Pluie et froid à Gérardmer
Photo par Sportograph
Gérardmer, championnat d'Europe de triathlon longue distance, est l'objectif de l'année pour des centaines de coureurs, dont notre forumeur Mickaël Grasmuck, allias Runningmike.
Retenu en groupe d'age (S4) comme 9 autres membres du CTA, j'ai
eu l'occasion de vivre un grand moment de sport ce week-end. De
souvenir, je n'ai jamais vécu de telles conditions
météorologiques.
Retour sur mon week-end vosgien…
Vendredi :
Départ en convoi avec Laurent et Arnaud. Alain est parti en
ouvreur. Arrivée sur Gérardmer à 13h. La météo est agréable, il
fait 24°C, un peu de vent mais journée superbe. On commence Ã
rêver pour le lendemain mais le canard local nous rappelle à la
raison : temps instable !
L'après-midi est consacrée à la perception du dossard, des
nombreux cadeaux de sponsors, de la visite du salon expo (où j'ai
pu voir de belles roues carbones; future acquisition ?), Ã
l'installation du vélo dans le parc puis à la pasta party.
Christophe Herment de Metz triathlon avec qui je m'entraîne nous
rejoint. Ça parle beaucoup du parcours, du dénivelé, des
descentes, de chronos et des dangers du parcours si la route est
humide.
Je ne suis pas rassuré, car je ne connais pas la course, n'aime
pas les descentes et encore moins la pluie. Je sais qu'avec ma
préparation sportive (de bonne qualité cet hiver mais perturbée
par une blessure depuis le mois d'avril), il va falloir revoir
les ambitions à la baisse. A priori, un chrono de 9h serait de
bonne augure.
On se couche donc dans un superbe chalet, après avoir préparé les
nombreux sacs de course et mis pas mal de vêtements chauds en
prévision.
Samedi :
6h réveil, petit déjeuner collectif et découverte de la météo :
pluie abondante !
7h, nous sommes près du parc à vélo. Il tombe des cordes ! Le
ridicule ne tuant pas, je mets mon bonnet de bain (rose, violet
fluo) sur la tête. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus chaud mais
ça protège quand même.
Il faut se motiver et c'est sous une pluie persistante que l'on
installe le matériel. Vu la météo, je prends l'option d'installer
mon vélo comme pour un tri classique; à savoir, laisser les
chaussures sur les pédales avec les élastiques, le casque, les
lunettes et la ceinture dossard sur le prolongateur.
Ensuite, direction la tente de transition pour se changer.
L'ambiance est morose. Ça ne déconne pas beaucoup !
Dans la cohue, je perds le groupe du CTA et me dirige seul vers
la zone de départ.
La natation :
1 080 personnes, cela fait du monde et il est difficile de se
reconnaître entre les bonnets, les combi et la pluie. Je me place
sur la gauche avec Benoît et Gilles.
L'ambiance est bonne et nous réchauffe. Les pompom girls sont trempées et dégoulinantes de maquillage (c'est charmant) !
Le speaker fait son show et en quelques secondes, il réchauffe
les troupes et la motivation refait surface.
Le départ est donné; et c'est parti pour 4 km.
L'eau est fraîche (17°C) mais la sensation est agréable car le
lac est plus chaud que la température ambiante (11°C). Ce sera
d'ailleurs, le seul moment de bien-être de cette longue
journée.
La première bouée est à 1400m ce qui permet de nager en toute
tranquillité sans prendre de coup. Je nage en souplesse et
repense aux nombreuses séances d'éducatifs passées cet hiver
(gestes souples, amples et économes). La natation se passe vite
et bien malgré 2 crampes qui m'obligent à m'arrêter quelques
secondes pour des étirements. Je sors de l'eau en 1h15' et à la
298eme place. Chrono plus qu'honorable et très satisfaisant (soit
une moyenne de 28' au 1500 m; temps de référence sur triathlon
CD; en résumé, je nage aussi vite sur 1500m que sur 4000 m).
Transition 1 :
Sortie de l'eau, combinaison vite enlevée, sac de transition
emmené au vol. Je retrouve Arnaud et Gilles sous la tente. Je ne
traîne pas, je mets juste un maillot de vélo et un gilet
windstopper et me dirige vers mon vélo. Je mettrai mes manchettes
sur ma monture. Je réalise le 22eme temps sur cette transition !
Moi, qui ne suis pas rapide, je viens de battre un record !
Le vélo :
Commence alors le GROS morceau de la journée : 120 km de parcours
somptueux dans les ballons vosgiens avec 4 cols de renom à gravir
3 fois. Le reste du parcours est vallonné, des descentes
dangereuses et des faux plats en plein vent où il faut méchamment
appuyer sur les pédales pour bien vouloir avancer !
On a à peine 2 km pour sortir du parc, s'équiper, s'alimenter et
se mettre en jambes avant de monter le Poli (1,5 km à 6,6% de
moyenne). La première ascension se passe bien et sous la pluie
(mais vous l'avez compris, elle nous accompagnera toute la
journée sans nous laisser de répit !).
