Publié le: 11 Mars 2008
Par: Penel Arnaud
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La ligne d'arrivée... le graal !Se faire accompagner, indispensable au Norseman !

Norseman, l’incontestable Ironman 2/2

Photo par Laurent Planes

Le Norseman, désormais célèbre Ironman disputé en Norvège, ne peut pas être comparé à un autre événement Ironman. Ici pas de plateau de stars, pas de milliers de participants. Les difficultés du Norseman font tout simplement de cette compétition une course à part, et de ses participants des triathlètes hors du commun. Laurent Planes y était, et relate pour Xtriathlon des moments intenses et exceptionnels. Petite précision, l’assistance est autorisée, vous comprendrez pourquoi…

J'arrive enfin à la zone de transition et je dis à Jérôme et Laetitia que je n'en peux plus, que je ne me sens pas de partir sur la course à pied et que j'arrête là...
Ils me disent que non et m'amènent à ma place dans le parc à vélo... Je n'y fais pas trop attention mais l'endroit est joli, le parc est installé dans l'herbe, en bordure d'un lac. Là ils me prennent complètement en charge, me déshabillent, me sèchent, me rhabillent, me font manger et boire, me réchauffent... Ils font des miracles ! En 10 minutes ils me remettent sur pieds et me donnent suffisamment de courage pour repartir, au moins les premiers kilomètres et voir ce que ça donne...

Je pars donc sur le marathon. Jérôme m'accompagne en courant pendant que Laetitia prend le camion avec les petits. La pluie s'est arrêtée. On court le long d'une route, c'est plat. Les premiers kilomètres se passent bien. Je me suis habillé long de peur d'avoir froid mais j'ai vite chaud, les conditions ne sont plus les mêmes que sur la fin du parcours vélo...
Je me sens bien, j'ai un petit rythme, on discute avec Jérôme... Au 5ème km Laetitia le remplace et Jérôme reprends le camion. Petit ravito... Ils vont se relayer ainsi pendant tout le marathon. Heureusement qu'ils sont là, ça fait du bien... Les enfants m'accompagnent aussi de temps en temps, ils participent à la course... Les km défilent, doucement mais sûrement. Je boucle le premier semi en 2h20, avec les ravitos ça donne un rythme correct, pas trop rapide. Je commence à avoir les jambes qui tirent un peu et chaque ravitaillement me donne l'énergie nécessaire pour repartir. Tout va bien jusqu'au km 25. Au 22 on double un français, Eric rencontré avant la course à Eidfjord. Il n'a pas vu son équipe suiveuse depuis un moment, il est déshydraté et un peu à la ramasse. Laetitia le prend en charge au camion, le fait boire, manger, et il repart bon pied bon œil ! Les choses se corsent à partir du 25ème km. Là on prend une petite route sur la gauche. On attaque la montagne. Une route qui monte à 8 ou 10%. On ne court plus ici, on marche... Cette partie s'appelle « Zombie Hill ».

Elle porte bien son nom. Ca monte pendant 7 km, jusqu'au kilomètre 32. Laetitia me tire et me pousse avec ses encouragements, elle n'arrête pas. Une Norvégienne nous double, elle va deux fois plus vite que moi et fait des pas de danse quand elle arrive à hauteur de son équipe. Ils sont fous ces Norvégiens ! Elle est vraiment impressionnante.

Arrive enfin le km 32. Là il y a un petit ravito et un des organisateurs s'approche de moi. Il commence à me parler mais je ne comprends rien. Je lui dis que je suis français et que mon anglais est plus qu'aléatoire, ca fait rire tout le monde. Il me dit alors que pour moi ce sera tee-shirt blanc et m'indique la route de l'hôtel. Je suis hors délai pour le tee-shirt noir. Je ne verrai pas le haut de la montagne, mais en fait personne ne le verra, les conditions sont trop mauvaises et les tee-shirts noirs feront un aller-retour sur la route en bas. Ca veut dire aussi qu'il ne me reste que du plat pour terminer le marathon, ce qui n'est pas pour me déplaire. Jérôme remplace Laetitia à mes côtés et nous voilà repartis. Je trottine et ça ne va pas trop mal. La route est relativement plate jusqu'à l'hôtel, là on me dit que je dois retourner sur mes pas, la fin du parcours est un aller-retour sur cette route. On repart donc. Un peu avant le demi-tour on croise Jean Marc, qui a l'air bien. La nuit est en train de tomber, elle arrive pourtant tard en Norvège. La fin du marathon se passe sans encombre, et arrive enfin l'hôtel. Pour finir en beauté, l'arrivée est située en haut d'escaliers, et après les escaliers il faut escalader des palettes avant de passer la ligne. Là je prends la main de Laetitia (elle à laissé le camion pour passer la ligne en courant avec nous) mais je perds Jérôme dans la bataille, je ne dois plus être si clair que ça...

Voilà, c'est fini, on y est arrivé... Le passage de la ligne est vraiment un grand moment, où beaucoup d'émotions se mélangent, fierté, joie, soulagement, bonheur... Plénitude ?

Là les organisateurs me donnent un bol de soupe, elle fait du bien. Cristèle est là, j'apprends que Gilles n'a pas pu finir la course. Il a dû abandonner à 10 km de l'arrivée, c'est vraiment pas cool. C'est grâce à lui qu'on est venu faire cette course, et ça doit être dur d'échouer si prêt du but...

Il y a un buffet où les concurrents peuvent s'alimenter. Je rentre et vais me chercher une assiette. Je n'ai pas très faim. Je chipote, mais ça fait du bien d'être assis. La salle est surchauffée, et je commence à me sentir bizarre. Je décide de sortir et là je commence à partir dans les vap, c'est Jérôme qui est juste à côté qui me rattrape. Ca passe assez vite et il me sort pour que je prenne l'air. Dehors ça va mieux. Laetitia est partie chercher mon téléphone, j'envoie un message à ma chérie et à ma puce pour les rassurer. J'ai beaucoup pensé à elles pendant toute cette journée... Je commence de nouveau à ne pas être bien, j'ai froid et je grelotte. J'emprunte une couverture et Cristèle m'accompagne au chaud dans le camion. Là je m'enroule dans un duvet. Gilles est déjà endormi. On discute avec Cristèle, elle me raconte la course de Gilles. Puis je décide de me coucher, je n'en peux plus et je n'ai pas le courage d'attendre l'arrivée de Jean-Marc... Dodo...

En conclusion : c'est vraiment une course d'équipe, et je n'aurai jamais terminé si Jérôme et Laetitia n'avait pas été là. Merci. On ne serait jamais venu si Gilles ne nous avait pas parlé de la course. Merci. Je n'aurai jamais pu venir si Gilles et Cristèle ne m'avait pas fait une place dans leur camion. Merci... C'est je crois la plus belle course que je ferai... La plus dure aussi... Si je peux j'y retournerai...

> fin de l'article

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