Vous êtes à Monaco…
Photo par Erik Clavery
Au loin, un magnifique voilier sur une mer azur à près de 23°. Le ciel n’est pollué d’aucun nuage, la température frôle les 30°.
Sur le quai, des bateaux tous plus démesurés les uns que les autres. Certains avec hélicoptère, d’autre avec des jets ski, mais tous avec à bord de superbes banquettes et des boiseries et cuivres étincelants. Sur terre de hauts immeubles, des voitures de rêve, le tout surmonté du Palais Princier.
Bref, voilà le cadre de l'Ironman 70.3 Monaco, l’un des plus beaux de la série, et certainement le plus difficile. Malgré une natation en eau limpide, le parcours vélo ne pardonne pas, avec ces 1500 mètres de dénivelé et ces descentes très techniques, et son parcours de course à pied en quatre boucles usantes dues à la montée finale que les athlètes empruntent quatre fois.
Lors de la conférence de presse, tous les favoris semblent sereins. Un plateau impressionnant est présenté : Lothar Leader, Chris McCormack, Kai Hundertmark, Marcel Zamora, Norbert Domnik, Hervé Banti, Patrick Bringer chez les hommes, et Imke Schiersch, Sibylle Matter, Alexandra Louison chez les femmes, tous avec un grand sourire aux lèvres.
Malheureusement, la nuit précédant la course, le vol de 17 vélos entache la belle fête qui se prépare. On compte parmi les machines manquantes celles de Chris McCormack, Kai Undertmark, Paul Amey. Malgré tout, à cette vue le matin de la course, Macca et ses acolytes gardent le sourire.
Pour leur permettre de prendre le départ, Yves Cordier se démène pour leur récupérer de quoi faire le parcours cycliste. Ils réussiront à trouver leur « bonheur » pour rouler sur des vélos d’emprunt dont juste les selles sont réglées.
7 heures du matin, la détonation retentit. Une vague de 800 participants s’élance dans la méditerranée depuis la plage du Larvotto, pour 2 boucles de 900 mètres. Au terme de la première boucle, Benjamin Sanson passe devant les pom-pom girls et un public nombreux, suivi à quelques secondes par un groupe composé de Sundberg, Macca et Zamora. Non loin derrière les athlètes se suivent rapidement.
Une trentaine de minutes plus tard, Benjamin Sanson sort de l’eau en tête. Malgré tout, après une longue transition, c’est Andrew Fargus qui sort du parc en tête avec sur ces tallons Sundberg, Macca et Zamora à 10 secondes. 1'30" plus tard, le premier groupe d’âge ferme la marche d’un groupe comptant Paul Amey, Sanson, Mike Aigroz et Renaud Cadière. Une minute s’écoule avant que Patrick Bringer accompagné d’un britannique s’élance sur le sélectif parcours cycliste. 1'20" après sort du parc le premier Monégasque, Hervé Banti en compagnie d’un belge, d’un brésilien et de Nicolas Lebrun.
Du coté des féminines, Sibylle Matter sort de l’eau avec une avance de 2' sur sa seconde, Sione Jongstra, et de 4'20" sur la top model allemande Imke Schiersh et Louisa Edmonston. La première française, la jeune Christel Robin sort avec 4'40" de retard, tout juste suivie d’Alexandra Louison.
Après 1h30 de course, les places se dessinent. Zamora prend le large dans la première ascension, Aigroz surprend et passe à la seconde place. Dans la première descente, la plus technique, Zamora chute légèrement. Il repartira. Aigroz profite de se désagrément pour passer devant. A l'arrière, Macca est à 5’10 dans un petit groupe qu’a rejoint Nico Lebrun.
Remis de sa chute, Zamora revient sur Aigroz dans la descente du col de Nice.
A 20 kilomètres de l’arrivée, dans le troisième et dernier col, Zamora garde 30" d’avance sur Aigroz et à la surprise générale, Lebrun pointe son nez à la 3ème place avec un peu plus de 3' de retard sur le premier. Banti et Macca suivent à près de 4'.
En parallèle, une grosse surprise du coté des femmes. Christel Robin a rapidement pris la tête pour ne plus la laisser durant tout le parcours vélo. Matter suit derrière à plus d’une minute après en haut du col de Nice puis Louison à 4'40" qui tente de contenir l’écart.
