La bosse des affaires de Kathy Tremblay
Photo par ITU
Kathy Tremblay a entrepris la saison 2009 de façon éclatante, dimanche dernier, en terminant deuxième de la Coupe du monde d’Ishigaki, au Japon. La triathlète âgée de 26 ans n’a été devancée que 5 secondes par la Japonaise Juri Ide. Hier au terme d’une épreuve au calibre très relevé, elle s’est pointée encore une fois parmi les meilleures athlètes de sa discipline en récoltant le quatrième rang de la Série des Championnats du monde, samedi, à Tongyeong, en Corée du Sud.
Après avoir gagné la médaille d’argent la
semaine dernière à la Coupe du monde d’Ishigaki, au Japon, la
Montréalaise originaire de Gatineau a su confirmer que ses
excellents résultats de début de saison ne sont pas le fruit du
hasard. Avec un chrono de 2h, 3 min et 32 secondes, la Québécoise
a terminé à 50 secondes derrière la gagnante, l’Australienne Emma
Snowsill, médaillée d’or aux Jeux olympiques de Pékin. Sa
compatriote Emma Moffat, médaillée de bronze à Pékin, s’est
classée deuxième tandis que la Japonaise Juri Ide, celle-là même
qui avait battu de justesse Tremblay dimanche dernier, l’a de
nouveau coiffée de deux secondes pour compléter le
podium.
« Cette performance me place
quatrième au monde au classement cumulatif », a déclaré
Tremblay à Sportcom avec beaucoup d’enthousiasme. « La liste
des participantes, contrairement à la semaine dernière au Japon,
montrait que le calibre allait être beaucoup plus relevé. Les
meilleures au monde étaient là. Malgré cela, j’étais plus calme
mentalement.
« L’objectif ici était d’abord de nager
vite. Je m’attendais à ce que ça soit rough mais pas
autant que ça. Des nageuses ont embarqué sur moi et j’ai répliqué
en faisant la même chose, jouant un peu à saute-moutons sur le
dos des unes et des autres ».
Selon Kathy Tremblay, la compétition en
était une de calibre olympique. « Ça me donne vraiment
confiance. Je sais que je suis sur la bonne voie. Quelqu’un m’a
déjà dit «voyage léger » et c’est exactement comme ça que je
me sens. J’ai l’esprit tranquille et je suis en paix avec
moi-même », a-t-elle fait valoir, ayant au passage de bons
mots pour son entraîneur David-James Taché, son
conjoint.
Une course
extraordinaire
Cette course (1,5 km natation /
40 km vélo / 10 km course à pied), David-James Taché
n’en a pas manqué une seule seconde. « C’était très
excitant. Toutes les meilleures étaient présentes sauf peut-être
deux ou trois. Les deux Australiennes se sont sauvées en avant à
la toute fin, elles sont une petite coche au-dessus, mais on voit
que ça se ressert de plus en plus. Ce fut une course
extraordinaire. Aujourd’hui, la pression était là, ça se sentait
sur la ligne de départ. C’était vraiment le premier test de la
saison pour tout le monde et Kathy l’a passé haut la main. Ça
confirme sa belle performance de la semaine passée. L’été
s’annonce excitant », a-t-il dit.
Une future transition vers le
monde des affaires
Il s’agissait
d’une deuxième bonne nouvelle en l’espace de quelques jours
pour la Montréalaise. La veille de mettre le cap sur l’Asie, où
deux compétitions sont à son agenda, elle venait tout juste de
terminer ses études universitaires. Tremblay a maintenant en
poche un baccalauréat cumulé de trois certificats : un en
relations publiques, un en relations industrielles et l’autre
en création d’entreprise.
Les notions
apprises sur les bancs d’école ont déjà commencé à lui être
utiles. Dans le cadre de son certificat en création
d’entreprise, l’étudiante devait bâtir un programme de
conférences en entreprise.
"Je devais prouver
au jury que j’allais être différente des autres athlètes ou
anciens athlètes qui font ça comme Bruny Surin, Marc
Gagnon ou Chantal Petitclerc par exemple", a-t-elle
indiqué en entrevue depuis Tongyeong (Corée), où elle
participera dimanche à la première épreuve comptant pour la
toute nouvelle Série des Championnats du
monde.
"C’était plaisant
de travailler dans ce projet, car c’est une bonne préparation
pour mon plan B de carrière. J’aime être entourée de gens et
c’est parce que j’aime le contact humain que j’ai décidé
d’étudier dans ce domaine", poursuit celle qui aimerait
commencer à donner des conférences d’ici la fin de
l’année.
Même si son plan
initial était plutôt de créer des centres de conditionnement
physique dans les entreprises, la Gatinoise d’origine ne ferme
pas complètement la porte à cette idée.
"C’était un peu
compliqué et les montants d’argent en jeu étaient très
importants. Ce projet est toujours intéressant, sauf qu’il
complexe à réaliser pendant que je poursuivais ma carrière
d’athlète. Je vais donc commencer à une plus petite échelle et
peut-être le poursuivre plus tard."
Ce n’est un secret
pour personne, l’argent est au cœur du développement de la
carrière d’un athlète. Les compétitions internationales sont le
tremplin idéal pour progresser et les coûts reliés aux nombreux
déplacements en avion grugent une bonne partie du budget des
athlètes. La recherche de commanditaires est donc essentielle
et même si cette tâche peut être fastidieuse, Kathy Tremblay y
trouve un réel plaisir à œuvrer dans cette facette de sa
carrière.
"Je n’ai pas
d’agent et j’aime faire moi-même ma recherche de
commanditaires".
Se voit-elle
devenir une future agente d’athlète?
"Pourquoi pas? Je
n’y pense pas beaucoup pour l’instant, car il me reste encore 4
ou 8 ans à ma carrière d’athlète. Par contre, je donne déjà
quelques trucs à des coéquipiers de l’équipe nationale dans
leur recherche de commanditaires", précise celle qui avait
obtenu le deuxième podium de sa carrière en Coupe du
monde.
Le triathlon en
mode marketing
En 2009, le monde
du triathlon vit une petite révolution. Depuis plus de 15 ans,
les athlètes participaient à des épreuves de Coupe du monde.
Cette année, le calendrier international a été revampé. Les
Coupes du monde sont toujours présentes, sauf que d’anciennes
Coupes du monde ont été transformées en épreuves de la Série
des Championnats du monde.
L’avantage de ce
nouveau format de course sera que les meilleurs triathlètes au
monde seront regroupés dans sept épreuves, en plus des
Championnats du monde, au lieu d’être dispersés dans une
quinzaine de compétitions.
"Le sport va dans
une bonne direction. L’objectif est de rendre le triathlon
populaire, un peu à l’image du circuit professionnel de tennis.
On rassemble les meilleurs plus souvent en les attirant avec de
plus grosses bourses. En ayant un peloton fort, ça va mettre
plus de piquant!", croit Tremblay, en ajoutant que le calibre
de ses concurrentes était beaucoup plus relevé à Tongyeong
qu’il ne l’était à Ishigaki.
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