mais d'observer, de calculer et d'agir le
moment opportun. Eneko Llanos est un grand. Ce second titre ici Ã
Lanzarote est amplement mérité et ne doit rien au hasard. Il a
été murement réfléchi, et l'athlète n'est pas venu du continent
pour finir second.
Sa seconde place à Hawaii en 2008 n'est certainement qu'une étape
vers le titre majeur qu'il recherche depuis fort longtemps.


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