2 h 03 et 59 secondes. C'est le temps qu'il a fallu à l’Ethiopien Haile Gebreselassie, en septembre 2008, pour rallier les lignes de départ et d'arrivée du Marathon de Berlin, et cela sans aide extérieure ni tricherie (toute ressemblance avec un événement récent d'une tricherie réalisée par un athlète sur un autre marathon n'étant qu'une pure coïncidence !).
Mais que vient donc faire cette performance extraordinaire d'un marathonien -dont il s'agissait du 26ème record du monde personnel -durant LA semaine consacrée à la plus importante compétition de triathlon de la planète ? Quelle différence y-a-t'il entre un athlète qui ne s'entraîne que dans un but, courir, courir, courir toujours plus vite pendant deux heures, et un triathlète qui se doit de gérer une course qui dure plus de 8 heures ?
La réponse est qu'il existe une énorme similitude entre ces deux
types d'athlètes. Etre aussi rapide que Gebreselassie n'est pas
possible sur le marathon d'un Ironman, mais courir le plus
rapidement possible est impératif à celui qui voudra passer la
ligne d'arrivée en vainqueur. Et cela passe fatalement par un
temps de plus ou moins 2h45.
C'est ce que nous répètent les professionnels présents cette
semaine à Kona, qui accumulent les kilomètres à pied en plus de
ceux à vélo (on les compte en milliers de "bornes") et en
natation… Pour arriver à contrer la concurrence, qui, à priori, a
beaucoup travaillé aussi dans le but de cet objectif majeur, un
athlète doit travailler, et travailler encore. Et la course à
pied est devenue, ces dernières années, la clé qui ouvre la porte
du succès.
A Kona il ne suffit plus désormais de très bien nager, ni de
faire un gros vélo… il faut courir, et de préférence vite. Très
vite.
Bref il ne faut plus gérer comme avant.
C'est ce qu'avaient déjà compris les grands de l'Ironman il y a
maintenant 24 ans ! Car dès 1984 Dave Scott scotchait tout son
monde en remportant sa troisième victoire consécutive à Kona,
après un marathon, le premier sous les trois heures, en
2h53. Dès lors ce fut à celui qui serait le plus fort sur
cette dernière discipline de l'Ironman d'Hawaii, et de tous ceux
qui ont suivi cet événement planétaire.
Mark Allen, en 1989, repousse les limites de l'impossible en
remportant son premier titre à Hawaii. Il y exécute un marathon
en 2h40'04", le record de l'épreuve qui n'a pas été battu depuis.
Seul lui-même en 1991 et 1995, et Luc Van Lierde en 1999, se sont
approchés de ce record qui semble encore inaccessible. Mais
pendant combien de temps encore ?
Car je le répète, on va de plus en plus vite ! A part le record
de Luc Van Lierde en 1996 où le Belge fut tout près de casser la
barre des 8 heures (8h04'08") et en 1999 où il terminera premier
en 8h17'17", les temps ont stagné au début des années 2000,
naviguant aux environs des 8h20. La tendance des deux dernières
années semble confirmer, avec des temps approchant les 8h10, que
des records en tous genres sont sur le point de tomber à Kona.
Ce n'est pas Chris McCormack, auteur d'un 2h42 l'an passé, qui nous contredira.
Finalement la différence entre Haile Gebreselassie et Chris McCormack n'en est plus vraiment une. Chacun tente de rallier l'arrivée le plus vite possible, chaque fois encore plus vite…
Les records de Kona :
Records de la course
1996 – Luc Van Lierde (BEL) 8:04:08
1992 – Paula Newby-Fraser (ZIM) 8:55:28
Temps les plus rapide par discipline
Natation
1998 – Lars Jorgensen (USA) – 46:41
1999 – Jodi Jackson (USA) – 48:43
Vélo
2006 – Normann Stadler (GER) 4:18:23
1993 – Paula Newby-Fraser (ZIM) 4:48:30
Marathon
1989 – Mark Allen (USA) 2:40:04
1999 – Lori Bowden (CAN) 2:59:16




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