Publié le: 08 Novembre 2007
Par: Penel Arnaud
Michael Lovato lors de sa victoire à l'Ironman Arizona 2006

Pourquoi l'Ironman ?

Photo par ASI Photo

La question que tout sportif peut avoir à se poser lorsqu'il débute le triathlon est bien celle-là : pourquoi en venir à des distances si extraordinaires que celles de l'Ironman ? Début de réponses ci-dessous…

Comment suis-je venu au triathlon? En 2002, lorsque je préparais le marathon de La Rochelle, je me suis dit que si je passais sous les 3 heures, je me mettrai au triathlon.

La course à pied, pratiquée seule, est un peu rébarbative et je voulais suivre les traces d'un ancien collègue de travail qui pratiquait le tri. Chose faite en novembre 2002, avec ce marathon de La Rochelle bouclé en 2h58'.

Désormais, je serais TRIATHLETE.
Ayant un goût assez prononcé pour l'ultra, je commençais mon apprentissage du triple effort avec dans la tête le souhait d'aller le plus vite possible sur la distance reine, l'Ironman.
Ces courses de "fous" fascinent et envoûtent. On ne peut pas rester de marbre en voyant ce que font toutes ces personnes très ordinaires à la base. C'est tout bonnement extraordinaire.

En croisant tous ces athlètes dans le "civil", on est loin de s'imaginer qu'ils puissent réaliser de telles prouesses. Que penser aussi des images, belles  et terrifiantes de Julie Moss, titubant, chutant, se relevant et ne sachant plus trop où elle va, à l'arrivée de l'Ironman d'Hawaii. La volonté de finir de cette femme est phénoménale. Que dire du Team Hoytt, ce père qui réalise le souhait de son fils handicapé de réaliser un Ironman.

Avec sa force physique et sa "volonté de fer", il tire son fils dans un bateau pneumatique pour la natation, il réalise le parcours vélo avec un "triporteur", son fils sur le porte-bagages, et court le marathon en poussant son fauteuil roulant. Bel exemple de courage, d'abnégation et de dont de soi. Le père a souffert pour son fils et non pour lui. Ces valeurs sont celles de l'Ironman.

Quand on décide de courir une telle épreuve, il ne faut pas avoir peur de se faire mal. On passe successivement, durant ces 10, 12 voire 15 heures d'effort, par des moments d'euphorie, de bien-être mais aussi de détresse. Qu'est ce qui peut bien nous faire continuer dans les moments de détresse ?

L'envie de se dépasser sans doute.

Pour paraphraser mon ami Thierry V, qui à écrit un superbe article dans Trimag N° 13 sur l'Ironman de Lanzarote intitulé "M le béni" :
"L'Ironman c'est une formidable école de courage et de détermination qui procure à ses "adeptes" un véritable sentiment de plénitude. S'accomplir par l'Ironman, c'est chasser les démons qui hantent nos vies extra sportives. Pratiquer l'Ironman, c'est renier tout autant le doute que la certitude, c'est révéler le caractère authentique de nos valeurs, c'est revendiquer une certaine appartenance à l'intérieur de laquelle chaque Finisher de chaque Ironman se reconnaît. Pratiquer l'Ironman, c'est démontrer que nos limites n'existent que dans nos craintes."


En lisant cela, on peut penser que pratiquer un tel sport relève de la psychiatrie. C'est  sans doute un peu vrai car les conduites addictives ne sont jamais anodines. Cependant, c'est une très belle façon de se réaliser, de se prouver que nous sommes capables d'accomplir des choses formidables.
Que l'on recherche le bien-être, une certaine façon d'exister ou tout simplement le plaisir de se dépasser, le triathlon Ironman est un formidable vecteur d'émotions, de bonheur et de joies intenses.


Pour toutes ces raisons, qui sont aussi claires qu'obscures, j'ai décidé de courir sur le circuit Ironman. En tout cas, une chose est sûre, si je pratique l'Ironman, ce n'est pas pour "me la péter" devant les autres, ni pour me pavaner.

C'est plutôt un voyage intérieur qui mène à la connaissance de soi, tout simplement.

> fin de l'article

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