Publié le: 26 Juin 2007
Par: Benoît Veys

Belaubre : la nécessité de convaincre

Photo par Benoît Veys

Malgré ses qualités indéniables et son passé glorieux, le Beauvaisien Frédéric Belaubre était ce week-end soumis à une réelle pression de la part des instances fédérales. La réponse ne s'est pas faite attendre, et c'est un retour gagnant que Fred a offert aux parapluies du Nord
Fred Belaubre : Rage de vaincre, absolue nécessité de convaincre !
Frédéric Belaubre est incontestablement l’égérie masculine du triathlon français… Il suffisait pour cela d’observer le comportement quasi hystérique des spectateurs abrités sous les parapluie de Dunkerque !
Il n’y en avait que pour lui à l’occasion de son retour à la compétition !
Seuls quelques dirigeants de la FFTRI, haut perchés à l’abri du car podium, avaient sans doute rejoint la Côte d’Opale comme pour lui mettre la pression…

Première compétition de la saison, première sortie dans la tenue rougeoyante de son nouveau club de Beauvais, en top et en short comme pour se distinguer des adversaires en combinaison… Et première victoire, presque incontestée, pour un vrai « retour gagnant » : "Après une telle absence au plus haut niveau de la compétition, sur blessure, il est vrai que je me suis rassuré ce dimanche à Dunkerque" commentait aussitôt un Belaubre que la pluie et le froid semblaient à peine importuner.
"Je ne suis certainement pas encore au sommet de ma forme, reprenait-il ensuite, mais la course que j’ai menée aujourd’hui devrait calmer les ardeurs de ceux qui me pressent à revenir ! Dunkerque aura été un rendez-vous qui ne laissera que des traces positives tant sur le plan du moral que de la préparation physique avant le rendez-vous du championnat d’Europe, le 30 juin, à Copenhague…"
Car il ne faut pas s’illusionner, Frédéric compte désormais aller crescendo et ne manquer aucune (bonne) occasion de lever, tout sourire, les bras au ciel sous les portiques…
En attendant de réaliser son rêve olympique à Pékin !
La seule préoccupation qui semble encore maintenir ses sens en éveil et a justifié un « retour aux sources » largement commenté, en se plaçant désormais à nouveau sous les ordres de Patrick Dréano, son coach fétiche dont il s’était écarté, à regret semble-t-il, une seule saison durant !
L’élève et le Maître se sont retrouvés et ont donné la leçon à Dunkerque…

Steffen Justus, transfert d’enfer !
Car il ne faudrait pas résumer la seconde étape du Grand Prix de Dunkerque au seul « numéro » de Fred Belaubre !
Ce serait injustement omettre la remarquable prestation de Steffen Justus, un jeune Allemand de 24 ans qui a donné des sueurs froides au vainqueur Beauvaisien : "La course à pied se passait bien, mais à 900m de l’arrivée, l’Allemand de Metz Triathlon, ancien recordman juniors du 1500m sur piste de son pays, me rejoint. J’avais tout de même eu le loisir, à chaque virage du parcours, de le voir à mes trousses. Mais l'idée d’avoir mené les neuf dixièmes de ce triathlon pour finir au sprint avec le 65ème ne me réjouissait guère… Le passage de Justus m’a obligé à relancer, je me suis accroché rageusement avant de le déposer à 100m de la ligne seulement." commentait-il, le lendemain sur son site, avec un certain soulagement !

En tout cas, la performance du sociétaire de Metz Triathlon, actuellement 34ème au classement de la Coupe du Monde aura eu l’air de plaire à son Président Christophe Demangeon : "Nous comptions aligner cette semaine le Belge Peter Croes, en quête de résultats en ce début de saison… Mais un désistement de dernière minute nous a contraint à appeler en renfort Jonathan Lardier qui a lourdement chuté à vélo, sous la pluie,.. De même que son coéquipier messin, Jordan Rouyer, qui l’imitera, à son corps défendant quelques minutes plus tard… A ce rythme-là, l’on pouvait même craindre le pire… Et voilà que Steffen qui avait accroché le bon peloton à vélo, malgré un retard de 35 secondes à la sortie de l’eau, réalise le quatrième temps à pied et rejoint Belaubre dans le dernier kilomètre… Avec l’issue palpitante que vous connaissez !"
Une seconde place qui vaut bien toutes les victoires pour Metz Triathlon désormais 7ème au classement intermédiaire du Grand Prix.

En photo : la rage de Belaubre, et en vignette la décontraction de Steffen Justus (à gauche) et de son coach Christophe Demangeon

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