L'Aquathlon ne fait pas recette
Photo par Xtriathlon
Les Championnats de France d'Aquathlon se sont déroulés le week-end dernier sur la base de loisirs de l’étang Fouché. Vous le saviez, vous ? Non, avouez-le, à part si vous avez lu la newsletter d'Xtriathlon qui présentait cette course. Malgré cela le succès ne fut pas du tout au rendez-vous, puisque seuls 28 hommes et 17 femmes avaient fait le déplacement.
Ce total de 45 athlètes, toutes catégories confondues, reflète
bien le malaise de l'Aquathlon en France. Peu médiatisé par la
FFtri contrairement à d'autres manifestations comme les
triathlons de Paris ou de Bordeaux, l'Aquathlon est une
discipline qui doit se débrouiller seule, sans véritable aide
extérieure. En 2004, un aquathlète dans l'âme, l'Alsacien Olivier
Anguenot, nous confiait que "c'en était même une honte d'en être
à un tel niveau", allant jusqu'à comparer cette situation à celle
du duathlon les années précédentes. Et cela n'a guère
évolué.
D'ailleurs, rendez vous sur la page d'actualités du site de la
FFtri : pouvez-vous me dire où l'événement a eu lieu ? Non bien
sûr…
On ne peut pourtant pas jeter la pierre à la fédé. Car les Championnats du Monde ne sont pas mieux lotis. Seule une petite centaine de participants aux derniers Mondiaux à Monterey avaient fait le déplacement, alors qu'ils étaient encore près de 200 à Lausanne en 2006. De nombreux champions comme Sheila Taormina, Tim Don, Richard Stannard ou Sarah McLarty sont montés sur les podiums des Mondiaux d'Aquathlon, que trustent désormais, en leur absence, les Mexicains, avec quelques étincelles venues du Néo-Zélandais Brent Forster.
Tiens parlons de la Nouvelle-Zélande justement, où l'Aquathlon est beaucoup plus développé que dans l'hexagone. Il y existe des circuits spécifiques, structurés sous forme de cumuls de points sur plusieurs événements. De nombreux athlètes néo-zélandais ou australiens se servent de ces Aquathlons pour commencer leur saison en douceur. On peut même estimer que les meilleurs triathlètes mondiaux sont aussi les meilleurs aquathlètes.
Plus généralement, l'Aquathlon est avant tout un sport ludique, que chacun peut pratiquer sans contrainte : l'achat souvent démesuré du matériel en triathlon est réduit là à sa plus simple expression (une paire de jogging et un maillot de bain !), et il peut être pratiqué très tôt, prélude idéal pour les jeunes ou pour débuter dans le monde de l'effort enchaîné. Les distances pour c derniers ne sont que de 50 mètres en natation enchaînés à 400 mètres de course à pied… alors pourquoi hésiter ?
Le conseil d'un aquathlète à la fédé : "Rendre les compétitions plus attractives, plus ludiques : multiplier les épreuves combinant plusieurs séries, plusieurs challenges pour le grand public. Et aussi intégrer les Aquathlons dans la même journée que certains triathlons. Rien n’empêche, en effet, d’avoir dans la même journée un triathlon découverte, un Aquathlon et un triathlon pour les licenciés. Cela permettrait d’amener du public à voir, à découvrir et à participer à des Aquathlons".
Certains événements ont quant à eux tiré leur épingle du jeu, et
l'Aquathlon de Vittel en est le meilleur exemple. L'organisation
a fêté son dixième anniversaire cette année, et remettra le
couvert l'an prochain, le 1er mars.
Son secret ? Aménager des courses sous forme de vagues
qualificatives, jusqu'à la finale regroupant les meilleurs, mais
aussi faire participer les plus jeunes ou des personnalités. La
cerise sur le gâteau, c'est la présence chaque année de
nombreuses stars du triathlon francophone comme Vincent Luis,
Axel Zeebroeck, Frédéric Belaubre, Aurélien Raphaël, Julie Nivoix
ou Charlotte Morel…
Le succès de l'Aquathlon ne tiendrait-il qu'à ce petit fil, celui d'organisateurs passionnés et prêts à tout pour la pérennité de leur sport ? Oui, certainement. Manque donc un (gros) coup de pouce des instances fédérales pour qu'enfin l'action isolée de quelques fervents admirateurs soit transformée en essai gagnant.
J'allais oublier… Pour info, les nouveaux champions de France d'Aquathlon sont Laurence de Jaeghere et Jonathan Lardier. Ils devancent, chez les féminines, Charlotte Lancerau et Audrey Cléau, et chez les hommes Pascal Faivre-Pierret et Pierre Billa. Notre "consultant" Olivier Anguenot termine quatrième à 30 secondes du podium.







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