Les fêtes sont là, et nombre d’entre vous sont prêts à commettre de petits impairs dans leur préparation. De plus la période est plutôt propice aux réunions de famille, ce qui ne facilite pas les sorties cyclistes. Qu’à cela ne tienne, le home-trainer est là et va vous permettre de vous renforcer grâce à des séances de PPG, qui vous sembleront très vite… indispensables !
La muscu sur home-trainer… non, non, inutile de vous imaginer
monter sur votre destrier à domicile avec des haltères aux mains.
Simplement, la PPG nous prépare comme son nom l’indique, de
manière générale, alors que l’on peut commencer à introduire une
notion de spécificité grâce à ce formidable mais terrible outil
que peut être le home traîner.
Partons toujours du postulat de base qui dit que : «
PUISSANCE=FORCE X VELOCITE ». Commencez par analyser vos qualités
et axes de progrès sur la partie cycliste de vos épreuves
passées. Trois possibilités s’offrent à vous :
1) Soit vous êtes plutôt véloce, et le fait
d’enrouler du braquet vous donne « les grosses cuisses ». Les
bosses sont des jeux pour vous, alors que les grands bouts droits
vous paraissent de longs moments de solitude. Vous trouvez que
vos cuisses manquent de volume, ou au moins vous estimez avoir
besoin de développer votre FORCE. Peut-être même dit-on de vous
que vous êtes un « GRIMPEUR ».
2) Soit à l’inverse, les braquets de fous sont
vos jeux préférés, sur le plat, on vous appelle « la mobylette »,
« Mr 53/12 » ou encore « cuisses d’acier », mais dès que cela
devient un peu vallonné, vos vérins se grippent un peu, et vous
avez du mal à retrouver de la souplesse dans votre pédalage. Vos
êtes alors classé dans les « ROULEURS ».
3) Soit enfin, vous êtes un véritable «
passe-partout », vous grimpez, roulez et tout ça à 40km/h de
moyenne. Dans ce cas, désolé, mais Hervé FAURE, Olivier MARCEAU,
Fred BELAUBRE, Sébastien BERLIER, Xavier LEFLOCH et autre René
ROVERA... cet article ne vous concerne pas !
Dans le premier cas, vous êtes un grimpeur et vous estimez
manquer de puissance. En fait, le terme exact est « de force ».
Pour cela, voici trois petits exemples d’exercices simples,
rapides, mais terriblement efficaces...et brûlants !
• 1’ / 1’ : alternez 1 minute de
surbraquet (50 < vélocité < 70 Tours Par Minutes) en
restant en endurance (allure 1) avec 1’ de vélocité « normale »
(de 90 à 105 TPM) toujours allure 1. Concentrez-vous sur la
fixation de votre bassin, le haut de votre corps doit rester
immobile. Commencez par 5 blocs, et augmentez progressivement
pour tendre vers 2 blocs de 6 répétitions, avec 5’ de récup à
vélocité>100 TPM.
• 1’/4’ : variante d’une séance à la mode chez
les pros sur route, mais plus facile à réaliser sans risque
sur le HT : mettez-vous en surbraquet et à une vélocité comprise
entre 50 et 60 TPM. Ne montez pas trop les FC, et profitez des 4’
de récup pour diminuer les braquets et revenir progressivement à
une vélocité supérieure à 90 TPM.
• Les pyramides : pas de KHEOPS hein !
Plusieurs variantes, mais le principe reste le même. La première
forme consiste à augmenter la résistance (ou le braquet) par
intervalle régulier (de 1’ à 2’) jusqu’au maximum, puis de
redescendre de la même manière. Encore une fois, pour être
efficace, ne montez pas les FC trop haut (on a le temps...) et
fixez bien votre bassin et le haut de votre corps. 5 paliers
montants, suivis de 5 paliers descendants, et voilà un beau bloc
de 10’ que vous ne verrez pas passer. Par contre, vous le
sentirez normalement ! La seconde forme consiste à alterner
résistance progressive et intervalle de récup. 1’ fort, 1’ de
récup, 1’ encore plus fort, 1’ de récup’ ...etc. A chaque fois,
la récup est faite pour retrouver vélocité et souplesse. Vous
pouvez également rester à une même résistance, mais augmenter le
temps d’effort : 1’ fort, 1’ de récup, 2 ‘ fort, 1’ de récup, 3’
fort, 2’ de récup. Et voila un autre bloc de 10’ « qui pique
»...
