Publié le: 18 Juin 2008
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Lien: http://www.sindballe.dk/
En route pour une troisième place à Kona 2007Le podium d'Hawaii 2008

Sindballe : notre sport est excellent pour l’esprit

Photo par Tony Svensson

Traduction(s) : en

Le Danois TorbjørnSindballe n'est pas forcément la "brute" qu'on imagine à vélo, avalant les kilomètres sans réfléchir afin d'arriver le premier sur la ligne d'arrivée. Le Danois est au contraire un homme sensible et intelligent, que son sport fait évoluer… à moins qu'il ne s'agisse du contraire !
Rencontre avec un athlète unique.

 

Bonjour Torbjørn. Tout d’abord, la rédaction te remercie de nous accorder un peu de ton temps malgré un emploi du temps chargé. Tout au long de cet interview, nous parlerons de nombreux sujets te concernant, en partant de tes débuts en triathlon jusqu’à tes objectifs 2008, et aussi en passant par ce qui fait de toi un athlète de classe mondiale.

Cette interview sera d'ailleurs scindée en deux, tant la teneur et l'enthousiasme de tes réponses ont été généreux.

Xtriathlon : Tu as pratiqué de nombreux sports avant de te mettre au triathlon (judo, football, basketball,…). Comment es-tu venu au triathlon?
Torbjørn : La première fois que j’ai goûté au triathlon fut lors de la journée sportive organisée dans mon école quand j’étais enfant. A cette époque, je nageais déjà depuis deux ans et comme j’avais commencé la natation un peu tard, je me suis vite orienté vers le triathlon. Je me suis inscrit au club local et j’ai tout de suite accroché avec ce challenge de gérer trois disciplines dans un seule course ainsi qu’avec l’esprit et l’énergie qui gravitent autour du triathlon.

Xtriathlon : As-tu une idole parmi les athlètes,  voire une personne en dehors du monde sportif?
Torbjørn : Je ne suis pas du genre à idolâtrer, mais beaucoup d’athlètes m’inspirent. Mark Allen, avec sa connexion corps/esprit et son approche simple et efficace de l’entraînement. Thomas Hellriegel, pour ses efforts que lui et d’autres athlètes Allemands ont faits au milieu des années 90 en explorant les limites de la performance humaine.

Je suis également inspiré par l’élégance d’athlètes comme Wilson Kipketer ou Miguel Indurain.

Si tu veux plus parler de ma philosophie, je suis un grand fan du concept « Flow », et essaye d’atteindre cela en ayant des objectifs clairs et des retours sur tout ce que je fais. Tout cela avec un ajustement permanent et journalier de manière à atteindre ce sentiment de plénitude.

Xtriathlon : Quels sont tes meilleurs et pires souvenirs en triathlon ?
Torbjørn : Ohh difficile à dire… Mais mes premiers Championnats du Monde en 2004 furent spéciaux puisque je revenais d’une sérieuse blessure à peine trois mois avant l'événement. Ma victoire au Half Ironman Californie en 2002 a été un grand moment aussi, ce n’est pas tous les jours que tu peux sortir des gars comme Craig Alexander, Tim Deboom et Cameron Brown. Ma victoire sur cette même course en 2005 illustra pour moi la course parfaite. Et enfin ma 3ème place à Hawaii l’an dernier, pas seulement pour le fait que je monte sur le podium de la plus prestigieuse course sur terre, mais également parce que je reviens de 5 ans de galère à cause de la chaleur.

Mes pires souvenirs sont les nombreuses blessures, les périodes de surentraînement, l’incertitude sur la gravité d’une blessure au début de celle-ci. Dès que tu sais ce qui ne va pas, et comment te rétablir, la vie devient beaucoup plus simple.

Mon échec de qualification pour Hawaii 2006 fut aussi très difficile. La course avait lieu le jour de mon 30ème anniversaire le 21 Octobre et je m’étais fixé comme objectif une victoire 3 ans auparavant. La raison de mon échec était le surentraînement, et cela reste une grande frustration.

La façon dont je vois tout ça est que je dois comprendre les mauvais moments de manière à vivre plus intensément les bonnes périodes. Une course gagnée facilement n’a rien à voir avec une victoire remportée après une grande bataille, que ce soit contre d’autres athlètes ou des conditions difficiles.  

Xtriathlon : Dirais-tu que l’Université a fait de toi un nouveau Torbjørn Sindballe ?
Torbjørn : Assurément ! Etudier le sport a été un grand terrain de jeu à tous les niveaux. L’environnement est fantastique et j’ai soudainement eu accès à toutes les bases de connaissances du monde dans les domaines qui m’intéressent. La connaissance sur le corps et les facultés d’analyse que j’utilise chaque jour sont nées à cette période de ma vie et cela m’a donné encore plus de motivation pour aller plus loin.

