Publié le: 12 Septembre 2008
Par: Penel Arnaud
Lien: http://runningmike.canalblog.com/
Mickaël en course à pied

Pluie et froid à Gérardmer

Photo par Sportograph

Gérardmer, championnat d'Europe de triathlon longue distance, est l'objectif de l'année pour des centaines de coureurs, dont notre forumeur Mickaël Grasmuck, allias Runningmike.

Retenu en groupe d'age (S4) comme 9 autres membres du CTA, j'ai eu l'occasion de vivre un grand moment de sport ce week-end. De souvenir, je n'ai jamais vécu de telles conditions météorologiques.
Retour sur mon week-end vosgien…

Vendredi :
Départ en convoi avec Laurent et Arnaud. Alain est parti en ouvreur. Arrivée sur Gérardmer à 13h. La météo est agréable, il fait 24°C, un peu de vent mais journée superbe. On commence à rêver pour le lendemain mais le canard local nous rappelle à la raison : temps instable !
L'après-midi est consacrée à la perception du dossard, des nombreux cadeaux de sponsors, de la visite du salon expo (où j'ai pu voir de belles roues carbones; future acquisition ?), à l'installation du vélo dans le parc puis à la pasta party. Christophe Herment de Metz triathlon avec qui je m'entraîne nous rejoint. Ça parle beaucoup du parcours, du dénivelé, des descentes, de chronos et des dangers du parcours si la route est humide.
Je ne suis pas rassuré, car je ne connais pas la course, n'aime pas les descentes et encore moins la pluie. Je sais qu'avec ma préparation sportive (de bonne qualité cet hiver mais perturbée par une blessure depuis le mois d'avril), il va falloir revoir les ambitions à la baisse. A priori, un chrono de 9h serait de bonne augure.
On se couche donc dans un superbe chalet, après avoir préparé les nombreux sacs de course et mis pas mal de vêtements chauds en prévision.

Samedi :
6h réveil, petit déjeuner collectif et découverte de la météo : pluie abondante !
7h, nous sommes près du parc à vélo. Il tombe des cordes ! Le ridicule ne tuant pas, je mets mon bonnet de bain (rose, violet fluo) sur la tête. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus chaud mais ça protège quand même.
Il faut se motiver et c'est sous une pluie persistante que l'on installe le matériel. Vu la météo, je prends l'option d'installer mon vélo comme pour un tri classique; à savoir, laisser les chaussures sur les pédales avec les élastiques, le casque, les lunettes et la ceinture dossard sur le prolongateur.
Ensuite, direction la tente de transition pour se changer. L'ambiance est morose. Ça ne déconne pas beaucoup !
Dans la cohue, je perds le groupe du CTA et me dirige seul vers la zone de départ.

La natation :
1 080 personnes, cela fait du monde et il est difficile de se reconnaître entre les bonnets, les combi et la pluie. Je me place sur la gauche avec Benoît et Gilles.

L'ambiance est bonne et nous réchauffe. Les pompom girls sont trempées et dégoulinantes de maquillage (c'est charmant) !

Le speaker fait son show et en quelques secondes, il réchauffe les troupes et la motivation refait surface.
Le départ est donné; et c'est parti pour 4 km.
L'eau est fraîche (17°C) mais la sensation est agréable car le lac est plus chaud que la température ambiante (11°C). Ce sera d'ailleurs, le seul moment de bien-être de cette longue journée.
La première bouée est à 1400m ce qui permet de nager en toute tranquillité sans prendre de coup. Je nage en souplesse et repense aux nombreuses séances d'éducatifs passées cet hiver (gestes souples, amples et économes). La natation se passe vite et bien malgré 2 crampes qui m'obligent à m'arrêter quelques secondes pour des étirements. Je sors de l'eau en 1h15' et à la 298eme place. Chrono plus qu'honorable et très satisfaisant (soit une moyenne de 28' au 1500 m; temps de référence sur triathlon CD; en résumé, je nage aussi vite sur 1500m que sur 4000 m).

Transition 1 :
Sortie de l'eau, combinaison vite enlevée, sac de transition emmené au vol. Je retrouve Arnaud et Gilles sous la tente. Je ne traîne pas, je mets juste un maillot de vélo et un gilet windstopper et me dirige vers mon vélo. Je mettrai mes manchettes sur ma monture. Je réalise le 22eme temps sur cette transition ! Moi, qui ne suis pas rapide, je viens de battre un record !

Le vélo :
Commence alors le GROS morceau de la journée : 120 km de parcours somptueux dans les ballons vosgiens avec 4 cols de renom à gravir 3 fois. Le reste du parcours est vallonné, des descentes dangereuses et des faux plats en plein vent où il faut méchamment appuyer sur les pédales pour bien vouloir avancer !
On a à peine 2 km pour sortir du parc, s'équiper, s'alimenter et se mettre en jambes avant de monter le Poli (1,5 km à 6,6% de moyenne). La première ascension se passe bien et sous la pluie (mais vous l'avez compris, elle nous accompagnera toute la journée sans nous laisser de répit !).
A peine sorti de ce premier col, je commence l'ascension du col des Feignes (3km à 5,8%). Ce passage est désagréable car je n'arrive pas à trouver le bon braquet. J'ai envie de mettre des dents et rouler mais il faut se préserver. Je monte donc au train puis bascule sur La Bresse. Cette longue descente (faux plat) se fait vent de face. Il est difficile d'avancer. Le vent est glacial. Les doigts des pieds et des mains sont gelés. Je redoute la crevaison car dans de telles conditions, il serait impossible de réparer et ce serait l'abandon assuré. Ensuite arrive la principale difficulté avec l'ascension de Grosse Pierre (6km à 5,3%) enchaînée, après une descente sinueuse, sur le col des Bas Rupts. Ce dernier col est plus un simple coup de cul mais avec la fatigue, je pense qu'il ne sera pas à négliger.

