Publié le: 18 Juillet 2008
Par: Penel Arnaud
Lien: http://patrick-vernay.xtriathlon.com/
LE sourire de Patrick avant le passage de la ligne à Roth...

Moi c'est Hawaii, pas le record

Photo par QCR

En remportant son troisième Ironman en l'espace de 8 mois le week-end dernier à Roth, le Français Patrick Vernay nous a gratifiés d'une superbe surprise et d'une "course parfaite" comme il la qualifie. Rien n'était pourtant évident, car le champion n'aime pas la pluie et le froid…

Et une de plus dans l'escarcelle de Patrick Vernay ! Le Français est bien celui qui sera encore cette année LE prétendant tricolore au titre suprême.
Retour sur Roth, et un week-end dont ses adversaires se souviendront…

Xtriathlon : Je désirais te féliciter pour cette superbe perf à Roth, et cela au nom de toute la rédaction. Tu nous as fait vibrer, alors peux-tu nous faire un résumé de ta course, plutôt au niveau sensations, ce qui dû ne pas être simple par rapport à ton acclimatation…
Patrick Vernay : On peut dire que je n’étais pas plus stressé que ça avant le départ, simplement parce que je savais que les courses sous la pluie ne m’ont jamais réussi. Donc je me suis élancé pour les 3800m sans pression, pensant que de toute façon ce serait difficile de rivaliser avec les meilleurs et que j’aurais déjà fort à faire pour me battre face aux conditions météorologiques. Finalement en natation je n’ai pas eu de mal à suivre le train de mon groupe et en sortant de l’eau j’ai eu l’agréable surprise de compter parmi un groupe de très bons rouleurs. De suite j’ai su que j’avais de bonnes jambes et je me suis placé en retrait du groupe, mon but étant de tenir le plus longtemps pour aborder le marathon avec le moins de retard possible sur les leaders.

J’ai été le dernier à être lâché par Hellriegel vers le 160ème, et les 20 derniers kilomètres ont été laborieux, me faisant rattraper sur la fin par Jacobs et presque par Mac Donald. Néanmoins j’avais l’espoir d’aller chercher Sindballe qui ne pointait qu’à 8’ devant.

J’ai vu que ce serait dur dès les premières foulées en m’apercevant de la dureté de mes mollets qui avaient bien souffert du tempo imprimé par Hellriegel et surtout de la pluie. Je me suis dit que ce serait alors moins évident de courir en moins de 2h48 et heureusement que Sindballe était lui aussi encore plus collé. C’est Pete Jacobs qui a rapidement anéanti mes espoirs de victoire quand j’ai vu qu’il ne souffrait pas à mes côtés et qu’il a encore bien accéléré au semi dès que Sindballe a été en point de mire au bout du canal. Il m’a mis pas loin de 1'30" en 5 km et je ne pensais jamais le revoir. Je suis pourtant resté concentré et ce que j’espérais s’est enfin produit au 35ème  km quand j’ai vu l’écart entre lui et moi s’amenuiser rapidement. Il a payé son moment d’euphorie et a manqué de jus pour finir. Je l’ai passé au 37ème  et j’ai alors tout mis pour le distancer. Ce n’est qu’au 40ème  km que j’ai commencé à y croire et le dernier kilomètre fût inoubliable.

J’ai apprécié ce moment et quand j’y repense je suis encore tout excité et ému à la fois. Le nombre de spectateurs sur cette épreuve majestueuse, la qualité du plateau présent au départ et les conditions de course horribles auxquelles nous avons dû faire face, tout est  gravé dans ma mémoire et pourra m’offrir de grands souvenirs pour mes vieux jours.

Xtriathlon : Que penses-tu du record féminin, qui a été battu 3 fois dans le même week-end ? Penses-tu que cela peut influencer sur le fait de mettre plus de moyens pour battre le record masculin ? Penses-tu pouvoir l'atteindre (en as-tu envie d'abord) ?
Patrick Vernay : Le record féminin, je ne sais pas dans quelles conditions il a été battu. En fait je vois souvent comment se passent les courses chez les féminines et je ne sais pas si on peut se fier aux temps qu’elles réalisent. 

Je ne dis pas que c’est toujours le cas mais bien souvent ces dernières profitent des roues des catégories d’âges et les arbitres ont des scrupules à les sanctionner. On peut d’ailleurs mieux s’en apercevoir sur des  épreuves avec des départs différés.  A Hawaii par exemple, avec 15’ de retard entre les pros et les catégories d’âge, on s’aperçoit que les temps sont plus crédibles. Simplement parce qu’elles se font rattraper bien plus loin par les catégories d’âges après avoir roulé seules au moins 100 km.  Jusque là elles ont fait un vrai triathlon et ensuite seulement elles essayent de s’accrocher au wagon des catégories d’âges. Pour celles qui profitent de l’aide de ces derniers dès le début on comprend aisément leur capacité à courir un marathon en 2H54.

Cela dit ce sont des championnes quand même et elles m’impressionnent. C’est juste que l’écart entre les pros masculins et les pros féminines devrait être plus important qu’il ne l’a été le week-end dernier. Alors il faut se méfier des conditions dans lesquelles sont battus les records. Juste pour dire que je trouve un peu gros et je ne dois pas être le seul, de voir la première femme terminer à 25’ seulement de Sindballe, multiple champion du Monde ITU et 3ème  au dernier Hawaï.

Pour ma part, le record ne m’intéresse pas, c’est Hawaii qui prime. Trop de facteurs sont à prendre en compte pour battre un record. Le parcours, la qualité du revêtement de la route, l’orientation du vent, le taux d’humidité dans l’air etc… Et en plus il faudrait aussi étudier le cas du détenteur du record et le moment auquel il l’a réalisé dans sa carrière…

Xtriathlon : Avec deux victoires sur IM cette année, dont celle du week-end dernier qui est encore plus "retentissante" que l'Australie, tu vas avoir une grosse pancarte dans le dos à Hawaii !
Patrick Vernay : C’est certain que je vais être un peu plus surveillé mais de toutes façons il y en a déjà beaucoup qui commencent à me connaître et qui se sont aperçus de ma régularité ces derniers temps. Cela dit chaque course est différente et bien plus de choses peuvent m’empêcher de réussir que de faillir. Néanmoins je dois encore travailler à vélo et je commencerai les choses sérieuses dans 8 jours.

Xtriathlon : Vas-tu devoir gérer ça d'une autre façon ou bien iras-tu dans le même esprit que les années précédentes, ou tu n'avais pas intégré le top 5 ?

Patrick Vernay : Je ne vais rien changer. Il faudra juste avoir de bonnes jambes en sortant d l’eau, chose qui m’avait fait défaut l’an dernier. Après il sera nécessaire de reproduire la course de Roth, la course parfaite pour moi le week-end dernier, c’est à dire essayer de tenir le plus longtemps avec les gros rouleurs pour aborder le marathon sans trop de retard. Enfin, avec un an d’expérience et trois victoires de plus qu’en 2007, Hawaii devrait normalement mieux se passer. Mais comme je le dis toujours, rien n’est jamais écrit d’avance sur Ironman, alors on attendra et on verra.

> fin de l'article

commentaires


18 Juillet 2008, par : c est certain que la pancarte sera encore plus grande dans son dos à Kona, et c est certainement la meilleure reconnaissance de la part de ses adversaires!


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