Le "Clearwater" d'Audrey
Photo par Benj
Qualifiée lors de l'Ironman 70.3 Monaco en septembre dernier, Audrey Faignard n'a pas eu beaucoup de temps pour s'entraîner sérieusement aux Championnats du Monde 70.3 de Clearwater. Pourtant, comme elle le dit, l'essentiel est de tout donner, et de faire abstraction des "ondes négatives" qui peuvent nuire à notre propre performance. Envolons-nous pour la Floride…
Semaine avant le jour J :
Arrivés à Clearwater, il fait beau, chaud donc short et Tee-shirt
; trop bien pour un mois de Novembre.
Difficile d’avoir un bon sommeil, couchée a 22h00 ça va… jusqu’à
4h00 du matin. Benj’ pareil, a les yeux ouverts. On déjeune à
5h00 !
Du temps pour se balader dans la ville. Tout est tranquille,
calme : ça c’est les vacances ! Puis à 8h00 on rejoint le groupe
de Gael Mainard, entraînement natation dans l’océan. On voit même
des dauphins nager à coté de certains nageurs déjà présents.
MAGIQUE.
La semaine précédant la course, petit tour à Miami et retour en
passant devant les Everglades, la nature réserve de belles
surprises : faune et flore exubérantes avec un nombre
impressionnant d’alligators que j’ai eu le plaisir de voir de
près en faisant un tour d’air-boat, les fameux bateaux à fond
plat et propulsés par un gros ventilo !
Nous faisons connaissance de nombreux triathlètes tous sympas,
avec qui j’ai passé de très agréables moments. Bonne rigolade
aussi à la soirée de bienvenue sur la plage sous le vent, avec
les assiettes qui volent et le voisin qui se reçoit les salades
du copain sur la figure ! ^^
Un ouragan passait près de la Floride. Du coup, changement de
météo, pluie et vent à partir de lundi. Et là fini le short et le
débardeur : jogging et veste.
Cette situation climatique restera la même jusqu'à la veille de
la course. L’organisation a donc du prendre une décision pour la
natation et changer l’emplacement du départ car la houle aurait
rendu la première épreuve un peu dangereuse pour les plus mauvais
nageurs. On va devoir partir 2 par 2. La veille, je souhaite
bonne course à tous mes amis triathlètes qui partiront comme moi
dans cette aventure ! Demain ils lâchent les alligators
!!^^
Jour J :
Je me lève motivée. Objectif profiter d’être là, et donner tout
ce que j’ai ! Je me dirige vers le parc à vélo en restant
concentrée, finis les dernières préparations de mon vélo, tout
est là, tout va bien. Je rencontre les filles de mon groupe
d’âge, de toutes nationalités. Je ne me laisse pas impressionner,
focalisée sur ma course à venir.
Zone de départ : la file pour les vagues commence à se former. Je
sais que je suis dans la vague 14, je me dis j’ai le temps,
normalement je pars à 7h45… normalement… mais voyant comment les
vagues partent les unes après les autres, je demande au gars
dirigeant mon groupe s’ils respectent les horaires de départ. El
là, il me dit que non. Tout s’enchaîne. J’ai bien fait de
demander et me met directement dans la file. Je reste couverte et
continue à bien m’hydrater. Benj’ me suit et me donne confiance.
La natation n’étant pas mon point fort, je me place devant mon
groupe, pour partir devant.
Ca y est c’est mon tour, je prends tout de suite un bon rythme
(bien contente de ma nouvelle combinaison sans manches). Le
soleil est bas à cette heure, il éblouit, pas facile de trouver
les bouées, de tout de façon je suis la file. Je guette les
bonnets rouges, mais je sais qu’il n’y a pas que mon GA, il y a
aussi les 25-29.
A la sortie de l’eau, coup d’œil à mon chrono : 32’ et quelques
secondes. Je suis contente, c’est le temps que je voulais mettre.
Au passage de la puce je mettrai exactement 33’08. La transition
se fait très vite, je prends le vélo en même temps qu’une fille
de mon groupe d’âge, mais je pars avant.
