Publié le: 16 Décembre 2008
Par: Penel Arnaud

Talent et humilité… Billeau parmi les étoiles

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Respect, considération… on ne trouve pas trop les mots sur la performance de Simon Billeau en Australie il y a deux semaines… Car outre le fait qu'il termine cinquième au général pour son premier Ironman, il talonne désormais les meilleurs de la distance… à 26 ans ! Talent et humilité… rien d'autre à ajouter !

Comme la côte Ouest de l’Australie se trouve dans un fuseau horaire différent de 8h du notre, j’avais pris la décision de partir assez longtemps avant pour optimiser les adaptations au décalage horaire et au climat.

Ainsi, je suis parti un 19 novembre soit 18 jours avant le 7 décembre.

Mais juste avant de partir, mon amie et moi-même avions contracté la grippe. Deux traitements antibiotiques pour le prix d’un, c’est toujours ça !

Comble de malchance, mes dents de sagesse dont l’extraction est prévue le 22 décembre (de bonnes fêtes de fin d’année en perspective) me tiraillaient…

Je suis arrivé à Perth et pris en main dès mon atterrissage par Dan Ryan, le père de Felicity Sheedy Ryan, notre perle australo-poitevine. Je tiens d’ailleurs à le remercier pour tous les efforts qu’il a consentis.

Le dimanche soit 2 jours après mon arrivée, je participais à une course de charité sur Perth auquel Dan m’avait inscris, la Great Bike Ride. Le réveil à 5 heures me surprend. Mais le départ de la cyclosportive à 6h00 avec 5200 cyclistes encore plus ! De peur de tomber car peu à l’aise sur un circuit urbain en vélo de triathlon, je prends la poudre d’escampette pour terminer 5e à  41Km/h de moyenne autour du lac formé par la rivière Swan.

Les jours suivants, j’ai la chance de pouvoir nager au Challenge Stadium, complexe sportif nautique où d’ailleurs Sullivan s’entraîne. Juste pour l’anecdote, il s’agit d’un espace de six piscines dont trois olympiques et dont deux sont extérieures. Du jamais vu en ce qui me concerne.
En cyclisme, je fais des allers-retours entre Perth et Fremantle, une route côtière plate permettant de rouler dans des conditions plus sûres. Fremantle est la ville où d’ailleurs Bernard Stamm de Cheminées Poujoulat devrait mouiller l’encre en raison d’un problème technique. J’aurais bien aimé rester plus longtemps pour pouvoir lui exprimer mon admiration.

A J-4, nous descendons de Perth à Margaret River, lieu connu mondialement pour ses Surfing Point dans la maison secondaire de Dan, située à 40’ chrono de Busselton.
A J-2, avec Maxime Ramel, un autre frenchie du Stade Poitevin Triathlon expatrié en Australie pour s’entraîner dur en vue de la saison 2009 du championnat de France de D2 des clubs, nous reconnaissons la partie natation. Elle est composée d’un aller-retour de la jetée la plus longue du Western Australia, soit 1800m.

L’eau est d’une telle clarté que l’on peut admirer les bans de poissons qui passent à quelques mètres sous nous, une raie, un couple de dauphins…

D-Day : Sous les conseils d’Anthony Berthou, je me force à manger mes tartines de pain/beurre/confiture et mes 2 cafés.

Nous partons à 4h20 précise en direction de Busselton.

Dans le parc à vélo, à 5h du matin, c’est l’effervescence. Je me dépêche de me faire marquer un X sur la jambe droite et je me dirige à mon Ceepo Bike pour gonfler ma lenticulaire et ma nouvelle roue avant à bâtons X-Treme.

Avec mon camarade, nous nous dirigeons vers la jetée, j’enfile la combinaison Europium et pars à l’échauffement encore dans le noir.

Juste avant le départ, j’apprends que Patrick Vernay est absent pour raison médicale et l’hymne national australien est magnifiquement interprété par une chanteuse entre 2 encouragements des nombreux speakers : « You will be an IRONMAN Â».
Le départ est donné. Je m’élance tranquillement pour éviter d’être dans le dur au bout de 10’… J’ai de bonnes sensations. En nageant souple, j’arrive à nager dans le groupe de Shortis, Berkel et Johnsen par exemple.

Sorti en 18e position en 50’48’’, je fais une transition express sous la tente pour chevaucher la machine de guerre montée 3 semaines auparavant.

Le début est laborieux. Les sensations rencontrées la veille sont les mêmes. Malgré tout, je rejoins le groupe de tête (assez régulier en termes de respect des distances imposées) après 50km en solo. J’effectue le reste du parcours en leur compagnie en m’économisant au maximum. Seul Johnsen (3e au dernier championnat du Monde de triathlon LD ITU) réussi à s’extirper. Pour ma part, je ralentis l’allure à 8km du parc pour m’hydrater un peu plus et me ravitailler.

4h27’ avec transition soit le 10e temps, c’est mieux que ce que j’espèrais.

Plus que l’inconnu marathon.
Je m’élance prudemment, je me fais passer par Shortis rapidement mais double quand même Joshua Rix. Puis, constatant que je ne ressens aucune douleur insupportable, je décide d’élever le train. Durant 21km, je remonte un à un les concurrents passant de la 10e place à la 3e. Mais un coup d’arrêt intervient. Je commence à subir les kilomètres et c’est à la 5e place avec un marathon en 3h01’ (8e temps) que je boucle mon premier ironman.

8h20 au scratch, c’est inespéré. Cette performance me permet d’avoir le 3e meilleur temps d’un français sur Ironman et d’être le 2e meilleur performer français de tous les temps.

 

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