A peine sorti de ce premier col, je commence l'ascension du col
des Feignes (3km à 5,8%). Ce passage est désagréable car je
n'arrive pas à trouver le bon braquet. J'ai envie de mettre des
dents et rouler mais il faut se préserver. Je monte donc au train
puis bascule sur La Bresse. Cette longue descente (faux plat) se
fait vent de face. Il est difficile d'avancer. Le vent est
glacial. Les doigts des pieds et des mains sont gelés. Je redoute
la crevaison car dans de telles conditions, il serait impossible
de réparer et ce serait l'abandon assuré. Ensuite arrive la
principale difficulté avec l'ascension de Grosse Pierre (6km Ã
5,3%) enchaînée, après une descente sinueuse, sur le col des Bas
Rupts. Ce dernier col est plus un simple coup de cul mais avec la
fatigue, je pense qu'il ne sera pas à négliger.
Le premier tour est effectué avec une moyenne de 28 km/h. J'ai eu
l'occasion de me faire doubler par Gilles (Col des Feignes) et
par David (Col de Grosse Pierre). J'attaque la seconde boucle
avec les mêmes motivation et précaution dans les descentes. La
même moyenne est réalisée au passage devant le parc à vélo.
L'épreuve cycliste devient dure car je suis seul sur la route
depuis près de 30 km, sous la pluie, le vent et dans les nuages.
Le seul réconfort : les ravitaillements où de nombreux
volontaires nous encouragent. Le 3eme tour se fait dans la plus
grande solitude où je double des concurrents dans les côtes avant
de les voir descendre en trombe en jouant avec les règles de la
gravité. Je sens que je manque de foncier à vélo et ressens une
baisse de régime dans la descente de La Bresse. La dernière
ascension de Grosse Pierre fait mal, mais la fin approche.
Enfin, le vélo est terminé en 4h25' soit le 180eme temps (un peu
plus de 27 km/h).
Transition 2 :
Je saute du vélo, laisse les chaussures sur les cales, donne ma
monture à un bénévole et me dirige, tout en me déshabillant, vers
la tente. J'y retrouve mon ami Jean. Quelques mots, il est gelé !
Je m'essuie les pieds pour mettre une paire de chaussettes. J'ai
les gros orteils bleus ! Je suis content d'avoir des lacets
élastiques car je tremble de froid et je n'aurais jamais su les
nouer ! LÃ encore, je bats un record de vitesse sur cette
transition en étant dans les 20 premiers.
Course à pieds :
Je commence la course avec 2 Groupes d'Ages (un tchèque et un
espagnol). Ils partent comme des balles. Je préfère les laisser
et me concentrer sur ma course. Le 1er km est passé en 5'. C'est
une bonne allure que je vais adopter. Je fais vite un calcul et
un pronostic de course. Bonne natation, un bon vélo, je peux
tabler sur un chrono de 8 Ã 8h30.
Le parcours de 30 km est constitué de 4 boucles avec une première partie en ascension, une partie plane puis une descente de 2km sur la route pour rejoindre le centre ville. Je reviens sur le tchèque vers le 4eme km; trop vite, il grimace. Je me sens hyper bien, ne souffre pas musculairement ni cardiaquement. Je me sens dans un grand jour. Le premier tour est bouclé en 35' mais la descente m'a fait mal au bassin. Lors de la 2eme ascension, je ressens une douleur vive. Douleur qui se généralise dans la descente. Chaque pas me fait mal, la douleur est omniprésente dans la partie droite du bassin. Je termine ce second tour en 35'. A cet instant, je sais que je ne finirai plus la course en 8h05 mais bien plus. Je n'arrive quasiment plus à courir en côte et en descente et enchaîne la course et la marche; et quand je dis course, je devrais dire "trot boitillant et déhanché". Le passage le plus dur est la descente ou chaque pas devient insoutenable. Le 3eme tour est terminé en 1h ! L'espoir d'être sous les 9h est encore présent. Je m'accroche et lutte contre la douleur. David me double, il a terminé ! Peu après c'est au tour d'Alain de me dépasser, mais il lui reste encore 1 tour à faire. Puis c'est au tour de Benoît et de Laurent de me croiser (mais ces deux-là n'arriveront pas à revenir sur moi… enfin, il n'aurait pas fallu 200 m de plus!)
Je passe la ligne et suis finisher avec une course à pieds courue en 2h50' soit le 277eme temps.
Au final, je termine en 8h37'36" et occupe la 201° place au
scratch et celle de 17eme Senior 4 pour le championnat des
groupes d'ages.
Une fois la ligne franchie, je retrouve Laurent et Arnaud puis on
s'empresse de rejoindre le parc, toujours sous un déluge de
pluie, pour récupérer nos affaires et rejoindre le chalet.
Tout le CTA a franchi la ligne et rempli son objectif. La soirée
fut consacrée à notre histoire, une bonne raclette et au
Champagne.
37. DUQUESNOY David 7:41:18 7 S3H
96. SALLE Gilles 8:05:01 16 S3H
201. GRASMUCK Mickael 8:37:36 17 S4H
204. HULOT Laurent 8:38:49 18 S4H
209. BAPTISTE Benoît 8:39:54 17 S2H
253. GENIN Jean 8:50:04 23 S4H
288. GRANET Jean 8:59:48 24 V1H
306. DELISEE Alain 9:03:51 18 V2H
357. PIERRARD Arnaud 9:24:15 25 S3H
453. STAINE José 10:14:12 26 V2H
Enfin, je préciserai juste que seuls 542 triathlètes ont réussi Ã
franchir la ligne d'arrivée !
Je remercie également tou(te)s nos vaillant(e)s supporters d'un
jour pour avoir bravé les conditions météo afin de nous
encourager. Merci à vous, car vos encouragements nous
réchauffaient le corps.
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