Lorient, du bleu… presque jusqu'au bout
Photo par Xtriathlon
Toujours aussi bien organisés, les événements drivés par Eric Le Lostec sont un réel succès. Pourtant la tâche n'est jamais facile, mais les défis notre homme les aime, et les attire… L'étape de Coupe du Monde ITU ce samedi a été un grand moment sans aucune fausse note. Ou presque.
Car chacun pourra toujours trouver à redire : pas de présence du gratin mondial (absence de Fernandes, Snowsill, Densham, Docherty, Kahlefeldt, Frodeno, Whitfield…), une victoire française chez les hommes comme un bis-repetita qui rappelle un peu celle de… Lorient (pour les Monde LD 2007, même si la distance est bien entendu différente), un public pas très nombreux pour les filles le matin (heureusement la course des hommes a rattrapé cette fausse note), ou encore des tribunes médias où l'on avait la place, largement la place, pour prendre les clichés qui d'habitude nous font défaut.
Pourtant cette journée de samedi consacrée exclusivement aux élites fut un exemple d'organisation. Et le temps, splendide pour ces premiers jours d'automne, fut un atout majeur dans la réussite des courses. Le lac du Ter resta plat comme la main, le vent fut quasiment nul (à part l'après-midi où le thermique fit une timide apparition)… tous les ingrédients étaient donc réunis pour réussir une belle compétition.
Les adeptes du court ont pourtant été servis, sur une course sélective où les échappées sont souvent allées au bout de leurs tentatives. Deux boucles en natation avec le plongeon d'un ponton (marque de fabrique ITU), huit tours de vélo de 5km avec à chaque tour des "casse-pattes" qui en ont éliminé plus d'un, mais qui ont finalement ravi un public souvent un peu perdu dans le décompte, mais bon-enfant et très passionné. La course à pied quant à elle suivait le même schéma : quatre boucles de 2,5km avec à chaque fois un passage près de la ligne d'arrivée, garnie d'une moquette bleue du bel effet sur la totalité de la surface (ainsi que dans le parc à vélo).
La course féminine ne fut pas bénéfique à l'américaine Mary Beth Ellis, pourtant grande animatrice de la partie cycliste, et comme souvent dans ce genre de situation, ce sont les femmes en embuscade qui prirent le large à pied, la palme revenant à Jessica Harrison qui fut de bout en bout dans le groupe des leaders. Malgré cette belle performance, la Pisciacaise ne termine que troisième (son premier podium sur une étape de World Cup), la médaille d'or allant à la suédoise Lisa Norden qui réussit à repousser les assauts incessants mais à la finale infructueux de l'infatigable Kiwi Samantha Warriner.
Du côté masculin ce fut le jour des français. Tout d'abord ce fut
Aurélien Raphael qui fit parler ses fabuleuses capacités
natatoires, puis Fred Belaubre qui prit le large en compagnie de
l'allemand Stephen Justus lors des premiers kilomètres vélo.
Cette étincelle fut la seule que le Beauvaisien, décidemment bien
fatigué et démotivé en cette fin de saison, put produire
tout au long de la course. Il laissa le leadership changer de
mains sans batailler.
Mais qu'à cela ne tienne, ses potes de l'équipe de France
allaient faire le boulot. Ce sont alors Cédric Fleureton et
Sylvain Sudrie qui se présentent aux avant-postes, et qui ne
lâchent pas le morceau jusqu'à la seconde transition. Derrière ça
se bat, et ce sont encore des français, Tony Moulai et Laurent
Vidal, qui se distinguent. Derrière on se démène mais le groupe
de chasse d'une trentaine d'athlètes restera à 2 minutes et ne
reprendra pas les hommes de tête. Moulai revient alors sur
Sudrie, l'espagnol Rana vole comme au bon vieux temps de son
titre mondial en 2002, et Fleureton remporte sa première victoire
en World Cup depuis Cancun… en 2004 ! Mieux vaut tard que jamais
!
Alors elle est où la fausse note ? Qu'est-ce qui a cloché, et qui
a donné un goût amer dans la bouche des journalistes présents
?
Tout d'abord parlons rapidement des nombreux (trop ?) membres de
l'équipe dirigeante de l'ITU, qui se distinguèrent, certes
par leurs compétences et leur connaissance du plus
haut niveau, mais aussi et surtout par leur… autorité.
Le sentiment d'avoir été "fliqués" à chaque déplacement d'une
aire à une autre a été unanime et a fait grincer plus d'une
mâchoire. L'impossibilité de se déplacer – quitte à en être
reconduits manu-militari vers la sortie - sur des aires
aussi importantes que le parc à vélo, et donc d'être empêchés de
faire des photos dignes de ce nom, n'a pas plu à tout le monde,
et a rendu ceux qui sont censés rapporter une trace de
l'événement –les journalistes- très frustrés. Pourtant, après
quelques coups de gueule retentissants, certains des membres de
l'ITU faisaient contre mauvaise fortune bon cœur, en nous
accordant quelques moments en terre interdite. Je dois ainsi très
particulièrement remercier Peter Holmes, dirigeant à la
fédération de Triathlon Britannique et donc membre de l'ITU, pour
nous avoir aidés à avaler la pilule…
Bien sûr Eric Le Lostec n'y peut rien, et personne ne lui en
voudra. Il a fait, avec son équipe, un boulot extraordinaire, et
a prouvé une fois de plus que n'importe quelle instance
internationale peut lui faire confiance.
Le sentiment est que l'ITU a tendance à cadenacer le court, alors
qu'elle nous laisse libres de nos mouvements lorsqu'il 'agit du
long… leur long. Il serait tellement agréable de faire son métier
librement… L'ambiance générale n'en serait que meilleure !
Allez, on a tout de même fait de belles photos, au vu et au su des officiels… Mais au fait, qui est censé en ressortir grandit dans l'histoire ? L'ITU… ou le triathlon ?
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