Publié le: 04 Juin 2009
Par: Penel Arnaud
Laurianne Levasseur, Lanzarote 2009Laurianne Levasseur, Lanzarote 2009

Laurianne Levasseur, direction Hawaii !

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On ne connait pas très bien encore la toute jeune Laurianne Levasseur. Elle a pourtant failli créer la surprise l'an passé lors du Tribreizh, en passant très près de la plus haute marche du podium. Un mois plus tard, pour ses débuts sur la distance reine, elle s'attaquait au mythe de Roth, et cette année nous l'avons retrouvée à Lanzarote, où elle termine dans le top 15 d'un plateau féminin relevé, et se qualifie pour Hawaii en octobre.
Rencontre avec une future championne…

Xtriathlon : Salut Laurianne, peux-tu te présenter ?
Laurianne : Bonjour je m'appelle Laurianne, j'ai 24 ans et suis infographiste dans une maison d'édition de la région rouennaise. J'ai été piquée par le virus du triathlon depuis un peu moins de 3 ans, lors du triathlon découverte du Val de Reuil sur format sprint en 2006. Le club de Courbevoie a assisté à mes débuts difficiles dans l'eau. Après 5 mois de noyade, j'ai bouclé péniblement les 1500 mètres du CD de Soissons, qui m'ont laissé à l'arrivée un goût de trop peu…

Xtriathlon : Ta progression semble rapide et tu te penches très vite sur la distance reine !
Laurianne : En effet ! En juillet 2007, j'intègre le club dont je suis présidente depuis novembre 2008, le MSA Triathlon. Je commence à prendre goût au triathlon longue distance et m'inscris à l'Ironman de Roth, course club en 2008. La préparation se passe plutôt bien, et je compense des problèmes de blessure à pied (élongation, périostite et entorse) en roulant beaucoup. Afin de ne pas arriver complètement dans l'inconnu sur le long, je fais le Tribreizh à Commana un mois avant, une super course.

Je termine Roth en 11h07 : une météo très humide, une chute sur la fin du parcours vélo (une voiture me coupe la route) et un marathon subit... je prends plus de plaisir à voir la satisfaction de mes collègues que la mienne. J'ai mis longtemps à accepter le fait d'avoir pris plus de plaisir sur ma course de préparation que sur l'objectif de l'année.

Xtriathlon : La suite c'est donc Lanzarote !
Laurianne : Oui ! A mon retour je m'inscris à Lanzarote, encouragée par la proposition de refaire un Ironman "groupé" et de profiter d'une émulation collective pour la préparation. Je reprends sérieusement l'entraînement début octobre après deux mois très calmes suite à un virus (certainement contracté lors d'un début de symptômes de surentraînement pendant la préparation de Roth).

Xtriathlon : Tu sembles être bien entourée, tant tes progrès sont rapides…
Laurianne : Ce sont Nicolas Hemet et Jérôme Martin qui m'ont aidé dans ma programmation. Nous avons effectué beaucoup de séances vélo communes avec Nicolas, Frédéric et Patrice, mes partenaires d'entraînement, qui ont été un pilier dans ma préparation. Je les en remercie vivement. J'ai effectué depuis cette reprise environ 350 km de natation, 8000 km de vélo et 900 km de course à pied. Bien sûr, si l'on ne connaît pas les répartitions, ces chiffres ne veulent rien dire. Cet hiver, j’ai beaucoup travaillé la natation et ma technique en course à pieds afin de la rendre plus économique, il y a encore beaucoup de travail mais déjà des progrès encourageants. J’ai mis l’accent sur le vélo dès le mois de janvier sans être trop dérangée par le temps normand. En termes de volume, j'ai fait quelques semaines à plus de 30 heures. Je n’ai fait qu’une course de préparation, le duathlon de Douai (qui était mon premier duathlon également). J’y fais un très très bon vélo et une bonne course (29e temps vélo, 64e au scratch et 1ère féminine).

