20 questions à Mark Allen, #2
Photo par Xtriathlon
Ces 20 questions nous permettront d’en savoir plus sur la légende : de sa relation avec Huichol Shaman Brant Secunda, à son film préféré en passant par son avis sur le fait qu’aucun pro n’ait toujours pas battu son record à Hawaii.
8. Comment se passe l'organisation de l'équipe élite amateurs
au sein de ton programme ? Combien de personnes posent leur
candidature chaque année, comment se fait la sélection
?
J’adore notre équipe d’élites age groupers. On choisit les
personnes qui ont de bonnes chances d’être dans le top 3 à chaque
gros événement auxquels ils participent. La sélection se fait
également selon leur lieu de résidence. On apprécie d’avoir des
athlètes de chaque coin du pays, donc si on a deux athlètes avec
les mêmes capacités on choisira celui venant d’une région où
l’équipe n’est pas encore représentée.
Malheureusement, il y a plus de candidats que de places
disponibles. Cette année a été particulièrement difficile car il
y avait beaucoup de très bons athlètes qui ont posé leur
candidature. Donc on a créé une équipe première et une équipe de
remplacement qui a moins d’avantages que l’autre en terme
d’équipement, mais certainement aussi compétitive que la première
équipe.
9. Ton équipe a de très bons résultats. Tu préfère travailler
avec des athlètes pro ou des groupes d’âge ?
J’aime
travailler avec les deux. Mais en fait il est plus facile de
travailler avec les groupes d’âge. La raison est que la plupart
des groupes d’âge ne font qu’une ou deux choses vraiment mal dans
les entraînements, et si on réussit à les corriger, leurs
performances exploseront.
De l’autre côté, les Pros travaillent souvent à 98-99% de leurs
capacités génétiques. Et bien souvent, les choses qu’ils doivent
corriger sont les plus gros changements personnels qu’ils ont eu
à faire. Si les changements n’étaient pas si énormes, ils
auraient déjà été faits. Parvenir à corriger ces choses peut être
très très dur pour moi en tant que coach et pour eux en tant
qu’athlète et en tant que personne.
10. Tu travailles avec Chris McCormack cette année. Quand
vous êtes-vous rencontrés, et comment as-tu décidé de devenir son
coach ?
Je connais Chris depuis de nombreuses années
et j’ai toujours apprécié son approche de l’entraînement et de la
compétition.
Il m’a demandé de travaillé avec lui il y a quelques années, mais
j’étais avec Peter Reid à ce moment-là et il y aurait eu un
conflit d’intérêt. Mais maintenant je suis libre de travailler
avec lui et d’être dans son équipe.
11. Y a t il d’autres athlètes de haut niveau avec qui tu
travailles ?
L’autre personne que j’aide cette année
est Gordo Byrn. Il se concentre sur le Canada et il n’y a donc
aucun conflit à travailler avec lui et Chris.
12. Quel impact a eu Mike Pigg sur tes tactiques de course et
préparation générale en tant qu’athlète ? Vous vous êtes livrés
de grands duels sur les plus grands événements. Etes-vous
toujours en contact, et penses-tu qu’il vous a permis de devenir
encore meilleur ?
Mike a créé un nouveau standard pour
le vélo sur les courtes distances. Il en a fait une partie
essentielle sur les courtes distances de manière à pouvoir aussi
courir un super 10k. Comme toute personne créant un standard, il
y a eu des ajustements dans l’entraînement et lors de la course à
faire pour atteindre ses performances.
Je ne l’ai pas vu depuis de nombreuses années, mais je suis
certain que lorsque l’on se reverra, on se souviendra du bon
temps. Mike est ce style de personne.
13. Que penses-tu de l’état du triathlon de nos jours ?
Penses-tu que les Pros sont bien payés ? Quelles améliorations
apporterais-tu à l’industrie de notre sport ?
Notre sport a évolué ces vingt dernières années, c’est certain.
Ca serait mieux si plus d’athlètes de haut niveau pouvaient vivre
du triathlon. Il est impossible d’être à votre meilleure forme si
vous avez un travail à côté.
