Christel Robin, "Continuer à évoluer"
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Treizième à Clearwater lors des Championnats du Monde 70.3, la Niçoise Christel Robin a conclu une année 2008 de la plus belle des manières. Première française mais aussi la plus jeune des 50 premières femmes pros et groupes d'âge confondues (elle n'a que 21 ans ne l'oublions pas !), nous lui avons demandé de nous faire partager ces moments où elle a côtoyé les athlètes les plus rapides sur la distance. Partons avec la tribu Niçoise pour le Floride !
Ouf ! C’est agréable et plus facile d’arriver en terrain
connu ! Le voyage cette année s’est passé sans réelle embuche,
contrairement à l’an dernier où relier Nice à Clearwater avait
été un vrai chemin de croix. Là, nous trouvons vite nos marques
(je dis "nous" pour mon fiancé Renaud Cadiere, ses parents et moi
; le sud-est débarque en force !) et c’est toujours ça
d’économisé en énergie. Une piscine où nager, et ses… allez,
environ deux-cent lignes d’eau ;-), le rêve ! Un parcours vélo
assez tranquille, un petit parc pour courir, bref… une
avant-course sereine !
La pression monte enfin le matin du jour J quand, à 5h, au beau
milieu d’un champ de vélos, il faut faire les derniers réglages
et partir à l’eau. Une fois l’hymne américain chanté, le coup de
feu est donné pour les pros hommes, et ce n’est que deux minutes
après que le mien doit retentir. Et c’est parti !
La natation se passe mieux que l’an dernier où j’avais été
éblouie au retour par le soleil levant. Je sors donc dans un
paquet de filles de mon niveau, avec une des favorites et pas
loin de Morrison et Csomor. Maintenant, il va falloir envoyer sur
90km de plat, les seules occasions de s’étirer un peu le dos et
de changer de position seront les demi-tours et un pont à faire à
l’aller et au retour. Ce profil ne me pose pas de problème sur
les 60 premiers kilomètres. Je pars très costaud, quelques filles
s’accrochent au début ; grappiller des places petit à petit me
donne du courage, et je finis par me retrouver seule. Mais plus
les miles défilent, plus tenir la position aéro devient pesante
pour mon dos et mes jambes ; le travail n’est pas du tout le même
que sur les parcours vallonnés, où l‘on fait bosser tantôt
un muscle, tantôt l‘autre. Là, il faut supporter d’engorger des
mêmes muscles sur la totalité du parcours. Aussi, les derniers
30km sont plus difficiles. 20km avant de poser le vélo, je double
Carfrae et Griesbauer, et me dis que je n’ai peut-être pas mal
aux cuisses pour rien.
Mais c’est sans savoir que devant, c’est allé très, très vite.
Les grosses nageuses ont rattrapé les moins bons pro hommes dans
l’eau et ont roulé avec, ce qui a sans doute un peu faussé la
course filles (cela n’enlève cependant rien aux qualités
cyclistes de ces dames qui sont, comme on dit dans notre jargon,
de vraies "bouchères" ! J).
Je pose donc le vélo 14ème et pars à pied
relativement émoussée. Le soleil tape très fort, d’autant plus
qu’il a fait grise mine toute la semaine ; le choc en est donc
violent et je me sens de plus en plus assommée par la chaleur.
Les deux boucles ne sont pas une partie de plaisir et mes
sensations me déçoivent par rapport au travail fourni et aux
résultats obtenus pendant les semaines de préparation.
J’attendais légitimement mieux en terme de temps, mais c’était
sans compter sur les aléas qui font bien évidemment partie de la
course. Et je vois bien que je ne suis pas la seule à souffrir
puisque Carfrae, qui avait gagné l’an dernier en pulvérisant tout
le monde à pied, ne me distance pas. Je termine quand-même à une
belle 13ème place, juste derrière Carfrae, et pas loin
du tout de Cave, 9ème. Même si le top 10 n’est pas
encore pour cette année, une 13ème place me satisfait
compte-tenu du niveau et de l’âge des filles qui sont
devant.
Car pour rivaliser avec des Zieger, Morrison, Csomor, il
faut tout d’abord du temps. Des années à accumuler les
kilomètres, à se construire un bagage de longues sorties et de
longues courses. Il faut de l’expérience et de la maturité, ce
qui me fait encore parfois défaut, car la densité et le niveau
général font qu’une bonne gestion de ses émotions et du
déroulement de la course est primordiale. Et enfin, il faut de la
vitesse, car ce n’est pas du courte distance, certes, mais cela
va très vite quand-même, pas loin d’un double CD.
C’est pourquoi un de mes objectifs de l’an prochain sera de continuer à développer ma vitesse de base dans les trois disciplines. Je suis encore jeune et il faut que je fasse du gain de vitesse une des principales cibles de mon travail dans les années à venir. 2009 ne délaissera donc pas les CD, qui jalonneront la saison. Cependant, je souhaite tourner davantage sur le circuit 70.3. Pour ça, l’Half de St Croix sera certainement la première grosse course de la saison, avec en ligne de mire les Championnats de France longue distance à Belfort, où j’irai défendre mon titre en vue de me qualifier pour les mondiaux ITU en novembre. D’autres Half, dont celui de Monaco, me conduiront, je l’espère, de nouveau à Clearwater. Et un top dix, pour le coup, serait le bienvenu…
En attendant, la coupure hivernale est méritée… et
savourée… la saison 2009 s’annonce musclée !




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