La diététique du sportif
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Article généraliste s’il en est, nous allons traiter aujourd’hui d’une des phases les plus importantes pour le sportif et son alimentation, dans les deux périodes d'entrainement et de compétition.
L'alimentation avant, pendant et après
l'effort.
L'alimentation apporte les matériaux nécessaires à la
construction et à la réparation des structures de l'organisme et
assure la restauration des réserves énergétiques. Chacun d'entre
nous recherche un équilibre nutritionnel qualitatif par l'apport
de tous les éléments indispensables au maintien d'une bonne santé
- nutriments, vitamines, eau, sels minéraux - et un équilibre
nutritionnel quantitatif pour compenser nos dépenses énergétiques
quotidiennes auxquelles s'ajoute le coût de l'activité
physique.
L'équilibre alimentaire
La couverture des besoins alimentaires quotidiens est
assurée par une ration diversifiée qui apporte 1,5 litre d'eau,
350 grammes de glucides, 90 grammes de protéines et 80 grammes de
lipides (pour un adulte de 70 kg).
L'alimentation du sportif
La pratique sportive n'impose pas de grandes modifications
à une alimentation saine et équilibrée, exception faite des
épreuves de longue durée, et de celles qui se déroulent dans un
environnement particulier (montagne, milieu marin, etc.). Il
n'est donc pas nécessaire de parler de "régime pour sportif ",
mais d'adaptation de l'équilibre nutritionnel aux divers épisodes
de la vie sportive.
L'alimentation en période d'entraînement
Pour le sportif en bonne santé, elle assure la couverture
énergétique globale, le contrôle du poids corporel et la
préparation diététique à la compétition.
Ration alimentaire et couverture énergétique
globale
En moyenne, l'alimentation est très souvent identique pour
de nombreux sportifs, quelle que soit leur discipline. Seules les
exigences nutritionnelles de la compétition apparaissent plus
spécifiques. Le sportif mange plus que le sédentaire mais il
adopte les mêmes choix d'aliments. De ce fait, il reproduit les
déséquilibres de la balance énergétique constatés chez le
non-sportif :
- Apports insuffisants en glucides à absorption
lente: pain, riz, semoule, féculents, céréales, légumes secs,
pâtes, au bénéfice des "produits sucrés rapides " (sucre raffiné,
pâtisserie industrielle, bonbons, sodas, fast-food) véritable
toxicomanie de certains sportifs.
- Corps gras d'origine animale consommés en excès (beurre,
huile, sauces, graisses de constitution de la viande et des œufs,
graisses de cuisson ou d'assaisonnement), au détriment des
graisses végétales et des corps gras apportés par les poissons et
les produits marins;
- Consommation trop importante de viandes (au détriment des
œufs, du poisson et des protéines végétales), de sel de cuisine,
de boissons alcoolisées (bière, cidre, vin).
- Apport insuffisant en fibres alimentaires (divers pain
complets, légumes, fruits) qui facilitent le transit intestinal,
et parfois en eau.
Il importe d'ajouter pour le (la) sportif (ve) une
déficience de certaines vitamines et de minéraux (groupe B, fer).
Mais ce point divise les nutritionnistes.
Les déséquilibres constatés sont en partie liés à deux
aspects de l'alimentation moderne.
Tout d'abord, dans notre société de "biens nourris", les
habitudes alimentaires du sportif, qui perturbent l'équilibre
nutritionnel, sont des erreurs par excès (surcharge calorique),
ou par déficit, dues à un manque de variété des produits ingérés
(mono-alimentation).
Ensuite, le "prêt-à-manger" industriel renforce un grignotage
envahissant pour certains pratiquants dont la ration, qui
comporte jusqu'à 40 % de "calories vides" (de vitamines, de
minéraux), est aux limites de la carence.
Le sportif aura donc le souci de diversifier son alimentation, de
rendre ses repas appétissants. En pratique, il peut s'aider de la
formule de Creff : le 421-GPL qui, par la variété qu'elle impose,
permet d'éviter bien des erreurs alimentaires.
Le 421-GPL
La formule propose une diversification des aliments, base
de l'équilibre nutritionnel. Les chiffres 4,2,1 représentent le
nombre de portions de chacune des familles G (Glucides), P
(Protéines), L (Lipides) qui doivent rentrer dans la composition
de chaque repas. Mais cet équilibre peut être réalisé sur
l'ensemble des repas pris au cours d'une journée.
