Publié le: 10 Juillet 2007
Par: Bertho Jean-Marie
Sophie en compagnie d'Amandine Edel, gagnante de l'XTERRA TrégastelSophie au départ du parcours vélo de l'XTERRA Trégastel

Madame Sophie Piat…

Photo par Xtriathlon

Sophie Piat est une championne à part. Bretonne devant l'éternel, son pays de Saint-Brieuc lui a apporté un équilibre privilégié entre une vie de famille indispensable, et le triathlon, où elle est toujours… à bloc !

Il faut avoir nagé aux Rosaires en avril dans les eaux turquoise de la baie de Saint-Brieuc - après avoir contemplé à l’ouest Binic sous le vent - pour connaître le plaisir de se sentir vivant « ici et maintenant ». Il faut avoir traversé le pont du Gouët à vélo un jour de grand vent pour éprouver la puissance des éléments qui sévissent dans la région Briochine et en concevoir une grande humilité. Il faut enfin avoir couru sur le chemin des douaniers entre la pointe du Roselier où s’égaient les parapentes et Saint-Quay-Portrieux, pour prétendre avoir communié avec la flore luxuriante et tenace de cette magnifique côte d’Armor.

Ces terrains de jeux rudes mais authentiques, Sophie PIAT Vétéran au Triathlon Pays de Saint-Brieuc les connaît comme sa poche. Championne du Monde LD en V2 à Nice en 2002, elle en est un des cadres très écoutés. Elle y prodigue ses conseils en experte, goûte chaque instant avec un plaisir visible et communicatif, partage avec une générosité et une simplicité qui forcent le respect.

D’un homme on dit : « c’est une force de la nature ». D’une femme on préfère mettre en avant la force de caractère. En l’occurrence, Sophie ne manque ni de caractère, ni de « nature ». On ne demande pas son âge à une Dame, on l’écoute sagement. Dans le cas de Sophie, éventuellement en plus, on essaie de la suivre …

Xtriathlon : Sophie, raconte-nous ton histoire avec le triathlon.
Sophie PIAT : En fait, un jour, j’ai accompagné mes trois aînés (NDLR : Sophie est mère de 5 enfants) sur un tri scolaire à Vendôme. Un collègue prof d’E.P.S. était organisateur, j’étais bénévole. Ça m’a tout de suite donné envie. J’avais de solides bases en natation, mon sport d’origine, et je pratiquais régulièrement le footing. Il a pourtant fallu attendre deux ans, notre déménagement sur Saint-Brieuc et un soir d’octobre 1998 pour que je me jette à l’eau pour un entraînement d’essais avec le Tri P.S.B. L’ambiance m’a plu. Et voilà ! En 1999 je débutais sur le CD de Rennes avec un vélo d’occase, qui me sert toujours pour aller à mon travail au collège de Plérin-sur-mer !

Xtriathlon : Ton moteur, c’est plutôt le calendrier des compétitions ou l’art de vivre au quotidien qui découle de l’entraînement ?
Sophie PIAT : Le triathlon, c’est beaucoup de temps passé à s’entraîner. J’y suis très régulière et je les fais sérieusement mais je suis moins "à bloc" que sur un tri où je me donne chaque fois à fond. Mon plaisir, c’est d’être sur un tri. L’entraînement n’a d’intérêt que s’il y a des compétitions à la clef.

Xtriathlon : Tu finis 2nde à l'XTERRA Trégastel puis 2nde à « l’half » de Sizun sur MD. Ta saison se déroule-elle selon tes plans ?
Sophie PIAT : Je n’ai pas de plan. Chaque course est une expérience unique avec ses anecdotes. Comme à Vassivière en 2001 où je pars à vélo avec mes chaussures de CàP... Ou encore à Roth l’année dernière où je fais 60km avec des patins de freins qui frottent… Je n’ai aucune autre pression que celle de me faire plaisir. Cette année par exemple, je me sens bien dans l’eau comme d’habitude. Mais j’ai surtout d’excellentes sensations à vélo, comme jamais. Et si j’ai dû limiter mon entraînement à pied en raison d’une blessure au talon, mes résultats de début de saison me mettent en confiance pour Lorient et pour le reste de la saison.

Xtriathlon : Tu sembles avoir trouvé le modus vivendi idéal avec Jacques ton mari, également triathlète au tri Pays de Saint-Brieuc, qui prend part aux compétitions avec toi. Penses-tu que l’on peut approcher la parité dans notre discipline ?
Sophie PIAT : Je dirais même que les épreuves auxquelles je participe se déféminisent ces dernières années. C’est peut-être lié au niveau général qui s’élève et qui fait hésiter les filles. C’est un état de fait que je regrette, même si sur certaines épreuves particulières on peut retrouver une ambiance géniale entre filles. Par exemple, le 17 juin dernier avait lieu la coupe de Bretagne de triathlon sprint par équipe à Plouay dans le Morbihan. On y a vu 10 équipes féminines, soit environ une cinquantaine de concurrentes. Lorsqu’il y a une organisation spécifique, les filles viennent plus facilement.
Je pense que les filles hésitent à se frotter aux « gros bras ». Pourtant les hommes sont toujours sympas et on a souvent droit à des mots d’encouragement de la part des concurrents masculins que l’on croise (NDLR : Que l’on double !)
Avec Jacques, nous avons la chance de partager cette passion et d’y consacrer beaucoup de temps. Je suis consciente pour ce qui me concerne d’être assez privilégiée sur ce point.

Merci Sophie pour cet quelques mots enthousiastes et m… pour le reste de ta saison.


Palmarès pour sa fiche perso …

2000 - 4ème V1 Championnat de France à Vassivière (CD)
2001 - Championne de France V2 à Vassivière (CD)
2002 – Championne du Monde V2 à Nice (LD)
2003 - Championne de France V2 à Autun (CD)
2004 - Championne de France V2 à Lorient (LD)
2006 – 1ère W50 à Roth

> fin de l'article

commentaires


10 Juillet 2007, par : adminJ'ai pu m'apercevoir durant cet XTERRA que Sophie était vraiment une battante. Très concentrée du début à la fin, elle garde toute sa joie de vivre avant et après l'événement, ce qui, pour nous journalistes, est vraiment très sympa.
Bravo... Madame Piat !


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