Badmann… "Comme un soleil au fond de moi"
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Natascha Badmann, bientôt 41 ans, fait partie des meilleures triathlètes de la planète. La suissesse se confie avant l'Ironman d'Hawaii, son épreuve fétiche.
Natascha Badmann : 1m65 pour 52kg et 41 ans le 6 décembre. A
priori, ce profil en laisserait plus d'un indifférent. Mais gare
aux apparences car derrière le regard doux et la voix mélodieuse
de l'Argovienne se cache une dame de fer!
Sacrée sportive suisse en 1998 et en 2002, la triathlète
s'attaquera le 13 octobre à son 10e Ironman d'Hawaï.
Au menu: 3,8km de natation, 180 km de vélo et... 42,195km de
course à pied ! Seule Européenne à avoir inscrit son nom dans le
palmarès de cette épreuve (6 succès et 2 fois 2e), Badmann évoque
ses débuts, ses ambitions et le plaisir qu'elle éprouve à
concourir à Hawaii.
TXT: Pourquoi vous êtes-vous dirigée vers le
triathlon?
NATASCHA BADMANN: C'était avant tout pour perdre
du poids. J'avais rencontré Toni (ndlr:...Hasler qui est devenu
son entraîneur et compagnon). Il disputait un triathlon et je lui
ai dit que j'étais intéressée par ce sport. Toni m'a tout d'abord
appris à nager le crawl. Au début, le maître-nageur de la piscine
était inquiet car je n'arrêtais pas de boire la tasse (rires).
Pour ce qui est du vélo, je n'étais jamais monté sur un cycle à
plus de 3 vitesses. En fait, je n'avais pratiqué aucun sport
avant.
Vous n'avez commencé à pratiquer le triathlon qu'à l'âge de
24 ans...
NATASCHA BADMANN: Au départ, les plus critiques
estimaient qu'il était trop tard pour apprendre et atteindre un
bon niveau. Par rapport à d'autres triathlètes, il est évident
que j'ai débuté tard. Mais je suis moins usée, aussi bien
physiquement que mentalement. Je suis encore jeune sportivement
parlant.
Contrairement à certains athlètes qui ont commencé tôt, j'ai eu
une adolescence normale. Je suis allée en boîte quand j'étais
jeune alors que d'autres de mon âge s'entraînaient très dur et
faisaient beaucoup de sacrifices.
Vous fêterez 41 ans le 6 décembre. Quel est votre secret pour
garder une pareille forme?
NATASCHA BADMANN: J'ai réalisé que je n'ai plus
20 ans. Mon corps a logiquement changé. J'ai accepté mon âge. Le
côté positif est que je connais beaucoup mieux les limites de mon
corps qu'à mes débuts dans le triathlon. Je sais jusqu'où je peux
le pousser et quand il a besoin de repos. Ca c'est un énorme
avantage. Dans les moments de surchauffe, je ralentis la cadence
et je respire. Il y a un énorme travail mental que j'effectue
depuis de longues années.
Vous avez remporté les 6 épreuves auxquelles vous avez
participé en 2007 ! Tenez-vous la forme de votre vie?
NATASCHA BADMANN: L'an passé, j'étais en forme
aussi. Malheureusement, une bactérie à Hawaii m'a fortement
diminuée. Le succès est devenu inaccessible. Cela démontre que
même en forme, la nature reste plus forte que l'être
humain.
Comment faites-vous pour être plus rapide que l'année
dernière lors des mêmes compétitions disputées?
NATASCHA BADMANN: Après mon 10e rang obtenu à
Hawaï l'année dernière, j'étais un peu frustrée du résultat. Je
me suis alors quasiment tout de suite remise au travail.
Vous disputerez samedi prochain votre 10e Ironman d'Hawaï.
Des anecdotes particulières?
NATASCHA BADMANN: En 1998, lors de ma première
victoire j'avais éprouvé des émotions extrêmement fortes. J'étais
arrivée à un point pendant la course où je n'en pouvais vraiment
plus. C'était comme si je mourais. Et puis l'année dernière,
lorsque j'ai fini 10e, le public et certains concurrents n'ont
cessé de me motiver pour que je n'abandonne pas. C'était un
moment inoubliable.
Vous demeurez la seule Européenne à avoir remporté l'Ironman
d'Hawaï...
NATASCHA BADMANN: Je me demande parfois comment
j'ai pu gagner autant de fois (ndlr: 6 victoires).
Qu'est-ce qui rend cette épreuve si particulière à vos
yeux?
NATASCHA BADMANN: Chaque participant qui
franchit la ligne d'arrivée est en fin de compte vainqueur. Tous
les athlètes traversent des moments difficiles durant l'épreuve.
Le défi et la beauté de cette discipline est de surmonter ces
crises. Vous comprenez maintenant pourquoi les participants, du
premier au dernier, sont heureux lorsqu'ils franchissent la ligne
d'arrivée.
La notion de plaisir est un élément essentiel dans votre
philosophie. Quel sera votre but le 13 octobre?
NATASCHA BADMANN: Le premier objectif est de
savourer ce moment puis de disputer une course parfaite, au
niveau de la concentration par exemple. Cela ne signifie pas
forcément la victoire. Je veux être en accord avec mes émotions.
Je suis reconnaissante de pouvoir fournir un tel effort à mon
âge. Le jour de la course, j'éprouve d'abord du plaisir. Mais il
ne faut pas se leurrer. Ce n'est pas drôle toute la journée. Si
je me focalisais sur la douleur, je n'aurais aucune chance de
rallier l'arrivée. Je porte mon attention sur des éléments
extérieurs, tels que la mer.
Un mot de conclusion?
NATASCHA BADMANN: En langage imagé je dirais que
si je finis la course, j'aurai gagné une tarte au chocolat. Si je
m'impose, j'aurai la crème fraîche en supplément. En ce moment,
j'ai comme un soleil en moi. J'aimerais être animée du même
feeling pendant la course.
Source : http://www.tsr.ch





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