Publié le: 21 Mars 2010
Par: Penel Arnaud
Lien: http://simon-billeau.xtriathlon.com/
Simon Billeau à Abou Dhabi

Objectif Africain pour Simon Billeau

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Samedi 13 avril avait lieu le triathlon inaugural Longue Distance de l’Emirat d’Abu Dhabi. C’est avec honneur que je faisais partie de cette prestigieuse aventure. Malheureusement pour moi, je suis français et les français n’ont pas bonne réputation à l’étranger (en terme de prospects touristiques. Il faut bien l’avouer, nous sommes un peu radin sur les bords…). Si bien que je n’avais pas la chance d’être invité par l’organisateur.

En ce qui me concerne, ce triathlon consistait en une évaluation diagnostive des efforts consentis depuis la reprise et en vue de l’IRONMAN d’Afrique du Sud le 25 avril.

Ce dernier constitue mon premier objectif de la saison. Concrètement, j’espère y décrocher ma qualification pour Hawaii par un podium mais aussi et surtout d’obtenir ma première victoire sur la distance mythique.

Pour m’acclimater à la chaleur, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage en Espagne sous l’égide de la société GM-Tri-Org de Gaël Mainard. Les températures plus douces du côté ibérique m’ont permis d’effectuer un passage progressif vers des températures caniculaires en Moyen-Orient (mes épaules vont s’en souvenir encore un moment, pour ceux qui les ont vu !).
Ainsi, juste le temps de poser les bagages de Callela, que j’embarquais le mardi matin pour London Heathrow avec British Airways. Un grand merci d’ailleurs à Daniel et Pascaline pour leur hospitalité sur Paris. Et oui, certains peuvent critiquer Abu Dhabi pour leur tarif élitiste pratiqué au niveau de l’hôtellerie (101€ la nuit en ce qui me concerne) alors que la nuit à Roissy dans un pauvre Formule 1 m’aurait coûté la modique somme de 180€.

J-4 : Debout à 3h45’, présence à l’aéroport 3h avant décollage oblige avec un vélo en soute…

Le périple commence mal avec un air de déjà vu à l’aéroport de Roissy CDG. Une heure de retard au décollage et au prix d’une traversée au pas de course (et c’est un euphémisme), je me faufile avant la fermeture de la porte de l’avion à la façon d’une célébrité se glissant sous la porte de Fort Boyard pour ne pas se faire dévorer par les tigres charentais…45’’ plus tard et l’avion partait sans moi !

J’ai stressé toute la durée du trajet jusqu’à l’aéroport d’Abu Dhabi quant à la mince probabilité que mon vélo m’ait suivi. Heureuse surprise à l’atterrissage en constatant la présence de mon Ceepo Katana. Encore 45’ de taxi et je pose mes bagages à l’International Rotana.

J-3 : Levé aux aurores par me remettre aussitôt du faible décalage horaire (+3h). Puis grosse séance à pied sur la célèbre Corniche, leur Promenade des Anglais façon arabe soit 2 fois plus longue et 1000 fois plus fleurie et composée de jets aquatiques à nul autre pareil.

L’après-midi est consacré au retrait des dossards via une escapade dans la ville avec mon cycle. Après avoir eu l’occasion de perdre une dizaine de fois la vie sur leurs (auto)routes, je décide de rentrer bredouille (et malheureusement, ça ne sera pas l’unique fois…).

J-2 : Levée encore plus matinal pour me préparer au réveil du samedi matin, Jour J.

Je m’élance vers la plage où aura lieu la natation et le premier parc à vélo. Il s’agit de la plage privée de l’Emirates Palace. Au passage, le monument est somptueux. A côté, l’Elysée et la Maison Blanche ne paraissent pas…

L’eau est turquoise et à mon grand regret déjà chaude malgré l’hiver qui sévit dans le Golfe Persique (32° à l’ombre !).

Un petit 1500m pour se remettre dans le bain… avec la Torpedo made by Kiwami.

L’après-midi est à nouveau consacré à la tentative de retrait des dossards. Cette fois-ci, je parviens à rejoindre le Park Rotana Complex, une sorte d’hôtel pour millionnaire (4000 Dhs la nuit soit 550€). C’est ici qu’était basé l’ensemble des athlètes de renom invité par l’event organizer.

J’y retrouve la ravissante Juliana de Trimag, Thierry Deketelaere de Triathlete, mon ami Jacky Evraerdt media pour Triathlon Hebdo, Olivier Marceau notre chouchou suisse préféré.

