Un voyage au bout de l'enfer ?
Photo par Roberto Sery
Roberto Sery est un des ces athlètes atypiques, passionné de triathlon Longue Distance, et qui "colle" complètement à la définition que l'on a du triathlon. Sa vie c'est sa famille, mais aussi le sport sans limite. Une philosophie que partage la rédaction d'Xtriathlon… bien sûr !
L’Ironman – c’est un peu "voyage au bout de l’enfer", un triathlon de l’extrême pour des athlètes au physique et au mental d’acier… titrait un magazine il n’y a pas si longtemps.
Un marathon est déjà une épreuve longue et difficile mais quand
il s’agit de rajouter à la course 3.8km de natation en mer et
180km à vélo même si là encore le spectacle a de quoi séduire, ce
n’est plus une promenade de santé, c’est une véritable punition
que nous nous infligeons.
Une punition… calculée.
Alors qu’est-ce qui peut bien nous pousser à relever de pareils
défis ?
Un goût immodéré de l’effort, un besoin de reconnaissance ou une
satisfaction personnelle d’appartenir à une élite hors norme
?
Je pense qu'une des raisons est notre vie de tous les jours, où
l'on doit toujours se remettre en question en passant par ses
propres réflexions.
Je cherche encore et toujours cette soif de nouveaux horizons,
sur une nouvelle destination tant il y en a !
Mais le souci, lorsqu’ on travaille, c’est de trouver le bon
compromis et ce n’est pas évident. Depuis le 25 mai au challenge
France je n’ai plus "compétité", ni fait d’entraînement dans le
"dur" comme nous les affectionnons tous (avec un objectif, un
challenge une course quelque part…) et cela me manque tellement
que j’en deviens presque dingue. C’est comme si je flottais, mais
c’est dans ma tête ce manque de quelque chose.
Heureusement que ma petite famille est près de moi et que
quelques amis très proches sont là pour me sortir (nous
sortir).
Notre réussite passe aussi par la réussite de nos enfants :
quelle admiration d’avoir un fils aîné dont je suis fier, qui
intègre une grande école d’ingénieur à Paris ! Que dire de plus,
cela donne une émulation supplémentaire à la maison entre mon
épouse et la petite dernière (qui en veut également : elle aussi
souhaiterait réussir du coup). Elle est partie passer un mois Ã
Grenoble et à Paris avec visite de différents musées et sorties
concerts etc. qu’elle ne connaît pas sur l’île (NDLR : Roberto
nous écrit de la Réunion).
Tout ce petit interlude dans notre petite vie m’a permis de voir
et d’être convaincu de la manière de bien faire évoluer les
choses qu’on planifie depuis longtemps. Cela finit par arriver
sans y mettre forcément des sommes d’argent mais tout simplement
avec une grosse dose de volonté.
Les voyages sportifs nous font tous grandir, dans tous les sens
du terme, la difficulté de monter un projet sportif et de partir
vers un lieu inconnu, nous ouvre inlassablement une nouvelle
façon de rebondir sur chaque difficulté. Et c’est pour cela que
j’encourage mes enfants à s'installer le plus rapidement possible
dans un monde d’ouverture.
Le sportif Ironman aime relever des défis, savoir où il en est et
affectionne avant tout se remettre en question.
Dans la vie de tous les jours au travail ou à la maison il faut
trouver le juste équilibre (vous savez ce dont je vous parlais il
y a quelques temps dans un article déjà paru sur Xtriathlon :
Flash back d'un Homme de Fer
Dans son job être présent, être près et efficace n’est pas
évident mais il faut le faire si on veut donner un sens à nos
actions. Cela me permet aussi de m’accrocher quelque chose de
"solide".
La difficulté pour un sportif amateur -avec une volonté d’homme
de fer- reste de vouloir embrasser les plus belles courses du
monde. La difficulté c’est de trouver le bon compromis avec son
travail, son entraînement et sa quête de perfection pour réussir
une course parfaite et cela passe fondamentalement par un
équilibre presque parfait.
L’équilibre hum ! Dur dur ! La course parfaite -oui je sais qu’il
y en a pas- il faut aller la chercher et quand on l’a terminée on
peut éventuellement dire que c’est celle là . C’est ce qu’on
appelle de l’expérience acquise.
Ce que je recherche aujourd’hui c’est de me retrouver a mon
niveau, d'évoluer dans le bons sens sportif en tant qu'être
humain et être bien tous les jours.
Je remercie François Chabaud avec qui j’ai une très longue
discussion et qui m’a donné encore plus le goût de l’effort. Et
aussi Belinda Granger et son mari Justin (les Australiens) qui
m’ont éclairé sur la dure vie que peuvent mener les élites
professionnelles.
Un petit mot également pour Pascal de la Boutique du Triathlon
qui m’épaule sur la partie cycle et avec qui je partage beaucoup
sur les actions de la vie. Je profite pour remercier Guy
Hemmerlin, mon entraîneur, qui à su m’aiguiller et me
comprendre.
Le site internet de Roberto


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