Publié le: 29 Septembre 2008
Par: admin
Lien: http://www.etienne-caprin.com/
Etienne Caprin, un gentil fou

Un fou vous dis-je…

Photo par Roland Beaubois

Etienne Caprin est un fou. Mais vous savez, un gentil fou, un fou sympa, qui ne fait pas de mal. Bien au contraire ! Etienne le handi, Etienne le hardi… Mais Etienne est tout sauf un fou bête et méchant, et cet Etienne-là nous fera toujours du bien, à nous les triathlètes. Parce que le tri, c'est sa vie.

Du triathlon il en fait depuis 1984. Vous savez, à l'époque où on parlait déjà de Belaubre, mais du papa… Donc ça fait longtemps qu'Etienne baigne dans le triple effort, et qu'il y cartonne ! Il a donc tout connu, les joies et les peines des valides, la fabuleuse ascension d'un sport nouveau et plein de vie, que chacun pratiquait ou allait choisir sans réellement savoir dans quoi il mettait les pieds…

A cette époque le mal n'avait pas encore touché Etienne Caprin, qui profite des joies des valides, comme chacun peut le faire maintenant.

Et puis en 1995 tout bascule. Une opération de la jambe droite manquée et la vie du "valide" Etienne Caprin vacille vers le cauchemar d'une intervention où il contractera le staphylocoque nosocomial ave un début de gangrène. A l'hôpital deux solutions d'offrent trop vite à lui, et on ne lui laisse alors pas le choix : on coupe ou on bloque définitivement. La suite vous la connaissez : Etienne Caprin devient handisport, ou plutôt handicapé à vie. Parce que sa vie à ce moment va changer du tout au tout. Plus de travail (ça doit être trop contraignant d'embaucher quelqu'un qui ne tient que sur jambe), des amis qui s'en vont, un sport qu'il ne peut plus pratiquer. Bref une vie de handicapé, ceux qu'on regarde avec un drôle d'air et qu'on n'a jamais le temps d'aider…

Mais Etienne est un battant. Et ce battant va se transformer en quelqu'un d'impitoyable envers lui-même. Pourquoi les performances mesurées lors d'un triathlon valide ne seraient pas égalables par un handisport ? C'est la question qu'Etienne se pose alors… d'ailleurs ne trouvez-vous pas que cela ressemble trait pour trait à une affaire très récente concernant un sprinter sud-africain de 100m amputé des deux jambes?

Cette question il y a 13 ans, Etienne ne se la pose pas. Ce qu'il veut lui c'est faire du triathlon. Peu importe comment, en fauteuil, derrière les valides, seul lors d'un départ décalé… le principal c'est de renaître et de cesser de se poser des questions noires et déprimantes.

Alors pour son premier triathlon Etienne a décidé de frapper un grand coup. Un coup énorme en fait. Il décide de s'en gager sur l'Embrunman. A ce moment c'est  la stupeur autour de lui, un sentiment qui se transforme très vite en une passion, en une ferveur qui va lui faire découvrir une autre manière de pratiquer ce sport qu'il aime par-dessus tout. Les télévisions se pressent pour voir "le handicapé qui va faire Embrun sur une jambe", les médias n'ont d'yeux que pour lui et refusent même de tourner un autre sujet que celui qu'ils ont prévu pour Etienne.

Etablir une liste de ses titres Mondiaux, Européens ou Nationaux serait trop long. En rédiger une du nombre de compétitions sur lesquelles Etienne s'est aligné serait encore pire ! Quant aux demandes médiatiques… n'en parlons pas : il est aussi demandé qu'un ministre !

L'histoire d'Etienne Caprin vaut vraiment le coup d'être entendue. Si vous le rencontrez, et que vous lui demandez-lui comment il va, vous n'aurez pas besoin de réponse. Son enthousiasme et ses yeux répondront pour lui. Etienne est quelqu'un de passionné, et de tellement passionnant !

Sachez tout de même qu'Etienne Caprin s'est plié aux nouvelles contraintes de l'ITU. Ah vous ne saviez pas… moi non plus : l'ITU a tout simplement obligé les handi affublés d'un fauteuil , à courir comme les valides. Pour la natation et le vélo rien ne change, mais cette nouvelle position debout pour la course à pied va changer la donne. Lève-toi et marche a dit l'ITU. Fini le fauteuil, rangé, au placard. Désormais Etienne court. Cette année il a couru le marathon de Paris en 5h50, a conquis les titres de Champion du Monde de Duathlon LD et de Champion d'Europe de Triathlon CD. Il court. Il court après un besoin maladif de faire reconnaitre son sport. Handicapé ou pas, l'important est de créer une dynamique de reconnaissance du triathlon. C'est ça qui intéresse Etienne. Pas d'autre chose.

Ne lui parlez pas de sponsors et d'argent, il n'en a pas besoin merci pour lui (entre parenthèses Etienne doit être un des rares triathlètes français à gagner TRES bien sa vie). Non pour Etienne ce qui importe c'est le tri. Rien que le tri. Parce que c'est sa vie.

Ses rêves ? Aller enfin à Hawaii. Mais c'est plus compliqué pour Etienne que pour un valide : la WTC ne veut pas de lui en tant que handi. Même le grand Mark Allen a tenté de plaider en sa faveur… en vain.
Pas grave, Etienne ira à Londres, en 2012. A 54 ans, il vise ni plus ni moins la médaille… d'or !

Pour la petite histoire, Etienne sera bientôt l'heureux papa d'une petite fille. A 50 ans, quel plus beau cadeau ?

Retrouvez Etienne sur son site, et laissez-lui un message
... et n'hésitez pas à laisser vos commentaires dans la rubrique en bas de page
> fin de l'article

commentaires


Pas de commentaires pour le moment

Ajouter un commentaire :

Vous devez posséder un compte et être authentifié pour déposer un commentaire.