Publié le: 22 Mai 2008
Par: Penel Arnaud
Lien: http://www.magali-dimarco-messmer.com/
Magali lors d'une séance photo avec Xtriathlon

Magali Di Marco Messmer: confidences

Photo par Xtriathlon

A 36 ans, Magali Di Marco Messmer a encore soif de compétition et de victoires. Cet été, la triathlète neuchâteloise se rendra à Pékin en quête d'exploit. Confidences.

Elle nage, elle pédale et elle court plus que jamais. A 36 ans, Magali DiMarco Messmer soigne sa forme à l'approche de l'été. Son mois d'août, Magali ne le passera toutefois pas comme beaucoup d'autres femmes de son âge allongée sur un transat dans les Baléares. Son truc à elle, c'est plutôt l'effort extrême, la sueur et l'adrénaline.

Médaillée de bronze à Sydney en 2000, la Chaux-de-Fonnière installée à Troistorrents rêve de récidiver en Chine. Même si elle ne fera pas partie des favorites, elle croit dur comme fer à l'exploit olympique. Au bénéfice d'un début de saison idéal, à l'instar des autres triathlètes helvétiques, Magali DiMarco Messmer a mis tous les atouts de son côté pour Pékin. A un peu plus de deux mois du grand-rendez 2008, la jeune maman se confie.

Un exploit en chinois?
TXT: - Vous avez connu un début de saison idéal avec une 3e place lors de votre première course en Coupe du monde voici 15 jours. De bon augure pour la suite.
Magali Di Marco Messmer : Oui, c'est vraiment génial de commencer la saison avec un podium. Généralement, il me faut un plus de temps pour être au top de ma forme.

- Vous avez beaucoup progressé dans la course à pied, votre discipline faible jusqu'ici. Les espoirs les plus fous sont donc permis à Pékin cet été.
Magali Di Marco Messmer: Oui, tout est possible! Je ne pars pas favorite, loin de là, mais tout peut arriver dans cette course d'un jour et il faut y croire. Je travaille très dur pour cela.

Absente à Athènes en 2004
- En 2004, vous aviez manqué les JO pour ne pas vous être annoncée à temps dans le programme anti-dopage de Swiss Olympic. Pékin sera-t-il une revanche?
Magali Di Marco Messmer: Pas du tout. Je n'ai aucune rancœur à avoir. Quand j'ai repris la compétition il y a cinq ans, mon objectif n'était pas Athènes mais Pékin. Ca prend du temps de se reconstruire après une "pause" de trois ans.

- A Pékin, on annonce des conditions dantesques pour les athlètes. Est-ce que ça vous fait peur, d'autant plus que vous souffrez d'asthme à l'effort?
Magali Di Marco Messmer: J'ai une autorisation pour prendre des médicaments, ça ne devrait donc pas me poser de problèmes. Maintenant, nous savons à quoi nous attendre. Je me prépare physiquement et mentalement à affronter ces conditions extrêmes. Nous avons déjà pu tester les réactions de notre corps en laboratoire et Swiss Triathlon prépare au mieux notre acclimatation. Mais pour répondre à votre question, ça ne me fait pas peur. Dans le cas contraire, ce serait déjà bien mal parti!

- Les triathlètes seront en Corée du Sud avant la compétition, ne logeront pas au village olympique et ne participeront pas à la cérémonie d'ouverture. Ces JO, vous les vivrez d'assez loin...
Magali Di Marco Messmer: Je ne pense pas. Les JO, c'est quelque chose de spécial. L'encadrement ne sera pas du tout le même que lors des déplacements en Coupe du monde. D'assez gros moyens seront mis en œuvre pour nous assurer la meilleure préparation. De plus, nous serons une véritable délégation olympique et nous ne serons pas les seuls à ne pas loger au village olympique.

- Et le parcours de ces Jeux, vous le connaissez déjà?
Magali Di Marco Messmer: Oui, et je l'apprécie beaucoup. Je l'ai déjà fait trois fois en Coupe du monde. Ca n'a jamais vraiment fonctionné, pour diverses raisons, mais je sais quelles sont les qualités nécessaires sur ce parcours. Je travaille donc avec des points de repère.

- Comment expliquez-vous que la Suisse, qui a un réservoir d'athlètes limité, fasse toujours partie des plus grandes nations du triathlon?
Magali Di Marco Messmer: Je dois dire que le niveau général de l'équipe n'a jamais été aussi élevé. Tant chez les hommes que chez les dames, les résultats de ce début de saison sont fabuleux. Les raisons de ce succès? Il est lié à l'approche du coach national, qui laisse une grande marge de liberté dans nos structures d'entraînement. Chaque athlète a en effet besoin d'un environnement différent pour exprimer totalement ses qualités. C'est à mon avis une des clés de la réussite en compétition.

- Vous êtes connue pour être dure dans l'effort. C'est un peu anachronique dans une société comme la nôtre...
Magali Di Marco Messmer: Oui, je suis toujours effarée de voir à quel point on inculque à la jeunesse cette notion de victoire facile sans effort. Par le passé, on valorisait davantage l'activité physique et le sport en général. Actuellement, ce n'est plus le cas. Pourtant, je suis convaincue que le corps est fait pour se dépenser et se surpasser.

- Y a-t-il du plaisir dans l'effort?
Magali Di Marco Messmer: Bien sûr. Le plaisir procuré par l'adrénaline et les endorphines ainsi que toutes les émotions du sport donnent envie de continuer.

- A 36 ans et après avoir déjà connu une première reconversion difficile il y a 7 ans, vous devez pourtant gentiment déjà penser à l'après-sport.
Magali Di Marco Messmer: Je n'ai pas trop en vie de répondre à cette question. Tout le monde me la pose. Mais actuellement, je suis en pleine forme et j'ai envie de me concentrer sur ce que je fais. En principe, j'ai prévu de continuer la compétition encore quelques années.

- Est-ce que votre médaille de bronze à Sydney vous fait encore rêver?
Magali Di Marco Messmer: Ca commence à sembler loin dans ma mémoire. J'ai l'impression que c'était quelqu'un d'autre même si ça restera toujours gravé en moi.

TXT. Propos recueillis par Samuel Jaberg
Source : http://www.tsr.ch

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