Tu sembles être sereine dans ton approche. Lanzarote ne faisait donc pas peur ? Raconte-nous ta course !
J’étais confiante avant la course, beaucoup moins stressée qu'avant mon premier Ironman. Je souhaitais donner le meilleur mais aussi réussir à me faire plaisir sur la course. La natation s'est bien passée, je m'étais placée sous l'arche des plus de 65 minutes et j'ai vraiment été gênée lors du premier tour où j'ai pris beaucoup de coups. Le deuxième tour s'est mieux passé mais je n'ai pas nagé plus vite pour autant. La nage en mer est beaucoup plus agréable qu'en lac. Après une bonne transition, je pars à vélo avec pour consigne de ne pas me mettre au dessus du seuil dans les côtes et face au vent : je surveille ces données grâce à un capteur de puissance. Je prends énormément de plaisir sur un parcours magnifique et qui me semble très facile. Et même si l'envie de vouloir donner plus en montée me chatouille, je reste concentrée pour le marathon. Je veille à bien m'alimenter à vélo et à bien boire. Malgré tout, j'ai néanmoins fait l'erreur de jeter mon bidon avant le ravito du Mirador de Haria, pensant en récupérer un et je suis restée un long moment sans pouvoir bien m’hydrater et je l’ai payé plus tard en course à pieds.

Les deux premiers tours à pieds se passent bien, je croise Nicolas au 3e kilomètre, qui me conseille vivement, voire m’ordonne de ralentir et je me rends compte que je coure à 5’ au kilo, la vitesse maximale conseillée. L’écart avec la deuxième féminine de mon groupe d’âge se réduit alors et j’ai du mal à faire plus, j’ai très soif et commence à marcher sur les ravitos pour pourvoir m'hydrater correctement. Tous les 5 km, j’utilise les gels de la gamme Profil Sport, un peu moins agressifs en goût que les Powergels distribués par l'organisation. Le marathon que je fais n’a rien à voir avec celui de Roth. Là j'ai été capable de courir proprement tout le temps. Cependant, je l’ai vraiment trouvé dur : les longues montées à un faible pourcentage, les 4 tours… je commence à faiblir mentalement et perds petit à petit ma concentration. Le dernier tour n’est pas libérateur, mais je passe la ligne d’arrivée heureuse et satisfaite de ma course. Je vais me faire masser les jambes mais les manipulations sont trop douloureuses. Je récupère mes affaires et discute un peu avec Catherine Houseaux, que j’ai trouvée très accessible et ouverte.

Xtriathlon : Et la satisfaction d'être qualifiée pour Hawaii !
Laurianne : Oui ! Le lendemain, nous nous rendons à la remise des slots et dès le premier appel, l’espoir de pouvoir passer au rolldown : la première de ma catégorie ne s’est pas présentée. Je récupère le slot dans des conditions épiques, après un sprint dans le club de la Santa, sous les applaudissements du public chauffé par Nicolas Hemet. "La cerise sur le gâteau" comme je le disais avant la course aux personnes et qui me demandaient mon objectif. 
L’excitation de la course retombant un peu, les regrets ou sentiments d’amélioration commencent à apparaître. Je récupère bien de la course, mis à part quelques problèmes d’ongles mais c’est le métier qui entre. Je ne réalise pas encore bien la chance que j’ai de m’être qualifiée. 

Xtriathlon : Tes objectifs à venir ?
Laurianne : Pour les objectifs à venir, je retourne à Sizun pour le Tribreizh, où j’avais empoché la deuxième place l’an dernier et adoré le parcours. Je ne sais pas encore comment je vais aborder la suite de l’entraînement et quelles orientations je vais lui donner. J’irai peut-être à Gérardmer en septembre, car c’est aussi une course qui m’attire et qui peut bien figurer comme course de préparation pour Hawaï.

Je ne remercierai jamais assez les personnes qui m'ont soutenu et aidé durant ces mois de préparation, qui ont cru en moi et en des progrès bien loin d'être acquis.

Le profil de Laurianne

 

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