A 10 km de l’arrivée, dans la descente vers Monaco, Matter possède près de 2' de retard sur la jeune française alors que Louison, 4ème à 1' de Jongstra compte 6'10" de retard sur Robin.
Après une transition éclair pendant laquelle il glisse et tombe, Zamora part comme une formule 1 après 3h00 tout juste de course. Il possède 40" d’avance sur l’anglais Aigroz. Le trou est creusé sur le troisième, Lebrun, avec un écart de 3'36". L’italien Alessandro Degasperi s’élance à pied 4'10" après l’espagnol.
Zamora ne lâche rien. Il réussit à garder suffisamment de temps sur Paul Amey, auteur d’une très grosse remontée. Derrière Nicolas Lebrun, déjà sur le podium virtuel après le vélo, court après une deuxième place. Malgré son écart précédent de 3'36" sur Aigroz, il réussit progressivement à réduire celui-ci.
Pour les places d’honneur, la bataille fait rage sur le parcours de formule 1. Les places se dessinent après les abandons de Mike Aigroz et Macca parti à pied avec un large sourire et déjà psychologiquement hors de la course.
On retrouve ainsi derrière et à mi-parcours les Italiens Cigana et Degasperi pour les places d’honneur. Non loin derrière encore dans le top 10, deux français donnent tout, Bringer d’un côté, Banti pour Monaco.
C’est sous une forte chaleur que Zamora lève enfin les bras, après un exceptionnel "double doublé" Nice/Monaco 2006 et 2007.
Avec un vélo d’emprunt, Paul Amey réalise une extraordinaire performance en signant le meilleur temps du semi marathon en 1h12'32". Il termine à la seconde place d’un Ironman 70.3 qui restera dans les mémoires, à seulement 1'52" de la victoire.
Nicolas Lebrun réussi une grosse course à pied qui lui permet également de monter sur le podium à seulement 2'18" de l’impressionnant Marcel Zamora.
Derrière Hervé Banti termine à une belle 7ème place et restera comme le premier Champion de Monaco. Car l'Ironman 70.3 sert également de support au championnat monégasque.
Du côté des femmes, l’OVNI cycliste Christel Robin part pour la course à pied avec une avance de 1'15" sur Sibylle Matter. Alexandra Louison arrive après une interminable attente. Elle s’élance enfin sur la course à pied avec 5'25" de retard sur l’élève d’Yves Cordier. Un écart important à rattraper sur un semi marathon. Mais lorsqu’on connaît ses qualités qui lui ont permis de reprendre 15' à pied et ainsi de s’imposer lors de l’Ironman France, on ose croire que rien n’est perdu pour Alexandra.
Au fil des tours, les écarts évoluent fortement. Christelle perdant du temps sur Sibylle qui elle-même perd du temps par rapport à Alexandra Louison.
Au fil des tours le suspense grandit. Dans les 3 derniers kilomètres et en seulement quelques minutes, Robin voit finalement Matter puis Louison la doubler.
C’est dans ce dernier tour à la Hitchcock qu’Alexandra Louison voit la victoire s’offrir à elle après avoir chassé ses concurrentes. Elle l’emporte avec une course à pied de folie et un temps de 1h21’54’’.
Derrière Sibylle Matter s’empare de la seconde marche du podium grâce à une lutte très serrée avec Christel Robin qui empochera la médaille de bronze. Une magnifique place pour cette dernière qui n’est autre que la plus jeune concurrente pro avec seulement 19 ans.
Le soir même, les premiers « slots » hawaiiens sont distribués et on note la qualification anticipée pour 13 français. Avec notamment Alexandra Louison qui après avoir refusé son sésame pour l’édition 2007 des championnats du Monde, a accepté cette fois-ci sa place.
Pour l’accompagner dans cette catégorie pro, Nicolas Lebrun a gagné son billet de fort belle manière.
Parmi les groupes d’age, Alain Mérédith, Yves Tabarant, René Campana, Bruno Chabert, Eric Villena représenteront la France chez les Vétérans et Nicolas Petotot, Stéphane Briquez, Sébastien Stalder chez les séniors.
En femme, deux « vétéranes » feront partie de la fête, Jeanne-Yvonne Tucker et Dany Giorgetta.
Bonne chance à eux tous pour le 30ème anniversaire de l’Ironman d’Hawaii qui aura lieu en 2008 et bravo à tous les autres qui ont franchi la ligne de ce 3ème Ironman 70.3 de Monaco.










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