Publié le: 04 Mai 2007
Par: Xtriathlon
Lien: http://triclubisle.canalblog.com/

Un podium en béton

Photo par Xtriathlon

L'île Maurice est un endroit extraordinaire pour pratiquer le triathlon. Début avril, c'est cette destination qu'a choisie Stéphane Barcet pour courir un Half-Ironman débordant de… surprises
Si l'Ironman d' Embrun reste à ce jour mon souvenir le plus fort (avec le Corsicatri 2006, "premier long de ma courte expérience), nul doute que ce 70.3 Mauricien restera gravé dans mes cuisses et mollets (un peu moins dans les épaules, on le verra plus tard), de par son ambiance d'amateurisme extrême, de par la gentillesse, la sympathie et la décontraction des participants et organisateurs et de par son résultat, bien sûr, puisque j'en ai remporté l'épreuve individuelle !

Il fallait bien que je m'expatrie à 10000 km de chez nous, pour un tel résultat ! Voici donc le compte-rendu de mon séjour et de l'épreuve proprement dite.

Arrivés avec ma petite famille le mercredi matin à l'aéroport de Plaisance (au sud-est de l'île), je récupère Félino (NDLR : le vélo) dans sa belle housse. André, président du club des "Free Athlètes" de Flic en Flac vient nous récupérer avec son Pick-up : le temps est doux (28°), du vent, ciel bleu ensoleillé parsemé de nuages, humidité pas trop pesante. Nous traversons l'île pour rejoindre le milieu de la côte ouest à Flic-en-Flac ou une petite maison nous attend à 200m de la plage et du départ de la course

Mon correspondant sur place s'appelle Charles Cartier; il est mauricien, triathlète adepte du long et a fait 11H30 sur l'Ironman de port Macquarie en Australie en novembre dernier : il sera mon principal concurrent sur l'épreuve. Jeudi matin il me rapporte mon vélo et me propose d'aller reconnaître le parcours : HORREUR ! Au moment de monter la roue arrière, on s'aperçoit que le dérailleur (Shimano Dura-ace tout neuf) a été forcé et tordu lors du transport malgré les mille précautions que j'avais prises pour l'emmailloter et le protéger). Avec prudence et patience nous parvenons à le redresser, à remonter la roue et à le régler : ouf ! Nous voilà donc partis pour un aller-retour de 44 km que nous réaliserons donc 2 fois le jour de la course : le parcours traverse les champs de canne à sucre à l'infini en revenant à l'intérieur des terres mais malheureusement ne longe pas le bord de mer.

Les jours précédant la course sont partagés entre petits restaux sympas, plage, natation tous les matins (mon épaule est toujours douloureuse et je reste sous anti-inflammatoire les 3 jours d'avant course), un peu de course à pied le soir et nouvelle reconnaissance du parcours vélo le vendredi matin à la fraîche.

Ah oui j'oubliais : l'eau est à 26-27° en permanence : LE TOP !

L'avant-veille de la course Charles m'informe d'un article dans la presse locale me nommant : "Stéphane Barcet sera l'homme à battre durant cette épreuve". C'est clair, on me met la pression. Je me réfugie donc dans ma Zen attitude et concentration d'avant course.

The Race !
Voilà c'est le grand jour : lever 4h30, petit déj, détente de 5 à 6 en vérifiant le vélo et le matos, puis direction le "parc à vélos" à 200m de la maison, en bord de plage : l'installation est rudimentaire et la course… confidentielle : il y a en fait une petite trentaine de triathlètes sur l'île et une vingtaine seulement participera à l'épreuve dont huit seulement en individuel; le reste en relais avec des nageurs et coureurs. Au total 8 individuels et une douzaine d'équipes de 2 ou 3. Donc une vingtaine de vélos maxi dans le parc !
Briefing "en mauricien" complété en français : pas besoin de micro !
Après 5' d'échauffement le départ est donné à 7h en laissant partir les filles devant; le parcours est un rectangle entre 10 et 60 m du bord, à parcourir 2 fois et totalisera en fait 1600m; la mer habituellement calme à cette heure est houleuse ce matin avec un fort courant que j'aurai bien du mal à maîtriser; au bout de 200m je suis bon dernier avec 2 ou 3 autres et je me bats lamentablement contre les vagues et face au courant : les poissons me narguent (on nage dans 1,5m de fond, dans l'eau clair du lagon : on voit donc tout et c'est super): par moment j'ai l'impression de reculer tellement le courant me déporte : en revanche lors du retour, j'ai l'impression que je vais rattraper tout le monde, le courant me poussant à vive allure : mais devant personne ne m'attend ! Pratiquement tous sortiront entre 22 et 27'; je sors en 32' après une deuxième boucle plus facile et en avant-dernière position. Les Mauriciens sont tous d'excellents nageurs et c'est une féminine, Audrey qui sortira la première en 22'.

