Que ce soit chez les hommes ou les femmes le 6ème Quelle Challenge Roth restera dans l'histoire. Roth, le plus populaire triathlon longue distance du monde, a célébré son sixième anniversaire en tant que course indépendante.
Mon objectif de la journée était de descendre sous les 10 heures sur L’Ironman de Roth (niveau international), et être le premier du club du Mulhouse Olympique Triathlon (meilleur club D1 en Alsace).
Wake up 3h30. P'tit déjeuner sympa puis direction Roth. Pas
de bousculade pour arriver au parc, tout est génialement
organisé. Le vélo est toujours là, parmi les 4000 autres, dont
600 Français venus vivre un moment inoubliable au sein de l’Usine
à rêves. L'ambiance est omniprésente avec des milliers de
décibels qui nous rappellent que l'événement est là, présent, et
que c'est à nous de jouer… Dernières vérifications…
6h00. Je rejoins la berge afin de prendre le départ et
m’échauffer. Les commentaires du speaker sont prenants, je suis à
côté de Damien Favre-Félix, 1er Français en 2006. J’ai
été classé en vague Pro, dû à mes résultats précédents, donc je
pars dans la première vague. Nous savions que l’ambiance allait
être exceptionnelle, mais là c’est fou, 28 chaînes de télévisions
dans le monde retransmettent la course. Avec un départ à 6h30 du
matin. C’est la plus belle épreuve d’Europe. Ces quelques mots
d’un athlète en pleurs suffisent à imager ce que tous les
participants de l’épreuve bavaroise ont pu vivre durant la
journée avec un plateau d’athlète professionnel digne d’un
championnat du monde.
Je nage bien, mon meilleur temps (à Roth) est de 56 minutes.
J'allonge les bras et laisse glisser au maximum. J’ai de
très bonne sensation, et je me dis qu'un temps canon est possible
! Dernière ligne… 58’20 minutes. Les bénévoles m'aident à sortir
de l'eau. Passage par la tente où on se change, aidés par les
bénévoles tous aussi gentils les uns que les autres. Casque et
chaussures, et c'est parti après 1'03" minutes de transition pour
la grande aventure.
Je m'alimente tout de suite, et le premier village rencontré me
donne le ton de cette journée. Wallesau, quelques maisons
plantées le long d'une route unique est "en feu" et les habitants
se sont préparés à nous accueillir. La course est vraiment lancée
et jamais on ne s'ennuie, tant le revêtement "rend" bien lors des
parties roulantes, et parait inexistant lorsqu'on est poussés par
tant d'acclamations. Lorsque vous avez le bonheur de passer dans
les villages, les crécelles redoublent de vigueur, les mains
géantes s'agitent, les hourrah vous poussent… Cela en devient
presque facile !
Je lève la tête, après un virage à 90 degrés, et là j'hallucine :
une ascension en forme d'entonnoir noire de monde se présente à
moi. En 2001, 2005 c’était déjà pareil. En aval l'entonnoir est
protégé par des barrières qui contiennent la foule en délire (ce
n'est rien de le dire, 50.000 spectateurs sont présents à cet
endroit sur les 150.000 recensés) puis les barrières
disparaissent en amont et la foule se rapproche, ne vous laissant
que quelques centimètres pour passer, en s'écartant à la dernière
seconde. C'est un moment fou, délirant, inimaginable et tellement
inhabituel que la difficulté n'est ressentie à aucun moment, même
lorsqu'on se retrouve sur le faux plat montant qui succède à cet
invraisemblable instant. On se croirait dans le Tour de France
lors des étapes de montagnes. On passera deux fois à cet endroit,
imaginez un peu… Au 2ème tour le vent se lève et c'est plus dur.
Par moment sur le plat j’étais debout sur les pédales ! Le super
chrono vélo ne sera pas là, mais j’améliore mon temps vélo quand
même par rapport à la précédente édition, de 3 minutes.
A la transition un bénévole m'aide à descendre de ma monture, et
s'occupe d'elle tandis que je cours me changer.
5h20 de vélo, soit 33,75 km/h de moyenne sur 180km, pas mal, mais
j’aurai pu mieux faire, sans ce vent et mes 7000 KM au
compteur.
