Publié le: 23 Mai 2010
Par: Penel Arnaud
Lien: http://www.ironmanlanzarote.com/
Eneko Llanos, nouvrau vainqueur de l'Ironman Lanzarote 2010

C'est le roi de Lanzarote !

Photo par Xtriathlon

Eneko Llanos est bien le roi de Lanzarote ! Il a littéralement dégouté tous ses adversaires hier lors du 19ème Ironman Lanzarote, en leur faisant subir sa loi d'une manière inaltérable, sans contestation possible. Vainqueur ici en 2007, Llanos reprend son titre au Belge Bert Jammaer qui l'avait emporté l'an passé.

Tout avait commencé idéalement pour l'espagnol. Les conditions de mer étaient idéales, et le vent s'était calmé par rapport aux journées précédentes. Une journée rêvée pour produire de grandes performances, et c'est ce qui allait se passer.

Le départ est donné à 7h00, et l'étroite ligne qui empêche les athlètes de se libérer, explose d'un coup pour déverser un flot ininterrompu d'ombres découpées par un soleil naissant.

Une grande journée se prépare.
Dès la seconde bouée les choses sont claires : le premier groupe est formé et va prendre le large. C'est comme à son habitude ici, Stephen Bayliss qui mène la danse et qui va sortir le premier de l'eau. Il aura dans ses pieds Bert Jammaer suivi comme son ombre par Eneko Llanos : la stratégie de l'espagnol est claire ! Les poursuivants immédiats sont l'allemand Maik Twelsiek et le jeune britannique Philip Graves. Hervé Faure sort à plus de 2 minutes et voit déjà s'envoler ses chances de bien figurer dans le top 3.

Dès les premiers kilomètres le ton est donné, et ce sont tour à tour Bayliss et Jammaer qui vont s'emparer de la tête. Mais très vite le britannique s'aperçoit qu'il n'est pas dans un grand jour, et donne déjà des signes de fatigue. Il rétrograde rapidement et ne sera plus jamais dans le coup durant la course; il restera néanmoins à distance et terminera son marathon sans réelle conviction.
C'est le jeune compatriote (21 ans) de Bayliss, Philip Graves qui va prendre les choses en main. Il passe tor à tour Twelsiek puis Llanos et Jammaer. Il est en tête, en costaud, de l'Ironman Lanzarote. Tenté par l'aventure de Graves, l'allemand Mail Twelsiek décide à son tour de donner de la voix. Il remonte, se poste à quelques longueurs du leader, et les deux hommes augmentent leur avance inexorablement.  

Le tournant de la course
C'est Twelsiek qui va devenir le grand monsieur de la partie cycliste. Encouragé par Graves, Twelsiek s'empare de la tête à la mi-course, et c'est, hélas pour lui, à ce moment-là que Graves commence à faiblir. "Je n'avais plus de jambes !" nous dira t'il. "Je suis trop jeune encore pour ce type de course" : un aveu tout à l'honneur de l'anglais qui avoue à ce moment que "the toughest Ironman in the world" porte bien son nom ! Il abandonnera au bout d'1km de course à pied… après avoir essayé !
Débarrassé de Graves, Twelsiek décide de frapper un grand coup. Son but est simple : prendre le plus d'avance possible afin d'éviter un retour des gros coureurs à pied que sont Llanos et Jammaer.

Le pari était presque gagné.
Twelsiek arrive seul à la transition avec plus de 11 minutes d'avance sur Jammaer et 13 minutes sur Llanos qui ont tous deux repris Graves sur les derniers kilomètres. Dès lors la chasse est ouverte. Twelsiek résiste longtemps, mais ne fera jamais douter ses deux poursuivants. Dès que l'allemand commence à donner des signes de faiblesse, Jammaer et Llanos en rajoutent une couche, afin, leur adversaire étant très bien renseigné, de le faire douter encore un peu plus. Chaque kilomètre est avalé à un train d'enfer. Le premier qui craquera ne remportera pas la course. A ce jeu c'est bien évidement l'espagnol qui va le mieux s'en tirer. Car la chaleur (30° à l'ombre) et l'intensité de la course vont laisser sur le carreau les plus chevronnés. Twelsiek craque et laisse partir ses deux rivaux. Llanos prend ensuite l'ascendant sur Jammaer. Inéluctablement, implacablement, la machine ibérique va se mettre en marche, après une course d'attente et une grosse pression sur des adversaires qui auront jusqu'au bout tenté de le faire tomber.
Eneko Llanos passe la ligne d'arrivée de la 19ème édition de l'Ironman Lanzarote en 8h37'43", 1'13" minutes devant Bert Jammaer, très éprouvé, et l'allemand Maik Twielsiek (8h42'53), qui honore cet événement par un record à vélo : il explose le temps de son compatriote Thomas Hellriegel, qui datait de 1995 (4h47'03"), de plus de 6 minutes, en 4h40'58". Un authentique exploit lorsqu'on connait la difficulté du parcours.
Gerritt Schellens et le finlandais Tuukka Miettinen complètent le podium. Hervé Faure est le premier français et termine sa course septième, loin de Llanos, en 9h05'28".

Le titre d'un athlète au calme olympien
Ce qui nous a le plus impressionné est le calme de cet homme. Rigoureux et gentil, drastique et calme, Eneko Llanos pourrait être comparé à une machine, tant en course il semble ne jamais déroger de son but : gagner. Ses règles ne sont pas de partir devant à tout prix, mais d'observer, de calculer et d'agir le moment opportun. Eneko Llanos est un grand. Ce second titre ici à Lanzarote est amplement mérité et ne doit rien au hasard. Il a été murement réfléchi, et l'athlète n'est pas venu du continent pour finir second.
Sa seconde place à Hawaii en 2008 n'est certainement qu'une étape vers le titre majeur qu'il recherche depuis fort longtemps.

 

> fin de l'article

commentaires


Pas de commentaires pour le moment

Ajouter un commentaire :

Vous devez posséder un compte et être authentifié pour déposer un commentaire.