Transition dans le sable : cuvette et bouteille d'eau pour se "déssaler"et c'est parti sur le super Felino avec vent de face sur les premiers km de course au milieu des cannes à sucre. Le retour vers Flic-en-Flac se fait en descente vent de dos et face à la mer : un véritable trip ! Ah oui j'oubliais : ON ROULE À GAUCHE !

Le parcours est assez plat comportant une petite côte de 500m à 2km du départ, suivie d'un long faux plat montant face au vent sur 2 km, assez éprouvant, puis descente et faux plat descendant sur 3 km; le reste est quasi plat. 3 km avant le 1/2 tour je croise un à un les six vélos encore devant moi. Au km 50 j'en double 3 puis un autre au km 65 pour me retrouver 3ème au scratch et 2ème individuel à 10' derrière les 2 vélos de tête dont mon concurrent principal, Charles ! Les 88 km sont bouclés en 2h41 (le meilleur temps sera de 2h37 par un relayeur); les jambes sont bonnes, sans douleur mais il est déjà 10h15 et la chaleur est installée.
La càp se déroule en bord de mer mais heureusement à l'ombre d'arbres sur un parcours "libre" mi-sable, mi-herbe de 1800m (900m aller et retour) à parcourir… 12 fois ! A chaque tour quelqu'un note ton nombre de tours effectué; seul les demi-tours sont balisés : on peut donc courir en zigzag si on veut : mais l'ambiance est extra car à chaque tour les gamins te ravitaillent en eau et tout le staff t'encourage.
Je démarre la cap avec Charles qui débute son 2ème tour; je me lance à sa poursuite et nous nous croiserons donc régulièrement jusqu'à ce que vers le 6ème tour je vois son avance diminuer rapidement à chaque "croisement" et au 3ème tour avant l'arrivée (soit km 17environ) je le passe pour finir en 1h46 et 5h01, 2ème au scratch derrière l'équipe relais qui finit en 4h30. Ma petite famille a pu courir à mes cotés en se relayant, ce qui m'a bien encouragé, notamment à partir du 4ème tour ou j'avais du mal à relancer la machine après le ravitaillement rafraîchissant attendu à chaque tour avec impatience. Mon fiston a ainsi parcouru une dizaine de km à mes cotés par étapes de 900 -1000m: j'espère qu'un jour il montera sur un vélo car il a vraiment les jambes pour !

La remise des prix valait son pesant d'or, ainsi que le podium (photo). Alors qui vient l'année prochaine pour me disputer le titre ?

Récit et photos : Stéphane Barcet

> fin de l'article

commentaires


08 Mai 2007, par : laurentça fait cher le déplacement pour une petite course


09 Mai 2007, par : phiphiC'était pour joindre l'utile à l'agréable !!.Vacances + Tri .


10 Mai 2007, par : Roland / XtriathlonIl n'y a pas de petite course... Lorsque tu cours 20 bornes ou roules 90, que ce soit avec 1500 pélerins ou seul, le résultat est le même...
Et ce n'est pas parce que le podium est fait de parpaings que la valeur de l'accolade s'en voit dégradée... bien au contraîre !
Bravo aux organisateurs !


10 Mai 2007, par : phiphiTu as raison Roro ,il n'y a pas de petites courses et encore moins de "petites victoires".De plus ,Stèph a vraiment pris un pied enorme à y participer .


Ajouter un commentaire :

Vous devez posséder un compte et être authentifié pour déposer un commentaire.