Connaissant les numéros de dossards de filles de mon GA, j’en
vois une. On se double l’une l’autre pendant 20 km, puis j’arrive
à creuser l’écart. Je roule bien, tout en faisant bien attention
au respect des distances. Par contre je suis dégoûtée de me faire
doubler par des groupes de 10 mecs. Aussi, je vois 2 filles me
doubler, toutes les deux planquées derrière un concurrent. Et
elles l’accrochent bien.. Je roule à une bonne allure pour moi,
en restant sur le prolongateur pour réduire la prise au vent au
maximum. La route est droite et longue.
Une fille de mon GA me double, mais je n’arrive pas à tenir son
rythme. Je prends quand même plaisir de rouler sur un terrain qui
ne m’est pas familier (à l’opposé de mes entraînements dans
l’arrière pays niçois).
Vers la fin, un bon gros paquet de jeunes de 18-24 qui me double,
puis un autre paquet de 10… C’est la fête ! Je suis énervée par
ce comportement de tricheurs, je n’ai pas envie de rentrer dans
ce genre de jeu. Je me suis entraînée pour donner le meilleur de
moi-même, et pas pour tricher, qui ne serait pas le reflet du
travail que j’aurais fait auparavant. J’essaye de faire
abstraction de ça, et me fais plaisir de rouler sans temps mort.
Il me reste 10 km, les jambes deviennent dures, je n’arrive plus
à appuyer comme je voudrais, au lieu d’être à 36-37 km/h comme le
reste de la course, le compteur indique plutôt 30 km/h. J’ai
l’impression qu’il y a plus de vent mais c’est toujours comme ça
quand ça coince! La dernière montée de pont se fait même sur le
39 dents au lieu du 50. A ma montre, je suis contente, je pensais
mettre dans les 2h30 - 2h40 et au final : 2:35:03 .
Je pose le vélo, et là, tout de suite je sais que la course à
pieds sera longue. Bonne transition et, c’est parti, advienne que
pourra !
Les foulées sont bien courtes, je suis limitée mais en fait à
fond de mon niveau du moment… ça va être long. Je garde mon
rythme, m’hydrate bien, m’alimente bien, même petite pause
pipi.
Cependant les jambes ne sont toujours pas là mais Benj’ placé sur
le parcours me retrouve au 2ième tour, m’encourage et me dit que
je fais une belle course, ce qui me redonne un peu d’énergie.
Mais pas assez, car je me fais doubler par 2 filles de mon
GA.
Au dernier pont, je vois une fille de 18-24 s’affaiblir, plus que
3kms. Je décide de passer en mode ROBOT, c'est-à-dire déconnecter
le cerveau et donner tout ce que j’ai. J’accélère et la double
dans la descente. Je ne ressens plus rien, ni mes jambes ni mes
bras, ni la chaleur.
Juste mon cœur qui bat fort et vite. Je ne pense plus à rien, je
sais que je double plusieurs personnes, mais je n’y fais pas
attention.
J’ai entendu quand même, juste avant l’arrivée les encouragements
de Jeanne Collonge et Caroline Perrin (2 filles très sympas
d’ailleurs !).
Et voilà je passe le portique d’arrivée ! 1h55 pour la course à
pied… Pas très fière mais bon je ne pouvais pas aller plus
vite.
Au total je mets 5:09:25 et finis 15ième de ma catégorie.
J’ai mal… très mal… aux jambes, je pars directement me faire
masser, par mon chéri svp !
Après coup je suis satisfaite de mon chrono natation et vélo,
mais un peu déçue de ma course à pied mais comme j’ai tout donné
le contrat est accompli.
Par contre, je ne m’attendais pas à voir autant de tricheurs mais
cela a été quand même une très bonne expérience.
Même si je n’ai fait que 3 mois d’entraînements pour le long, ce
qui n’est pas assez pour être performante sur ce type d’épreuve,
je vais attendre avant de me remettre sur du long (ou juste un
pour me faire plaisir).
Je vais donc d’abord m’entraîner sur le court, progresser sur
cette distance. J’aimerai bien par la suite entrer dans une
équipe de D2 quand j’aurai le niveau.
En tout cas, je remercie énormément tous ceux qui m’ont
encouragés de près comme de loin !







texte plus grand
texte plus petit




commentaires
Pas de commentaires pour le moment