Le premier tour est effectué avec une moyenne de 28 km/h. J'ai eu l'occasion de me faire doubler par Gilles (Col des Feignes) et par David (Col de Grosse Pierre). J'attaque la seconde boucle avec les mêmes motivation et précaution dans les descentes. La même moyenne est réalisée au passage devant le parc à vélo. L'épreuve cycliste devient dure car je suis seul sur la route depuis près de 30 km, sous la pluie, le vent et dans les nuages. Le seul réconfort : les ravitaillements où de nombreux volontaires nous encouragent. Le 3eme tour se fait dans la plus grande solitude où je double des concurrents dans les côtes avant de les voir descendre en trombe en jouant avec les règles de la gravité. Je sens que je manque de foncier à vélo et ressens une baisse de régime dans la descente de La Bresse. La dernière ascension de Grosse Pierre fait mal, mais la fin approche.
Enfin, le vélo est terminé en 4h25' soit le 180eme temps (un peu plus de 27 km/h).

Transition 2 :
Je saute du vélo, laisse les chaussures sur les cales, donne ma monture à un bénévole et me dirige, tout en me déshabillant, vers la tente. J'y retrouve mon ami Jean. Quelques mots, il est gelé ! Je m'essuie les pieds pour mettre une paire de chaussettes. J'ai les gros orteils bleus ! Je suis content d'avoir des lacets élastiques car je tremble de froid et je n'aurais jamais su les nouer ! Là encore, je bats un record de vitesse sur cette transition en étant dans les 20 premiers.

Course à pieds :
Je commence la course avec 2 Groupes d'Ages (un tchèque et un espagnol). Ils partent comme des balles. Je préfère les laisser et me concentrer sur ma course. Le 1er km est passé en 5'. C'est une bonne allure que je vais adopter. Je fais vite un calcul et un pronostic de course. Bonne natation, un bon vélo, je peux tabler sur un chrono de 8 à 8h30.

Le parcours de 30 km est constitué de 4 boucles avec une première partie en ascension, une partie plane puis une descente de 2km sur la route pour rejoindre le centre ville. Je reviens sur le tchèque vers le 4eme km; trop vite, il grimace. Je me sens hyper bien, ne souffre pas musculairement ni cardiaquement. Je me sens dans un grand jour. Le premier tour est bouclé en 35' mais la descente m'a fait mal au bassin. Lors de la 2eme ascension, je ressens une douleur vive. Douleur qui se généralise dans la descente. Chaque pas me fait mal, la douleur est omniprésente dans la partie droite du bassin. Je termine ce second tour en 35'. A cet instant, je sais que je ne finirai plus la course en 8h05 mais bien plus. Je n'arrive quasiment plus à courir en côte et en descente et enchaîne la course et la marche; et quand je dis course, je devrais dire "trot boitillant et déhanché". Le passage le plus dur est la descente ou chaque pas devient insoutenable. Le 3eme tour est terminé en 1h ! L'espoir d'être sous les 9h est encore présent. Je m'accroche et lutte contre la douleur. David me double, il a terminé ! Peu après c'est au tour d'Alain de me dépasser, mais il lui reste encore 1 tour à faire. Puis c'est au tour de Benoît et de Laurent de me croiser (mais ces deux-là n'arriveront pas à revenir sur moi… enfin, il n'aurait pas fallu 200 m de plus!)

Je passe la ligne et suis finisher avec une course à pieds courue en 2h50' soit le 277eme temps.

Au final, je termine en 8h37'36" et occupe la 201° place au scratch et celle de 17eme Senior 4 pour le championnat des groupes d'ages.
Une fois la ligne franchie, je retrouve Laurent et Arnaud puis on s'empresse de rejoindre le parc, toujours sous un déluge de pluie, pour récupérer nos affaires et rejoindre le chalet.
Tout le CTA a franchi la ligne et rempli son objectif. La soirée fut consacrée à notre histoire, une bonne raclette et au Champagne.

37. DUQUESNOY David 7:41:18 7 S3H
96. SALLE Gilles 8:05:01 16 S3H
201. GRASMUCK Mickael 8:37:36 17 S4H
204. HULOT Laurent 8:38:49 18 S4H
209. BAPTISTE Benoît 8:39:54 17 S2H
253. GENIN Jean 8:50:04 23 S4H
288. GRANET Jean 8:59:48 24 V1H
306. DELISEE Alain 9:03:51 18 V2H
357. PIERRARD Arnaud 9:24:15 25 S3H
453. STAINE José 10:14:12 26 V2H

Enfin, je préciserai juste que seuls 542 triathlètes ont réussi à franchir la ligne d'arrivée !
Je remercie également tou(te)s nos vaillant(e)s supporters d'un jour pour avoir bravé les conditions météo afin de nous encourager. Merci à vous, car vos encouragements nous réchauffaient le corps.

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