Publié le: 04 Mars 2008
Par: Penel Arnaud
Lien: http://www.ironmanlangkawi.com.my
Roberto, night finisher à LangkawiRoberto Sery durant le marathonLe team RéunionRoberto Sery

Salaman datan… la Réunion à Langkawi

Photo par Team Réunion

Le team Réunion était présent pour le premier Ironman de la saison, en Malaisie. Ils s’étaient tous, les Sylvie, Brigitte, Soizic, Daniel, Jean, Dominique, Robert, Gérard, Philippe G, Phillipe L, Jean Marc et Roberto donnés rendez-vous un jour pour se retrouver sur un Ironman
Voilà c’est fait, tous d’horizons différents et avec des objectifs différents, et une envie commune de tous se retrouver à l’arrivée…

Avec pour certains leur 19ème Ironman et pour d’autres leur baptême de feu, c’est après avoir quitté la Réunion et rejoint la Malaisie qu’au premier soir la dose d’émotion et motivation fut une des plus fortes !

Nous sommes donc 15 réunionnais et 12 à participer à cette fameuse course internationale appréciée par tous et oh combien difficile comme affiche fièrement l’organisation : « The toughest show on earth ».

Nous voilà dès le mardi 19 février sur les routes de la belle Ile de Langkawi à faire notre reconnaissance vélo. Le parcours ne nous a pas semblé difficile au début mais à la longue, en faisant trois boucles nous nous sommes tous regardés et notre constat fut le même : cela va être dur avec la chaleur et soleil omniprésent et pas une ombre sur la route s’abriter. Il faudra absolument boire, s’obliger à boire… Le repérage en natation pour certains semble être leur principal souci, tandis que moi je préfére être à l’hôtel pour faire un peu plus de jus ; je suis confiant sur la partie natatoire et aussi ce qui va suivre.

Nous voilà donc le jour J au marquage après un réveil vers 4h00 du matin. Chacun se dirige vers sa place respective et on sent une certaine anxiété sur notre visage car nous nous posons tous la même question : « Mais comment va se passer cette journée? » En même temps nous nous réconfortons en nous disant : « C’est ma journée, elle m’appartient et c’est moi qui vais la contrôler.»

Plusieurs surprises ce matin tout d’abord : la rencontre avec le dossard n°410, le français Rudy Descamps que je connaissais à travers l’équipe ETC, la seconde c’est le bonjour matinal de Belinda Granger que je rencontre pour la troisième fois sur la planète tri : Nous nous sommes donnés rendez-vous sur le Challenge France le 25 mai 2008.

Nous voilà partis pour 3800m (plutôt 3950m car vu les chronos de tout le monde ont est tous sortis assez loin de nos temps habituels). Pour ma part je sors 166ème/703 de l’eau en 1h17, en même temps que Philippe Lauret, après avoir reçu un coup sur la tête vers les 800m, qui me fera voir de belles étoiles argentées et a failli me stopper là… Mais ma ténacité me ressaisi et me fait reprendre mes esprits. Devant moi, parmi les Réunionnais, étaient déjà sortis Daniel Bach (1h03), Jean Kreder(1h05) Soisic (1h06) et Robert (1h10).

Après une transition assez rapide, je prends mon vélo pour une petite boucle d’environ 9km sur les pentes derrière le Sea View Hôtel, avec des relances en haut de chaque vallon qui au bout de quelques minutes me feront dire qui faudra gérer ( !).

C’est vraiment parti désormais, avec trois boucles de 56km vallonnées (respectivement 15, 15, 26) et des faux-plats descendants et montants un peu « casse-pattes » comme diront les cyclistes. 30km/h de moyenne sur cette boucle de 60km, je persiste à dire qu’il faut que je lève le pied car je sens que mon niveau sous cette chaleur n’est pas capable de faire mieux, sinon c’est la surchauffe ou je vais « couler une bielle », je m’alimente en « noddles » au « spécial needs », tout les 56kms et une pipette de sur-dynamisant tout le long des 180kms. J’aurai à la finale consommé aussi 10 gourdes de 750ml de boisson, plus des gourdes d’arrosage sur tout le corps tous les 15 Kms. A noter que Faris Al Sultan me double au 75ème Km pour son dernier tour (130 Km) avec une moyenne de 40km/h et qu’ensuite Belinda granger me double au 118ème alors qu’elle roule en direction du parc. Entre temps je croise les autres réunionnais tout aussi concentrés sur leurs vélos respectifs. Les boucles se terminent et je rentre enfin au parc pour la dernière transition avant d’attaquer le « dernier plat de résistance » de la journée (le marathon). Il est à ma montre 16h30 et la température oscille entre 35° et 39°. Ma transition est normale, presque lente, mais avec des précautions pour éviter les gestes inutiles, afin d’éviter les crampes.

Me voilà parti sur la course à pied avec une moyenne de 10 km/h sur 10km et 9 km/h jusqu’au semi. Je croiser Philippe Lauret qui coure bien, en espérant qu’il fera un bon temps. Cela se confirmera par la suite (il vient de la course de montagne), Soisic avec une bonne allure, Sylvie également qui remonte petit à petit beaucoup de monde, Robert qui est toujours souriant : on dirait qu’il a fait ça toute sa vie ! Bon état d’esprit de groupe, bon soutien et émotion intense toute la journée.

Grosse déception quand j’apprends l’abandon de Daniel sur fourche cassée et de Jean au départ de la course à pied. Cela est bien dommage car j’étais heureux pour eux avant la course, convaincu qu’ils allaient réussir une performance dans leurs catégories. Hé oui c’est cela aussi le sport avec des déceptions et des arrêts non contrôlés. L’abandon de Dominique en vélo m’inquiétera pour lui car il avait la ferme volonté de finir, sa femme Brigitte qui était sur la course le vaincra vaillamment cet Ironman, pour lui et leurs enfants. Nul doute qu’il terminera son prochain « n’est-ce pas Dominique ? »

De mon côté, au 21ème se fit une véritable « course contre la montre » en marchant et courant sur une dizaine de kilomètres avec Gérard, vas y que je te double et puis il me redouble et cela va durer jusqu’à la fin pour donner l’avantage à mon compagnon de route en finissant à un peu plus d’une minute devant moi. Je termine 242èmesur 489 arrivants (il y aura 233 abandons), et 45ème sur 82 dans ma catégorie  40/44 (c’est ma dernière année).

Jean marc, Brigitte, Philippe Grondin arriveront plus tard.

Quelle joie de nous retrouver derrière les podiums, tous allongés avec un petit pot de crème glacée en nous mémorisant les aléas de la course. On pouvait lire sur le visage de tous qu’on avait accompli quelque chose de Grand.

L’ambiance entre nous durant ce séjour a été vraiment exceptionnelle, pas de compétition mais un certain respect, d’échange de convivialité.

En même temps nous nous donnons du recul sur ce que nous avons fait et ce qui reste encore à faire sur cette voie car nous ne sommes pas des professionnels du sport.

Que recherchons-nous ? Nous recherchons tous, ou chacun quelque chose de différent : une excitation sur notre vie de tous les jours ?

Je remercie tous les gens de près ou de loin qui ont contribué à ma réussite sur cette Ironman de Langkawi.

Une grosse pensée ma femme Camille qui n’a cessé d’être à mes petits soins à qui je dois beaucoup. Merci.
Roberto Sery

> fin de l'article

commentaires


Pas de commentaires pour le moment

Ajouter un commentaire :

Vous devez posséder un compte et être authentifié pour déposer un commentaire.