Publié le: 07 Décembre 2007
Par: Penel Arnaud
Les paysages de légende de l'ïle des Canaries

Lanza... j'ai merdé !

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Peut-on être déçu au passage de la ligne d’arrivée d’un Ironman ? Le sentiment de certains passe pourtant, après une course de laquelle on attendait plus, par la déception de ne pas avoir accompli son propre rêve. C’est ce que nous narre aujourd’hui Raphaël Mentrel, six mois après l’Ironman de Lanzarote.

Ca y est, je suis arrivé, avec 7 autres gars du club, à Puerto del Carmen. Ce n’était pas gagné d'avance car nous avons failli ne pas partir de Bordeaux… l'avion était trop petit pour emporter toutes les valises vélo. Après moult palabres, tout rentre dans l'ordre et nous nous envolons vers l'île magique. Voyage très long et c'est avec soulagement que nous découvrons notre appart' avec vue sur la mer.
Remontage des vélos qui sont intacts malgré la "délicatesse" avec laquelle ils sont brassés d'avion en avion par le personnel des aéroports…
 Jeudi, début du parcours vélo, en vélo, avec le groupe. Je me sens bien et même dans le faux plat montant vent dans le nez, j'avance bien. Petite balade jusqu'au parc de Timanfaya puis retour. 1h30' environ et assez souple. Après midi, direction La Santa pour récupérer les dossards et participer à la parade des nations ainsi qu'à la Pasta.
Vendredi, 1 tour du parcours natation. C'est beau, beaucoup de poissons bleus et de houle ; ça ne va pas être facile. L'après-midi c'est photos de l'île et reco en voiture de Teguise puis les miradors et le retour.

Samedi, jour J. Pas trop bien dormi. Je suis un peu tendu. Pendant le petit déj', je m'isole un peu de mes deux camarades pour lire les petits mots d'encouragements que mes proches m'ont remis avant de partir. Séquence émotion et je ne peux retenir quelques larmes. La pression monte, un peu trop même peut-être. Arrivée sur le site, tout le monde à l'air serein et prépare son matos dans le calme. Je fais pareil, j'aide une concurrente anglaise à gonfler son vélo et j'enfile ma combi.
Direction la plage où je décide d'aller me mouiller avant la course. L'eau est bonne et... agitée. Un détail, le vent souffle de sud-ouest, c'est à dire à l'envers par rapport aux autres années. La pression est de plus en plus forte, faudrait que ça parte maintenant.

Et ça part, je suis dans le sas des moins de 65' et ça part vite. C'est assez calme malgré le manque de place et l'étroitesse du sas et j'essaie de prendre les bons pieds. J'en ai pris, mais dans la figure. Je nage malgré tout dans des paquets en regardant bien la ligne d'eau pour éviter de zigzaguer. Le retour est difficile à cause de la houle contraire. J'ai l'impression de bien nager mais le chrono me prouvera le contraire : 1h17'. Je suis déjà loin de mes estimations pour la qualif'. Eric, avec lequel je sors de l'eau, me remonte le moral en me disant que j’allais faire un bon vélo. Merci Eric. Je me change et je coure à mon emplacement pour la grosse partie de la journée. Le vélo tant redouté, de par le dénivelé et le vent passera finalement très bien. Pendant les 120 premiers kilomètres, le vent est majoritairement favorable et c'est assez souvent que je mets tout à droite. Je remonte beaucoup de monde et je prends un réel plaisir sur ce parcours très sélectif mais aussi très beau. Je rattrape tous les gars du club sortis avant moi mais je prends un premier éclat dans la descente du Mont Haria. La montée du Mirador del Rio est un peu pénible mais ça avance quand même.
Le retour se fera vent défavorable et ce fût vraiment pénible. C'est long… j'aimerais bien arriver. Enfin, on rentre sur Puerto del Carmen et il y a déjà pas mal de monde sur le marathon. Je pose enfin le vélo et les premiers pas sont durs. J'ais du mal à me redresser.  Changement et je repars. ça va mieux  et je prends un bon rythme dès le départ mais il faut que j’aille aux toilettes. Fred D me passe, il entame sont deuxième tour et m'encourage. Je prends sa foulée. Je le suis mais le souffle est court et il faut vraiment que je pi.... Enfin les toilettes. Petite pose. Il fait une chaleur terrible là-dedans. Je repars, le rythme est bon et à la faveur des demi-tours, je vois que je reste  à distance de Fred. Je croise aussi Bruno M qui est très concentré sur sa course et il n'a pas l'air de s'amuser. Au gré des kilomètres, je rattrape Steph, le premier du club à ce moment de la course et je le double aux alentours du semi. C'est là que ça se gâte.  J'ai un peu mal aux cuisses, mais c'est normal et je ne suis plus dans les temps pour la qualif' (ça fait longtemps !) Je commence à marcher un peu plus, et encore un peu plus. Qu'importe le chrono maintenant, je veux finir. J'encourage les athlètes dans le même état que moi, mais aussi ceux qui sont dans leur dernier tour. Une dernière fois je vois Bruno. Il a tout enlevé, casquette et lunettes et il fait le forcing pour aller chercher le dernier slot de sa caté. Il y arrive le bougre, chapeau bas !

Fred a toujours une belle allure avec son bob vissé sur la tête mais aura moins de chance que son acolyte. Enfin le dernier demi-tour. J'ais toujours mal aux pieds, j'aurais du changer de chaussettes à T2 car elles sont pleines de sable. Je décide de recourir pour finir dignement ce bel Ironman. Je me fais doubler par Elise Caillet, ce qui me remotive. Je me surprends à courir à bonne allure malgré les cuisses douloureuses. Comme quoi, c'est bien la tête qui commande. Je finis la course isolé afin d'être le seul sur la photo finish.

Je suis très content d'arriver mais les sentiments éprouvés sont très bizarres. Je ne sais pas si ce sont des regrets, de la frustration ou le sentiment de ne pas avoir fait le travail qu'il aurait fallu durant la course. Tant pis c'est fais, je suis Lanzarote finisher mais une envie prédomine, c'est de le refaire et d'y réaliser une très belle course.
Tous les gars du club (en tout 8) sont finishers. Les Saintais aussi font du 100%. Mention spéciale à Bruno qui se requalifie pour Hawaii en 9h59', à Fred qui la rate de peu mais qui fait une belle course pour son premier Ironman.
Félicitations à tous les français qualifiés et aux autres.
Courage à ceux qui sont passés à côté comme moi ou qui ont été obligés d'abandonner (ce qui est pire). Il ne faut pas se laisser abattre et rebondir sur autre chose.
Il y avait une très bonne ambiance sur cette épreuve.
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les athlètes mais aussi les accompagnateurs, MERCI.  

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commentaires


10 Décembre 2007, par : raphiMalgrè tout, c'est une super épreuve et je vous la recommande chaudement.


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