En fait, pour ce type d’exercice, on influe directement sur la
structure musculaire (on cible un certain type de fibre) dans un
certain type d’effort (à dominante concentrique) ? Les efforts
commenceront à être efficaces au bout de 6 à 9 semaines, le temps
que le système musculaire « s’adapte » à ce genre de
sollicitation. Pour augmenter l’efficacité de ces exercices, vous
pouvez essayer de les exécuter en enlevant une main du cintre et
sans bouger le haut du corps. Ca s’appelle « du gainage
»...
Dans le cas où vous êtes déjà « fort », mais où vous estimez
manquer de vélocité, bienvenue dans le monde terrible du chrono.
Chaque seconde pourra vous sembler une éternité… mais soyez
certains que le résultat sera aussi dévastateur pour vos
adversaires que les séances pour vos cuisses. Pour ces séances,
trouvez une résistance « relativement faible », qui vous permette
de ne pas trop monter en FC.
• Pour débuter, commencez par des intervalles
courts, voire très courts (et non, ce ne sera pas plus facile !).
Alternez 15’’ de survélocité (supérieure à 110) puis 45’’ de
récupération (vélocité de 85 à 95 TPM), sans modifier la
résistance. Faites de 4 à 6 blocs de 1’ pour débuter puis évoluez
pour terminer à 4 blocs de 6’, espacés de 4’ de récup’. (voila
40’ bien remplie et efficace, non ?)
• Variante de l’exercice précédent. La durée de
la récup’ est identique à la durée de l’effort, et comprise entre
15 et 30’’. Commencez par un bloc de 8 répétitions et augmentez
progressivement pour arriver à 2 blocs de 6 à 8 répétitions
entrecoupés de 2’ de récupération. Augmentez votre vélocité tant
que vous ne « sursautez » pas sur votre vélo. Encore une fois, le
haut de votre corps doit être le plus fixé possible. Servez-vous
de vos bras sur le cintre et utilisez le gainage que vous avez
soigneusement développé en PPG…Vous pouvez également allonger la
durée des efforts jusqu’à 40’’.
• Le principe du fartlek. Lors de vos séances
dites d’endurance (sur Home traîner, bon courage…), l’objectif
sera de rester à la même FC+/- 5 puls, toujours en endurance.
Toutes les 1 à 2’, variez votre vélocité (et adaptez la
résistance pour stabiliser votre FC). Passez de 85 à 105 puis à
90 puis à 110… au gré de vos sensations ! Sans programmer ces
variations (mais vous pouvez aussi les déterminez à l’avance !),
amusez-vous à « choquer » vos cuisses en usant de vélocité
résolument opposée : passez de 80 à 120, puis à 50, puis à 130,
puis à 90… en essayant de rester à la même FC. Vous verrez, les
secondes peuvent vite être très longues !
Dans ce registre d’effort, on touche au niveau « nerveux » de
l’effort, donc les adaptations risquent d’être un peu plus
longues à se ressentir (de 9 à 12 semaines). De toute façon, la
vélocité ne s’acquiert que très difficilement, donc armez-vous de
patience, et si vous sentez une déficience dans ce registre,
astreignez-vous à ce genre de séances. Certes, cela vous paraîtra
contraignant au départ, mais vous verrez, se sentir voler à vélo
est réellement grisant lorsque l’on parvient à concrétiser ce
genre d’efforts qui ne reste jamais vains.
Et comme toujours, n’oubliez pas, sur home traîner, la sudation
est toujours plus importante, alors n’oubliez pas de bien vous
échauffer (de 10 à 20’ au minimum), de bien vous hydrater (!), et
éventuellement de passer quelques précieuses minutes de
récupération et d’étirements à la fin de vos séances…
Le temps que vous aurez « investi » sur ce home traîner sera
autant de temps que vous gagnerez… lors de vos épreuves !
BONNES SEANCES ET BON COURAGE A TOUS
Mickaël Lecuivre












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