Sortie de la tente après 2'01" minutes de transition. Je cours et
j’ai une très belle foulée sur le marathon. J'avale aussi des
gels et beaucoup d'eau mêlée. La forme est là. Schwand, au bout
du canal, au passage de l'écluse, est le village où je prendrai
le plus de plaisir. Je ne cesse de doubler et de redoubler
pendant tout le marathon, un moment d'euphorie qui "s'éternisera"
car de nombreux spectateurs m’encouragent en Allemand. Je ne
comprends pas un seul mot, mais vu l’intonation de leur voix, ce
n’est que du bon, il faut dire qu’en Allemagne le triathlon est
très populaire, comme en Australie, ce n’est malheureusement pas
le cas en France. L’ambiance est géniale et cette ferveur
Allemande, vous prend par les tripes. Je croise Damien, le
1er Français au classement, du club de Vesoul qui me
semble bien, puis le temps passe. Je suis au 20ème
kilomètre quand je reviens du premier demi tour et là les choses
se corsent, le vent se lève, je suis scotché. Mais comme plus
d’une fois sur le parcours, je continue sur ma lancée de la même
manière qu'au début. Je suis bien. Entre le 25ème et
le 30ème Km, le parcours monte dans la forêt, cela
devient dur, je sers les dents. Je n’ai pas le souvenir que
c’était aussi dur à la précédente édition. Je continue, au demi
tour du 30ème cela redescend avant d’attaquer la
remontée vers le canal et la montée dans le sous-bois. Qui a dit
que le marathon de l’Ironman du Quelle Challenge de Roth était
plat ? Après la traversée du sous-bois, je me retrouve à 2
kilomètres de l'arrivée, heureux d’en finir et d’avoir retrouvé
de meilleures sensations. Je rentre dans l’arène en finissant au
sprint ou je dépose 1 concurrent de plus, et là mon nom est
scandé par le public en folie. Le présentateur me prend par le
bras et me félicite en me tendant une boisson. Cette journée fut
longue, et pourtant qu'est-ce que ça a passé vite !
J'y ai véritablement pris du plaisir et je sais maintenant
pourquoi j'aime tant cette distance : elle procure des sensations
que nulle autre type de triathlon n'alimente. Elle nourrit le
suspens d'une journée extraordinaire et reste l'aboutissement de
tant de sacrifices et de renoncements… C'est aussi pour cela que
tant d'athlètes mettent un point d'honneur à rallier l'arrivée,
non pas pour le T-Shirt, non pas pour la médaille, mais pour leur
conscience de sportif et leur bien-être intérieur. Après ça, on
est en paix avec soi-même, différent. La distance Ironman du
Triathlon reste pour moi la distance Reine de notre
discipline.
Pas besoin de faire trois tours d'un stade de foot pour passer le
portail d'arrivée… La foule est immense, intense, et la
fourmilière que nous composions auparavant a maintenant changé de
physionomie : elle nous tend les mains, nous sourit, nous
congratule, elle nous aide, nous soutient et nous renforce dans
notre perception du triathlon et de la vérité du sport. Etre là
est bon, et arriver est une récompense que tous, ici présent,
nous offrent.
J'arrive en 3h33 pour mes 42,195km et 9h56 pour mon temps total.
Je fais 10 minutes de plus au total avec des conditions météo
plus dures, dont 12 minutes de plus sur le marathon (la barrière
des 10h est quand même battue, mais il me reste à analyser ma
course, le plus important pour moi, je suis un peu déçu…). C’est
une course qui requiert de la patience et chacun doit s'attendre
à être dans le dur lors de la course, avec des moments d’absence.
La soirée était festive avec un feu d’artifice et le dernier
Finisher.
D’un point de vue sportif, la course a été marquée par le coup de
poker réussit par l’Australien Chris Mac Cormack. Un one man show
dont il a le secret et qui lui permet de devancer les autres
stars en brisant une nouvelle fois la barre des huit
heures.
L’équipe d’assistance Mavic a coloré l’épreuve en jaune mais a
également prouvé une fois encore que l’assistance mécanique était
comme toujours de grande qualité et inégalable.
Je remercie tous mes sponsors de la confiance accordée.












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