Le grand jour de Brown
Photo par IronmanLive
Après avoir gagné en Nouvelle-Zélande il ya un an, la chance de Cameron Brown avait complètement tourné. En fait, c'était même avant la course de l'année dernière que les choses avaient commencé à aller mal.
Une grippe tout juste écartée lui avait permis d'obtenir sa
sixième victoire à l’Ironman Nouvelle-Zélande en 2007. Une
blessure au pied l'empêchait ensuite de défendre à
l’Ironman Allemagne son titre de champion d'Europe, puis il
s'était retrouvé à nouveau malade à Kona – et cette fois, il ne
n’avait pas pu se défaire de la maladie, et avait été contraint à
l’abandon.
Il semblait donc que Brown aurait besoin d'un peu de chance pour
obtenir la victoire cette fois-ci, pour la simple raison que le
plateau rassemblé à l’occasion semblait très déterminé à le
mettre au défi jusqu’à la ligne d’arrivée.
Comme prévu, Kieran Doe le poussait dans ses retranchements grâce
à une très bonne natation et à un non moins excellent vélo,
essayant de prendre le plus d’avance que possible. Luke Bell
semblait pouvoir accompagner Brown dès le début de la course, ce
qui semblant aussi indiquer qu’une répétition du dramatique
marathon de l'an dernier allait avoir lieu.
Mais rien de tout cela ne se passait. Bell ne semblait jamais
dans le coup à pied, incapable de se remettre d’une pénalité
de quatre minutes écopée durant les 180km de vélo.
L’avance de Doe, de sept minutes à la seconde transition, était
annulée au semi-marathon.
Mais d’autres surprises étaient encore à venir. Frederik Van
Lierde enthousiasmait la foule en terminant second de son premier
Ironman, mais en ne contestant jamais le septième titre que Brown
obtenait au final à Taupo.
La chance n'a pas vraiment grand chose à voir avec cela,
cependant. Brown était tout simplement trop bon. C'est beau de
voir sa chance tourner !
Jo Lawn a toujours été la femme des défis. Tout au long de la
semaine, elle disait à nos confrères d’IronmanLive qu'elle ne se
souciait pas de faire partie du livre des records, comme pouvait
être la seule athlète féminine à gagner un même Ironman six
fois. Elle ne se préoccupait seulement que de gagner cette
course.
Kate Bevilaqua n’était évidemment pas d’accord avec les
observateurs qui disaient que Lawn était censée gagner. La
petite australienne, enseignante en éducation physique, avait
déjà battu Lawn au début de cette année au Port of Tauranga
Half-Ironman. A Taupo, elle revenait sur Lawn au kilomètre
27 du marathon, reprenant quatre minutes du déficit qu’elle
avait à la seconde transition.
Vous n’êtes pas quatrième à Kona (deux fois, rien que cela) si
vous n'êtes pas particulièrement forte. Vous n'avez pas gagné
l’Ironman Nouvelle-Zélande cinq fois dans être prête à vous
battre- en particulier lorsque le plateau semble plus compétitif
d’année en année.
Lawn allait donc prouver aux observateurs qu'elle ne manquerait
pas sa course à pied alors qu’ils disaient que c’était son point
faible. Au km36, après avoir lutté durant près de 10 km épaule
contre épaule avec Bevilaqua, Lawn décidait d’accélérer.
Elle prenait ses distances durant une ascension… et ne regardait
plus jamais derrière elle. Bevilaqua ne pouvait tout simplement
pas suivre Lawn durant les derniers kilomètres de la course,
terminant avec un peu plus de quatre minutes de retard. Mais elle
avait poussé Lawn à s’emparer d’un nouveau record, - un certain
hommage que la Kiwi lui devait bien après avoir remporté le titre
une nouvelle fois.
La course restera dans l'histoire comme l'une des plus excitantes
jamais vues ici, et pour Lawn le fait de revendiquer
qu’elle a bien sa place dans l'histoire de l’Ironman.
Nul ne pourrait être plus heureux qu'elle, après avoir réellement
été poussée dans ses retranchements pour une victoire amplement
méritée…
Lawn dit toujours clairement qu'elle rêve d'un grand jour comme
celui-là à Kona… elle a montré qu'elle a les qualités pour
réaliser cela un jour.
Résultats ici







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