Publié le: 12 Juin 2007
Par: Xtriathlon
Lien: http://www.markallenonline.com

20 questions à Mark Allen, #2

Photo par Xtriathlon

Découvrons ensemble la seconde partie de cette magistrale interview de celui qu'on a surnommé "The Grip", la légende du triathlon Mark Allen
Plus besoin de présenter longuement Mark Allen. Six fois vainqueur à Hawaii, icône du triathlon, Mark Allen est certainement le seul triathlète à avoir marqué l’esprit de milliers de personnes. Demandez à un inconnu, non triathlète, de donner le nom d’un triathlète. Assurément la réponse sera: Mark Allen.
Ces 20 questions nous permettront d’en savoir plus sur la légende : de sa relation avec Huichol Shaman Brant Secunda, à son film préféré en passant par son avis sur le fait qu’aucun pro n’ait toujours pas battu son record à Hawaii.

8. Comment se passe l'organisation de l'équipe élite amateurs au sein de ton programme ? Combien de personnes posent leur candidature chaque année, comment se fait la sélection ?
J’adore notre équipe d’élites age groupers. On choisit les personnes qui ont de bonnes chances d’être dans le top 3 à chaque gros événement auxquels ils participent. La sélection se fait également selon leur lieu de résidence. On apprécie d’avoir des athlètes de chaque coin du pays, donc si on a deux athlètes avec les mêmes capacités on choisira celui venant d’une région où l’équipe n’est pas encore représentée.
Malheureusement, il y a plus de candidats que de places disponibles. Cette année a été particulièrement difficile car il y avait beaucoup de très bons athlètes qui ont posé leur candidature. Donc on a créé une équipe première et une équipe de remplacement qui a moins d’avantages que l’autre en terme d’équipement, mais certainement aussi compétitive que la première équipe.

9. Ton équipe a de très bons résultats. Tu préfère travailler avec des athlètes pro ou des groupes d’âge ?
J’aime travailler avec les deux. Mais en fait il est plus facile de travailler avec les groupes d’âge. La raison est que la plupart des groupes d’âge ne font qu’une ou deux choses vraiment mal dans les entraînements, et si on réussit à les corriger, leurs performances exploseront.
De l’autre côté, les Pros travaillent souvent à 98-99% de leurs capacités génétiques. Et bien souvent, les choses qu’ils doivent corriger sont les plus gros changements personnels qu’ils ont eu à faire. Si les changements n’étaient pas si énormes, ils auraient déjà été faits. Parvenir à corriger ces choses peut être très très dur pour moi en tant que coach et pour eux en tant qu’athlète et en tant que personne.

10. Tu travailles avec Chris McCormack cette année. Quand vous êtes-vous rencontrés, et comment as-tu décidé de devenir son coach ?
Je connais Chris depuis de nombreuses années et j’ai toujours apprécié son approche de l’entraînement et de la compétition.
Il m’a demandé de travaillé avec lui il y a quelques années, mais j’étais avec Peter Reid à ce moment-là et il y aurait eu un conflit d’intérêt. Mais maintenant je suis libre de travailler avec lui et d’être dans son équipe.

11. Y a t il d’autres athlètes de haut niveau avec qui tu travailles ?
L’autre personne que j’aide cette année est Gordo Byrn. Il se concentre sur le Canada et il n’y a donc aucun conflit à travailler avec lui et Chris.

12. Quel impact a eu Mike Pigg sur tes tactiques de course et préparation générale en tant qu’athlète ? Vous vous êtes livrés de grands duels sur les plus grands événements. Etes-vous toujours en contact, et penses-tu qu’il vous a permis de devenir encore meilleur ?
Mike a créé un nouveau standard pour le vélo sur les courtes distances. Il en a fait une partie essentielle sur les courtes distances de manière à pouvoir aussi courir un super 10k. Comme toute personne créant un standard, il y a eu des ajustements dans l’entraînement et lors de la course à faire pour atteindre ses performances.
Je ne l’ai pas vu depuis de nombreuses années, mais je suis certain que lorsque l’on se reverra, on se souviendra du bon temps. Mike est ce style de personne.