Je profite de l’occasion pour jeter un œil à la start list. Hoouuuu, je n’aurais pas dû. Je me suis mis le moral dans les chaussettes… Northwave…

14h, départ en bus vers la piscine des officiers de l’Armée. Une petite ligne d’eau par athlète, un petit 2500m et une salade frite plus tard, nous retournons au QG.

16h : On part à la découverte de la Sheikh Zayed Grand Mosque pour faire quelques photos de ce temple religieux.

18h, briefing pour les « Pros Â» avec 5’ minute de questions/réponses à la fin de l’intervention de l’organisateur et du directeur des arbitres. J’adore ces 5’ où mes « amis Â» (adversaires) ressemblent à des imbéciles de mercenaires… (les 2 seules questions qui préoccupent l’encéphale surdéveloppé d’un triathlète élite ne sont autre que le prize money et la règle du drafting. A croire que certains des meilleurs de notre planète sont néophytes ou ont une mémoire de poisson rouge concernant les distances entre 2 individus).

J-1 : Je retourne vérifier la température de l’eau : Eh non pas de miracle, toujours à 24°, ça sent l’interdiction de nager en combinaison… Dépôt des vélos et des sacs transition comme sur un IRONMAN classique. Retour à l’hôtel et petite séance de rappel VMA l’après-midi, l’histoire de ne pas être frais.

Jour J : Après le petit déjeuner à base du gâteau énergétique GO 2, je rejoins l’aire de départ.

Après le traditionnel gonflage des boyaux et l’installation des gels sur mon tube de cadre, j’entends le corps arbitral annoncer l’interdiction du port de la combinaison. Pas de chance, mon Europium restera dans le sac.

Je pars à l’échauffement.

A 6h45’, le départ est donné pour 3000m en 2 boucles rectangulaires avec sortie à l’australienne. Je m’élance relativement rapidement. Et je suis au contact d’un groupe de 5 concurrents. J’effectue le 1er tour en leur compagnie. Je fais l’effort pour ne pas éjecter de ce groupe. La sortie à l’australienne n’est fatale. Le second tour est plus laborieux. Je me retrouve esseulé.

Je m’extirpe de l’eau en 41’15’’ à la 33e place soit quelques 3’ de retard sur la tête, ce qui confirme mes progrès en natation. Car ceux de devant sont notamment Philip Graves et Bryan Rhodes, le premier cité étant sorti en tête au championnat du Monde à Hawaii.

Je fais comme à l’accoutumée une transition rapide et enfourche mon vélo pour les 2 allers-retours et demi proposés soit 200km de CLM en bec de selle. Le parcours est composé de longues lignes droites avec un demi-tour sur le Yas Marina Formula 1 Grand Prix. Grandiose !!!

Je constate à mon grand regret qu’un groupe (peloton) de 19 unités est aux avant-postes. Le Top 10 sera difficile.

J’en termine avec la balade à bicyclette à 41,2km/h de moyenne soit 4h51’09 de selle SMP et 15 garçons remontés au passage.

Le parc pour T2 est situé sur la plage familiale de la Corniche. Ma 2e transition est plus laborieuse.

Le parcours pédestre de 20km est constitué de 2 allers-retours jusqu’à l’ Â« Heritage Village Â».

Contrairement à la partie cycliste, le public est massé le long du parcours et la population locale est plus chaleureuse que je ne l’aurais imaginé tout comme le soleil qui à cette heure de la journée vous rappelle à l’ordre.

Je m’exécute en 1h13 tout rond comme prévu. Je franchis la ligne en 11e position. Devant, la victoire s’est jouée entre Eneko Llanos, Dirk Bockel et Rasmus Henning dans l’ordre d’arrivée.

Pour ma part, je termine en 6h47’22 à quelques 12’ du vainqueur. Je mets dans l’ordre des disciplines 3/6 et 3’ de plus que le champion espagnol. Il reste encore beaucoup de travail avant d’accéder au sommet hawaiien.

Je suis assez satisfait de ma prestation et de ma gestion de course. Je pense que c’est de bonne augure pour l’objectif africain. D’ici là, il me reste à ce jour encore 15 jours d’entraînement acharné et une semaine de stage à nouveau en Espagne pour tenter de respirer le même air qu’Eneko…et je vous ramène une breloque de l’Afrique du Sud. Il faut bien qu’un français s’en charge car ce ne sont pas nos footballeurs qui vont se décarcasser pour ça…

Pour information, la course est retransmisse sur www.ironmanlive.com en direct. Comme l’Afrique est quasiment sous la même latitude (+1h), vous pourrez suivre la course en temps réel pour les lève-tôt. Départ de la course à 6h30, heure locale de Port Elizabeth.

Sinon, il y aura une retransmission en différé sur Sport +.

 

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