Publié le: 03 Mai 2009
Par: admin
Lien: http://www.kathytremblay.ca/
Tongyeong, première étape des WCS

La bosse des affaires de Kathy Tremblay

Photo par ITU

Kathy Tremblay a entrepris la saison 2009 de façon éclatante, dimanche dernier, en terminant deuxième de la Coupe du monde d’Ishigaki, au Japon. La triathlète âgée de 26 ans n’a été devancée que 5 secondes par la Japonaise Juri Ide. Hier au terme d’une épreuve au calibre très relevé, elle s’est pointée encore une fois parmi les meilleures athlètes de sa discipline en récoltant le quatrième rang de la Série des Championnats du monde, samedi, à Tongyeong, en Corée du Sud.

Après avoir gagné la médaille d’argent la semaine dernière à la Coupe du monde d’Ishigaki, au Japon, la Montréalaise originaire de Gatineau a su confirmer que ses excellents résultats de début de saison ne sont pas le fruit du hasard. Avec un chrono de 2h, 3 min et 32 secondes, la Québécoise a terminé à 50 secondes derrière la gagnante, l’Australienne Emma Snowsill, médaillée d’or aux Jeux olympiques de Pékin. Sa compatriote Emma Moffat, médaillée de bronze à Pékin, s’est classée deuxième tandis que la Japonaise Juri Ide, celle-là même qui avait battu de justesse Tremblay dimanche dernier, l’a de nouveau coiffée de deux secondes pour compléter le podium.
 
« Cette performance me place quatrième au monde au classement cumulatif », a déclaré Tremblay à Sportcom avec beaucoup d’enthousiasme. « La liste des participantes, contrairement à la semaine dernière au Japon, montrait que le calibre allait être beaucoup plus relevé. Les meilleures au monde étaient là. Malgré cela, j’étais plus calme mentalement.
 
« L’objectif ici était d’abord de nager vite. Je m’attendais à ce que ça soit rough mais pas autant que ça. Des nageuses ont embarqué sur moi et j’ai répliqué en faisant la même chose, jouant un peu à saute-moutons sur le dos des unes et des autres ».
 
Selon Kathy Tremblay, la compétition en était une de calibre olympique. « Ça me donne vraiment confiance. Je sais que je suis sur la bonne voie. Quelqu’un m’a déjà dit «voyage léger » et c’est exactement comme ça que je me sens. J’ai l’esprit tranquille et je suis en paix avec moi-même », a-t-elle fait valoir, ayant au passage de bons mots pour son entraîneur David-James Taché, son conjoint.
 
Une course extraordinaire
Cette course (1,5 km natation / 40 km vélo / 10 km course à pied), David-James Taché n’en a pas manqué une seule seconde. « C’était très excitant. Toutes les meilleures étaient présentes sauf peut-être deux ou trois. Les deux Australiennes se sont sauvées en avant à la toute fin, elles sont une petite coche au-dessus, mais on voit que ça se ressert de plus en plus. Ce fut une course extraordinaire. Aujourd’hui, la pression était là, ça se sentait sur la ligne de départ. C’était vraiment le premier test de la saison pour tout le monde et Kathy l’a passé haut la main. Ça confirme sa belle performance de la semaine passée. L’été s’annonce excitant », a-t-il dit.
 
Une future transition vers le monde des affaires
Il s’agissait d’une deuxième bonne nouvelle en l’espace de quelques jours pour la Montréalaise. La veille de mettre le cap sur l’Asie, où deux compétitions sont à son agenda, elle venait tout juste de terminer ses études universitaires. Tremblay a maintenant en poche un baccalauréat cumulé de trois certificats : un en relations publiques, un en relations industrielles et l’autre en création d’entreprise.
 
Les notions apprises sur les bancs d’école ont déjà commencé à lui être utiles. Dans le cadre de son certificat en création d’entreprise, l’étudiante devait bâtir un programme de conférences en entreprise.
"Je devais prouver au jury que j’allais être différente des autres athlètes ou anciens athlètes qui font ça comme Bruny Surin, Marc Gagnon ou Chantal Petitclerc par exemple", a-t-elle indiqué en entrevue depuis Tongyeong (Corée), où elle participera dimanche à la première épreuve comptant pour la toute nouvelle Série des Championnats du monde.
"C’était plaisant de travailler dans ce projet, car c’est une bonne préparation pour mon plan B de carrière. J’aime être entourée de gens et c’est parce que j’aime le contact humain que j’ai décidé d’étudier dans ce domaine", poursuit celle qui aimerait commencer à donner des conférences d’ici la fin de l’année.
 
Même si son plan initial était plutôt de créer des centres de conditionnement physique dans les entreprises, la Gatinoise d’origine ne ferme pas complètement la porte à cette idée.
"C’était un peu compliqué et les montants d’argent en jeu étaient très importants. Ce projet est toujours intéressant, sauf qu’il complexe à réaliser pendant que je poursuivais ma carrière d’athlète. Je vais donc commencer à une plus petite échelle et peut-être le poursuivre plus tard."
 
Ce n’est un secret pour personne, l’argent est au cœur du développement de la carrière d’un athlète. Les compétitions internationales sont le tremplin idéal pour progresser et les coûts reliés aux nombreux déplacements en avion grugent une bonne partie du budget des athlètes. La recherche de commanditaires est donc essentielle et même si cette tâche peut être fastidieuse, Kathy Tremblay y trouve un réel plaisir à œuvrer dans cette facette de sa carrière.
"Je n’ai pas d’agent et j’aime faire moi-même ma recherche de commanditaires".
 
Se voit-elle devenir une future agente d’athlète?
"Pourquoi pas? Je n’y pense pas beaucoup pour l’instant, car il me reste encore 4 ou 8 ans à ma carrière d’athlète. Par contre, je donne déjà quelques trucs à des coéquipiers de l’équipe nationale dans leur recherche de commanditaires", précise celle qui avait obtenu le deuxième podium de sa carrière en Coupe du monde.
 
Le triathlon en mode marketing
En 2009, le monde du triathlon vit une petite révolution. Depuis plus de 15 ans, les athlètes participaient à des épreuves de Coupe du monde. Cette année, le calendrier international a été revampé. Les Coupes du monde sont toujours présentes, sauf que d’anciennes Coupes du monde ont été transformées en épreuves de la Série des Championnats du monde.
 
L’avantage de ce nouveau format de course sera que les meilleurs triathlètes au monde seront regroupés dans sept épreuves, en plus des Championnats du monde, au lieu d’être dispersés dans une quinzaine de compétitions.
"Le sport va dans une bonne direction. L’objectif est de rendre le triathlon populaire, un peu à l’image du circuit professionnel de tennis. On rassemble les meilleurs plus souvent en les attirant avec de plus grosses bourses. En ayant un peloton fort, ça va mettre plus de piquant!", croit Tremblay, en ajoutant que le calibre de ses concurrentes était beaucoup plus relevé à Tongyeong qu’il ne l’était à Ishigaki.
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