13. Que penses-tu de l’état du triathlon de nos jours ? Penses-tu que les Pros sont bien payés ? Quelles améliorations apporterais-tu à l’industrie de notre sport ?
Notre sport a évolué ces vingt dernières années, c’est certain. Ca serait mieux si plus d’athlètes de haut niveau pouvaient vivre du triathlon. Il est impossible d’être à votre meilleure forme si vous avez un travail à côté.
La seule remarque que j’ai à faire, est que de plus en plus de personnes franchissent la ligne d’arrivée d’un triathlon (surtout sur distance Ironman), que la magie de juste finir a disparu. Par exemple à Kona, même si tu avais la pire journée de ta vie en course, si tu pouvais franchir la ligne tu étais ravi de voir ce que tu pouvais faire et te sentir bien par la suite. Maintenant, les athlètes franchissent la ligne et sont déçus car ils n’ont pas réalisé de PR (Record Personnel) ou ils sont mal classés dans leur groupe d’âge. Ils ont des attentes beaucoup plus élevées que les miennes quand je courais, ce qui rend difficile d’établir une performance qui apporte satisfaction.

14. Tu détiens toujours le record du marathon de l’Ironman d’Hawaii. Pourquoi les gars d’aujourd’hui ne courent pas aussi vite que toi ?
Il y a plusieurs raisons à cela. La première est que le jour où j’ai fait ce temps était l’édition où le plateau était le plus relevé. Je devais courir comme cela pour battre Dave Scott. Ces derniers temps, la dynamique de course ne nécessitait pas qu’un athlète court aussi vite.
Une deuxième raison est le mental. J’avais un temps à réaliser à Kona et je devais m’y préparer, et je pense que ce temps était plus rapide que ce que les gars ont en tête aujourd’hui. Maintenant, la plupart pense que s’ils peuvent courir sous les 2h50, ils ont de bonnes chances de remporter la victoire, ce qui a été le cas récemment. Je savais que si je n’étais pas préparé à courir aux environs des 2h40 ou en dessous, il n’y aurait aucune chance pour que je batte Dave Scott.
Une troisième raison est la manière dont les gens abordent leur saison. A mon époque, on devait être au top sur courte et long distance. Maintenant les gars se spécialisent dans l’une ou l’autre. Mais je ne pense pas que tu puisses avoir ton meilleur Ironman sans avoir également réalisé ton meilleur courte distance à un certain moment de la saison.

15. Comment te maintiens-tu en forme ? Continues-tu toujours à nager-rouler-courir, où t'es-tu mis à une nouvelle activité ?
Je fais du surf ici, à Santa Cruz, de la musculation deux fois par semaine quand je suis à la maison ou ne voyage pas, je cours la plupart du temps. C’est assez simple, mais efficace.

16. Dave Scott et Scott Molina font toujours des courses ci et là. T'imagines-tu sur la ligne de départ d’un triathlon ?
Pas dans cette vie !

17. Quelles sont les différences entre les triathlètes Pros d’aujourd’hui et ceux d’il y a vingt ans ? Les stratégies de course ou d’entraînement ont-elles changé ? Le sponsoring a-t-il changé?
Il me semble que le sujet a déjà été abordé plus haut.

18. Si tu devais avoir une aussi belle carrière dans un autre sport, lequel choisirais-tu ? Quels sont les sports qui t'attirent ?
Je dirais le surf. Mais, sur plus d’un point, je suis heureux d’avoir eu cette carrière en triathlon parce que le surf est une totale relaxation pour moi, je n’y ai aucune attente.

19. Quel livre lis-tu actuellement ? As-tu un film favori ?
J’aime bien les romans mystérieux. Concernant les films, "Une Vérité qui dérange" devrait être vu par tout le monde sur terre. Il y en a certainement d’autres, et des plus divertissants, mais si on ne tire pas le signal d’alarme, un temps va venir où il n’y aura plus de films. Il y en a un que je n’ai pas vu et qui vient juste de sortir : The 11th Hour, qui était à Cannes, et donne une autre dimension au message de Gore.

20. As-tu un talent caché qui n’a jamais été révélé dans les médias ?
Tout a déjà était écrit. Certains sont vrais, d’autres pas. Je suis assez ouvert sur ma vie et sur ce que j’ai fais. Je suis comme tout le monde. Je me lève tous les matins, me brosse les dents et dois composer avec les hauts et les bas de la vie, et heureusement je vis de supers moments.

Visitez le site de Mark : www.markallenonline.com

Propos recueillis par Betsy Delcour le 4/26/2007 pour xtri.com

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commentaires


12 Juin 2007, par : dom the gripben je pense que tout est dit même s'il reste toujours une part de mystère...
c'était un super triathlète qui n'a jamais été le plus fort physiquement mais qui a toujours été à coup sur le plus fort mentalement sur des courses comme Kona ou Nice


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