La préparation pour un Ironman est longue et éprouvante, mais pas seulement du point de vue physique. La partie mentale dans ce genre d'épreuve est toute aussi importante que la partie physique. Beaucoup d'athlètes stressent, s'énervent, craquent et ne peuvent atteindre leur objectif à cause de cette surconsommation d'énergie.
Mark Allen nous donne ici 10 conseils pour se préparer mentalement à ce fameux de jour de course pour lequel on se prépare depuis plusieurs semaines.
Se surprendre à l'entraînement
Il faut des mois de préparation pour un Ironman. Beaucoup de ces
journées se ressemblent, mais d'autres sont particulières et
sortent du lot. Ce sont celles-ci que vous devez mettre dans un
coin de votre tête afin de vous les remémorer le jour de la
course.
Ces journées particulières sont ces entraînements où vous vous
sentez plus à l'aise que d'habitude, plus rapide
qu'auparavant.
Moins «boostantes» mais plus qualitatives sont ces journées
longues et difficiles que vous craignez mais que vous domptez
finalement.
Gravez ces moments dans votre mémoire et ressortez-les au moment
où vous en aurez le plus besoin pendant la course.
Dompter des jours difficiles à l'entraînement vous prépare à la
difficulté de la course.
Planifier des journées difficiles:
L'Ironman peut être une longue et douloureuse expérience. La
meilleure manière d'atteindre son objectif «temps» est de
s'entraîner à des intensités supérieures à celle du rythme de
course. Cela re-calibrera votre capacité à endurer un rythme
élevé et vous permettra de progresser.
A quoi ca sert?
Cela vous permet de calmer votre esprit et de trouver le rythme
qu'il vous faut, la vitesse et la puissance adéquates. Vous vous
sentirez beaucoup plus à l'aise en course car votre corps saura
que vous êtes capable d'aller encore plus vite. Votre perception
du temps est transformée, vous pouvez accélérer. Vous savez que
l'Ironman se fait à allure modérée, mais à présent votre allure
modérée est plus rapide.
Vous pouvez intégrer du travail de vitesse dans votre
préparation. On se demande souvent «Pourquoi courir une certaine
distance en 6' à l'entraînement alors que le jour de la course ca
va prendre 8' ou 9'?» La réponse est que votre perception du
temps est changée et que vous réalisez que vous pouvez tenir un
rythme élevé sur Ironman sans problème. Et sur Ironman, la
perception est la réalité.
Visualiser
C'est le b-a-ba pour venir à
bout d'un Ironman.
Visualiser encore et encore la façon dont vous souhaitez que la
course se passe. La mécanique est assez simple.
Prenez un moment à vous où vous pouvez laisser aller votre esprit
en imaginant comment vous allez vous sentir tout au long du jour
J. Utilisez des mots simples, des mots-clés qui décriront le
mieux chacune des étapes de la journée.
Une autre manière de visualiser la course est à l'entraînement.
Quand les choses vont être difficiles, comment allez-vous gérer
cela,... Gardez aussi à l'esprit ces moments d'entraînement où
vous devriez être au plus mal, mais que vous gérez sans problème
finalement.
Garder son énergie
Gardez votre énergie
pour avancer. Maintenir des pensées positives vous permet de
garder votre énergie pour vos muscles.
Garder des pensées positives tout au long de la journée est un
objectif louable, mais quand vous êtes vraiment dans le dur, il
est virtuellement impossible de le faire. C'est à ce moment là
que vous devez passer en mode "esprit calme". Quand vous voyez
que vous pensez trop et analysez trop, changer de mode et
observez sans analyser.
Suspendre tout jugement
Nous avons tous tendance à mettre une étiquette sur tout. Je
me sens bien, je ne me sens pas bien. Je suis fort, je ne suis
pas fort,... Arrêter de juger chaque événement vous permet
d'accorder plus d'importance à votre bien-être et de faire la
course de votre vie. Cela dit, gardez tout de même un peu de
jugement pour vous rendre compte que vous devez boire ou
manger.
Libérez-vous, soyez comme quelqu'un qui observe votre course sans
jugement sur la manière dont vous devriez vous comporter pour
faire une bonne course.
Rester calme
Vous énerver ne vous aidera pas à revenir plus rapidement, ou ne
vous fera pas apparaître dans le groupe que vous venez de louper
car on vous a nagé dessus. Restez calme au milieu du chaos.
Respirez fort. A chaque respiration vous devenez de plus en plus
calme. Le but est de se calmer en une seule respiration.
Travaillez cela à l'entraînement aussi.
La course parfaite
Flash info: Il
n'y a pas de course parfaite, juste celle que vous faites à la
perfection. Cela signifie que vous gérez toutes les situations
même si ce n'est pas votre fait comme louper votre ravito perso.
Suspendre le jugement et rester calme sont les clés pour la
course parfaite.
S'attendre à l'imprévu
Pour chaque
situation que vous avez prévue, il y a des dizaines de scénarii
possibles auxquels vous n'avez pas pensé.
S'attendre à tout vous permet de garder le contrôle de la
course.
Courir avec gratitude
C'est peu, mais
important. Pendant la course vous pouvez vous focaliser seulement
sur ce qui ne va pas et perdre de vue la chance que vous avez
d'être là. Personne ne vous a obligé à prendre le départ de la
course.
Vous êtes en vie et en assez bonne santé pour faire un Ironman
alors que beaucoup n'oseraient même pas y penser de toute leur
vie.
Par étape
Une journée d'Ironman peut être vraiment longue, et la distance
d'un point à un autre peut sembler une éternité, surtout si vous
êtes loin de tout ce que vous avez visualisé ou prévu. C'est le
moment de découper en petits morceaux ce qu'il vous reste à
faire, et faire un deal avec vous-même pour atteindre le ravito
suivant, puis le prochain,... et ce jusqu'à la ligne
d'arrivée.
Jusqu'à l'arrivée et un peu plus
Avez-vous déjà remarqué que la plupart des drames sur Ironman se
situent à quelques mètres de l aligne d'arrivée ? Il y a des tas
d'explications à cela, et en voici une.
Nous sommes comme une voiture qui arrive à un stop. On ne freine
pas d'un coup, mais on décélère.
C'est exactement ce qu'il se passe pour nous d'un point de vue
énergétique. La ligne d'arrivée est le stop et on décélère au fur
et à mesure.
Mettez votre propre ligne d'arrivée 400m après celle de tout le
monde. Soyez sûr d'avoir encore assez d'énergie pour passer la
ligne officielle et atteindre la votre.
Cette technique toute simple peut vous faire sentir fort jusqu'au
chrono final.
Un dernier conseil pour courir à la perfection. Donnez-vous une
marge de 5%. Si vous voulez courir en 11h, entraînez-vous pour
courir en 10h40. C'est là votre assurance si les choses
deviennent vraiment compliquées.
Propos de Mark Allen pour Triathlete Magazine US, et traduits
par EXTERN-Mathieu Dussartre.
Pour plus d'infos sur les conseils de Mark Allen et ses boissons
énergétiques, rendez-vous sur www.markallenonline.com
Pour plus d'infos sur les conférences Mark's Sport & Spirit
Workshop, rendez-vous sur www.shamanism.com












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