La seule remarque que j’ai à faire, est que de plus en plus de
personnes franchissent la ligne d’arrivée d’un triathlon (surtout
sur distance Ironman), que la magie de juste finir a disparu. Par
exemple à Kona, même si tu avais la pire journée de ta vie en
course, si tu pouvais franchir la ligne tu étais ravi de voir ce
que tu pouvais faire et te sentir bien par la suite. Maintenant,
les athlètes franchissent la ligne et sont déçus car ils n’ont
pas réalisé de PR (Record Personnel) ou ils sont mal classés dans
leur groupe d’âge. Ils ont des attentes beaucoup plus élevées que
les miennes quand je courais, ce qui rend difficile d’établir une
performance qui apporte satisfaction.
14. Tu détiens toujours le record du marathon de l’Ironman
d’Hawaii. Pourquoi les gars d’aujourd’hui ne courent pas aussi
vite que toi ?
Il y a plusieurs raisons à cela. La
première est que le jour où j’ai fait ce temps était l’édition où
le plateau était le plus relevé. Je devais courir comme cela pour
battre Dave Scott. Ces derniers temps, la dynamique de course ne
nécessitait pas qu’un athlète court aussi vite.
Une deuxième raison est le mental. J’avais un temps à réaliser à
Kona et je devais m’y préparer, et je pense que ce temps était
plus rapide que ce que les gars ont en tête aujourd’hui.
Maintenant, la plupart pense que s’ils peuvent courir sous les
2h50, ils ont de bonnes chances de remporter la victoire, ce qui
a été le cas récemment. Je savais que si je n’étais pas préparé à
courir aux environs des 2h40 ou en dessous, il n’y aurait aucune
chance pour que je batte Dave Scott.
Une troisième raison est la manière dont les gens abordent leur
saison. A mon époque, on devait être au top sur courte et long
distance. Maintenant les gars se spécialisent dans l’une ou
l’autre. Mais je ne pense pas que tu puisses avoir ton meilleur
Ironman sans avoir également réalisé ton meilleur courte distance
à un certain moment de la saison.
15. Comment te maintiens-tu en forme ? Continues-tu toujours
à nager-rouler-courir, où t'es-tu mis à une nouvelle activité
?
Je fais du surf ici, à Santa Cruz, de la musculation
deux fois par semaine quand je suis à la maison ou ne voyage pas,
je cours la plupart du temps. C’est assez simple, mais efficace.
16. Dave Scott et Scott Molina font toujours des courses ci
et là. T'imagines-tu sur la ligne de départ d’un triathlon
?
Pas dans cette vie !
17. Quelles sont les différences entre les triathlètes Pros
d’aujourd’hui et ceux d’il y a vingt ans ? Les stratégies de
course ou d’entraînement ont-elles changé ? Le sponsoring a-t-il
changé?
Il me semble que le sujet a déjà été abordé
plus haut.
18. Si tu devais avoir une aussi belle carrière dans un autre
sport, lequel choisirais-tu ? Quels sont les sports qui
t'attirent ?
Je dirais le surf. Mais, sur plus d’un
point, je suis heureux d’avoir eu cette carrière en triathlon
parce que le surf est une totale relaxation pour moi, je n’y ai
aucune attente.
19. Quel livre lis-tu actuellement ? As-tu un film favori
?
J’aime bien les romans mystérieux. Concernant les
films, "Une Vérité qui dérange" devrait être vu par tout le monde
sur terre. Il y en a certainement d’autres, et des plus
divertissants, mais si on ne tire pas le signal d’alarme, un
temps va venir où il n’y aura plus de films. Il y en a un que je
n’ai pas vu et qui vient juste de sortir : The 11th Hour, qui
était à Cannes, et donne une autre dimension au message de Gore.
20. As-tu un talent caché qui n’a jamais été révélé dans les
médias ?
Tout a déjà était écrit. Certains sont vrais, d’autres pas. Je
suis assez ouvert sur ma vie et sur ce que j’ai fais. Je suis
comme tout le monde. Je me lève tous les matins, me brosse les
dents et dois composer avec les hauts et les bas de la vie, et
heureusement je vis de supers moments.
Visitez le site de Mark : www.markallenonline.com
Propos recueillis par Betsy Delcour le 4/26/2007 pour xtri.com












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commentaires
12 Juin 2007, par : dom the gripben je pense que tout est dit même s'il reste toujours une part de mystère...
c'était un super triathlète qui n'a jamais été le plus fort physiquement mais qui a toujours été à coup sur le plus fort mentalement sur des courses comme Kona ou Nice