Anaïs Margueritte prend du galon
Photo par Eric Bidat
Cette jeune diététicienne de 23 ans, étudiante en Master 2
marketing à Dijon, a découvert le triathlon en 2001 dans le cadre
d'une initiation proposée par la ville de Dijon. "L'idée
d'apprendre à nager le crawl me motivait beaucoup, j'aimais
courir, quand au vélo, je pensais que ça me plairait". En
réalité, Anaïs Margueritte n'avait aucune idée de ce qu'était le
triathlon, de la rigueur que ce sport nécessitait. Pour elle
c'était un sport comme un autre, mais elle s'est vite ravisée
quand elle a lu des articles sur des triathlètes féminines de
haut niveau et la quantité d'heures d'entraînement qu'elles
réalisaient.
Dès le début, la course à pied est sa discipline de prédilection.
Elle ne sait pas du tout nager le crawl et va mettre du temps
avant de pratiquer le vélo sérieusement. Aujourd'hui, elle a
énormément progressé dans ces deux disciplines, conservant toute
sa qualité en course à pied.
Elle repart plus forte
En 2006, elle découvre les grands Prix de deuxième division dont
elle garde de très bons souvenirs et surtout elle engrange
beaucoup d'expérience. Ces courses qui se disputent sur des
formats courte distance avec drafting (possibilité de rouler en
peloton en vélo) lui font prendre conscience de l'importance de
la natation.
Les championnats de France distance olympique Elite lui offrent
la dure réalité du haut niveau. Sortant dernière de l'eau, elle
affronte seule les bourrasques de vent sur le parcours vélo et
les 10 km de course à pied ne sont pas non plus un bon souvenir
tellement les jambes sont dures. "Ce fut une course très dure
moralement. J'ai mal nagé, mal couru, mais j'ai terminé cette
course, et j'ai même franchi la ligne en sanglots".
Cette course est une révélation car depuis elle ne s'est jamais entraînée aussi sérieusement en natation. Elle se rend aussi compte que si la vie des athlètes de haut niveau fait rêver beaucoup de monde, elle n'est pas toujours rose car en plus des entraînements la pression des résultats est énorme. "J'ai du mal à concevoir comment le sport peut rester un plaisir à leur niveau de pratique. Je pense que le haut niveau est logiquement hors d'atteinte pour des personnes comme moi, car ces personnes ont des capacités physiques exceptionnelles, et les exploitent à 100 % en y consacrant leur vie".
La jeunesse sera leur force
Avec 8 à 10 heures d'entraînement par semaine (et plus pendant la
saison), Anaïs Margueritte n'a jamais eu beaucoup de difficultés
à concilier le sport et les études. "J'ai le sentiment qu'un
jour je regretterai d'avoir ''sacrifié'' ma jeunesse, surtout
l'hiver, quand mes amis sortent et qu'il n'est pas très agréable
de s'entraîner. Mais pendant la saison, le plaisir des
compétitions me rappelle pourquoi j'aime ce sport et pourquoi j'y
consacre autant de temps".
Pour l'année 2007, Dijon Triathlon - emmené par Anaïs Margueritte, qui intervenait déjà l'an dernier dans l'organisation des déplacements et la logistique - aligne une équipe très jeune. Carole et Hélène Chaveriat (18 et 17 ans), Amélie et Charline Boudeville (19 et 18 ans), nouvelles recrues de Chaumont, mais aussi Marie Passemard et Pia Roessler (toutes deux 28 ans), forment le nouveau groupe. Quatrième de D2 en 2006, les ambitions ne sont dès lors plus les mêmes cette saison. "Avec le départ de Céline et Isabelle, le niveau de l'équipe n'est plus le même. Cette année notre objectif est de faire les meilleurs résultats possibles, mais aussi de constituer une équipe pérenne dont la cohésion stimulera la motivation de nos jeunes. Ce qui change cette année aussi, et qui me manquera beaucoup, c'est quelqu'un qui me tire vers le haut. Je fais allusion à Céline Taïana, un étonnant cocktail de joie de vivre et de passion pour le sport".












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