La famille G comporte quatre portions: crudités, cuidités
(légumes ou fruits cuits), farineux (sucres à absorption lente),
sucres de digestion rapide.
La famille P comprend deux portions: protéines avec calcium
(produits lactés), protéines sans calcium (produits de boucherie,
de la pêche).
La famille L comporte une portion subdivisée en: pour
moitié de lipides d'origine végétale (huiles), pour moitié de
lipides d'origine animale (beurre).
Chaque portion ne doit pas être quantitativement trop
importante pour que toutes soient représentées et absorbées au
cours d'un repas ou d'une journée.
Le contrôle du poids
Dans certains sports, la croissance pondérale est
recherchée (lancers, hockey sur glace, ski alpin, sports à
catégories de poids, culturisme). Elle s'effectue tout
particulièrement au niveau de la masse musculaire par un travail
avec haltères.
Perdre du poids
C'est l'objectif poursuivi dans les activités où le transport du
corps représente un coût énergétique déterminant et dans les
sports à catégories de poids.
La gestion du poids est un objectif à long terme. Le
recours à un déséquilibre hydrique momentané (diurétique, sauna)
et aux anorexiques, impose un stress organique dangereux et
préjudiciable à la performance. Aussi l'amaigrissement progressif
est-il réalisé au détriment de la masse grasse dont les réserves
sont oxydées au cours des efforts prolongés (dépenser plus
!)
La préparation diététique à la compétition
La durée pendant laquelle peut être soutenu un effort
intense dépend nettement du stock initial de glycogène
musculaire. Ce stock est lui-même lié au régime alimentaire
précédant l'épreuve (équilibré, hyper- lipidique,
hyper-glucidique, régime dissocié scandinave). Les
expérimentations les plus récentes ne démontrent plus l'intérêt
d'une manipulation diététique de type dissociation. Par contre,
elles soulignent l'inconvénient d'un changement brutal
d'habitudes alimentaires et la variété des sensibilités
individuelles aux changements de régime. Il est important de
retenir qu'une alimentation normale, ou riche en glucides, permet
de restaurer en 24 heures un stock de glycogène. Le sportif
veillera donc à prendre un supplément d'amidon (100 grammes de
pâtes, de riz), la veille et le jour de la compétition (cf.
ci-dessus l'insuffisance de la ration spontanée en glucides
complexes).
L'alimentation au cours de l'effort
L'alimentation au cours de l'effort vise à réduire les
déficits liés à la dépense énergétique et à la charge thermique.
Mais l'activité digestive entre en concurrence avec le
fonctionnement musculaire. Aussi la ration ingérée doit-elle
minimiser les actions mécaniques et chimiques de la digestion.
Elle est liquide ou pâteuse, et directement assimilable. En
pratique, la ration de l'effort est une eau du robinet, fraîche,
glucosée (si la durée de l'effort dépasse une heure), consommée
régulièrement par fraction de 150 cl, dès la période
d'échauffement. Elle doit être agréable à boire.
L'alimentation de récupération
Après l'effort, la récupération de l'organisme est
facilitée par l'absorption d'eau à volonté, et par celle d'un jus
de fruit. La prise de sel est généralement une aberration. Le
repas qui suit l'entraînement ou la compétition est allégé et
digeste. Il comporte des sucres à absorption lente, peu de
protéines, et des liquides.
Ce qu'il faut retenir
En matière d'alimentation, ce qui est fondamental, c'est la
nutrition à long terme qui maintient le sportif en bonne santé,
couvre ses dépenses énergétiques, facilite sa récupération.
L'alimentation au cours de l'effort limite la déshydratation et
retarde la baisse des réserves de glycogène.
Pour en savoir plus...
APFELBAUM (M.) et coll. - Dictionnaire pratique de
diététique et de nutrition. Paris: Masson, 1981
CREFF (A.F.), BERARD (L.). - Manuel pratique de
l'alimentation du sportif. Paris: Masson, 1980.
DE ROSNAY (J.). - La mal bouffe. Paris: Olivier Orban,
1979.
LECERF (J.M.). - Manger autrement. Lille: Institut Pasteur,
1984.
PERONNET (F.) et coll. - Le marathon: équilibre
énergétique, endurance et alimentation du coureur sur route.
Paris: Vigot, 1983
Auteur : Antoine Egiziano
http://www.santesportsociete.fr/index.html












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