Xtriathlon : On peut voir dans ton planning de courses que tu as planifié les Championnats Danois de contre-la-montre. Participes-tu à beaucoup de courses cyclistes, fais-tu partie d’une équipe ?
Torbjørn : Non, je fais un contre-la-montre une ou deux fois par an. C’est excellent de donner tout ce que l’on a sur le vélo sans avoir à se soucier de la course à pied ensuite.

L’an dernier j’ai participé aux championnats Danois et j’ai terminé 13ème en battant quelques cyclistes pros. Donc cette année, j’espère m’améliorer encore.

Xtriathlon : Te sers-tu du contre-la-montre pour améliorer ta position sur le vélo, ton matériel, tests en soufflerie… ?
Torbjørn : Non, je dirais que c’est plutôt l’inverse. Ces domaines viennent plus du monde du triathlon que du contre la montre. Beaucoup de marques de vélo ont d’abord été des marques de triathlon et toutes les inventions que les triathlètes ont utilisées sont à présent utilisées par les cyclistes : guidon aéro, roues pleines…

Xtriathlon : La plupart des meilleurs triathlètes Ironman vivent aux USA ; et toi ?
Torbjørn : Ma famille et moi sommes très ancrés au Danemark et à la culture Danoise. Même si nous avons évoqué quelques fois le déménagement, nous n’avons jamais considéré que c’était la meilleure solution.

Nous avons de très bonnes conditions au Danemark, avec de supers entraîneurs, athlètes et infrastructures difficiles à égaler. Je me sens très bien au Danemark, même si ce n’est pas un pays très tourné vers le triathlon. Et aussi, les conditions climatiques me rendent plus fort !

Xtriathlon : Le triathlon n’est pas aussi populaire que le cyclisme ou le football et très peu d’athlètes peuvent en vivre. Gères-tu ta carrière seul ou as-tu une équipe autour de toi ?
Torbjørn : Comme je le disais, la communauté triathlétique au Danemark est très petite, ce qui m’a amené à gérer ma carrière seul, sponsors, relations presse. C’est devenu une sorte de petite entreprise pour moi puisque je considère que le sponsoring doit aller au-delà d’un simple logo sur un t-shirt. Je travaille beaucoup sur les tests et développements de produits, j’interviens dans des séminaires de motivation ce qui est un excellent stimuli pour l’esprit et permet de penser à pas mal de choses lors des longues sorties vélo.

D’un autre côté, c’est un vrai challenge de jongler avec les entraînements et la gestion de carrière. Habituellement, je m’occupe de sponsoring lors de la coupure et lors des périodes où l’entraînement est moindre. Ensuite je me concentre à 100% sur mes objectifs sportifs 2-3 mois avant les évènements. Tous mes sponsors le savent et respectent ce mode de fonctionnement puisque c’est aussi leur intérêt que mes résultats soient bons.

Xtriathlon : Tu viens juste de prolonger ton contrat avec un de tes principaux sponsors (ECCO). As-tu beaucoup de partenaires financiers ?
Torbjørn : Ces dernières années j’ai été raisonnable en termes de sponsoring et je suis très content de l’équipe qu’il y a derrière moi aujourd’hui. Dans un sport de niche comme le triathlon, et d’autant plus quand tu vis dans un petit pays,  c’est très difficile de vivre de son sport. Il a été nécessaire pour moi d’aller plus loin dans ce que je pouvais offrir à une entreprise par rapport à ce qui se fait habituellement dans ce cadre-là.

Dans le futur, j’aimerais que le triathlon prenne une part plus grande dans le monde de la santé et de l’exercice physique. Notre sport est excellent pour l’esprit, pas simplement pour les fans, mais aussi pour les personnes ne voulant pas faire plus de 2-3 entraînements par semaine.

Xtriathlon : Tu sembles être très impliqué dans la création de nouveaux produits pour tes partenaires ECCO et Craft. Quelles sont tes responsabilités envers eux ?
Torbjørn : Dans les deux cas, et aussi avec Argon 18, je suis intégré au plus près des équipes de développement. Je cherche continuellement comment améliorer les produits dans le moindre détail. J’ai beaucoup d’idées et ca motive les équipes de développement à aller encore plus loin. Je joue aussi un grand rôle lors des brainstorming et des retours d’impressions sur les produits pendant les phases de test.

As-tu des amis parmi des athletes comme Chris McCormack ou les Allemands Norman Stadler et Faris Al-Sultan…
La suite de l'interview bientôt !

Les informations Xtriathlon sur Torbjørn
Le site Internet de l'athlète

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