20 questions à Faris Al Sultan
Photo par Xtriathlon
Q1 : Parlez nous de vous, où avez-vous grandit,
avez vous un frère ou une sœur, quel style d'élève
étiez-vous?
Faris Al-Sultan : J'ai grandit à Munich, suis
fils unique et j'étais un bon élève.
Q2 : Racontez-nous comment vous êtes arrivé au
sport? Quand avez-vous réalisé que vous étiez assez doué?
Faris Al-Sultan : J'ai toujours été un enfant
dynamique même si je mangeais beaucoup trop. J'ai fait du basket,
judo, escalade, natation et football, mais pas en
compétition.
Après une grosse perte de poids à l'âge de 14 ans (15kg perdus en
8 semaines), je me suis mis à nager. Je progressais rapidement,
mais il était évident que je ne serais pas un bon nageur. J'étais
toujours à la recherche de nouveaux challenges et ai couru un
marathon à 16 ans et nagé en eau libre. J'ai pris le départ du
Championnat d'Allemagne du 25kms en 1996. Avant que je gagne des
courses en 2000, je savais que j'étais bon, mais je mettais ca
sur le gros volume d'entraînement.
Q3 : Qu’est ce qui vous a incité à participer à
un triathlon? Quelle a été votre première course et comment ca
s'est passé?
Faris Al-Sultan : J'ai vu un reportage à la télé
sur Hawaii, et fut impressionné par Thomas Hellriegel, et ai
décidé de prendre le départ d'un Courte Distance près de chez
moi. Je suis sorti troisième de l'eau malgré le fait que je
n'avais pas de combinaison et que j'avais fait un petit détour.
Je me suis fait doubler par les femmes à vélo et j'ai beaucoup
souffert pendant la course à pied. Mais je termine quand même
troisième dans ma catégorie junior.
Q4 : Le premier Ironman de votre carrière était
à Lanzarote en 1999 (à l'âge de 19 ans). Qu'est ce qui vous a
poussé à faire une des courses les plus difficiles pour votre
premier Ironman?
Faris Al-Sultan : Je ne pouvais pas prendre le
départ de Roth puisque l'âge minimum pour y participer est de
21ans; et j'avais vu une publicité sur Lanzarote dans un magasine
Allemand de triathlon.
Ca s'est bien passé, j'étais dans le top 15 à la sortie de l'eau
(toujours sans combinaison), j'ai roulé en 6 heures et fait le
marathon en 3h39, le marathon le plus lent que je n'ai jamais
fait. Au total je mets 10h33 et termine 6ème de mon groupe d'âge.
Q5 : Vous êtes un des rares pros à ne pas avoir
d'entraîneur. Cela a t il toujours été le cas? Avez-vous déjà eu
un entraîneur auparavant? Avez-vous des plans d'entraînement pour
vous guider ou vous gérez-vous tout seul?
Faris Al-Sultan : Beaucoup d'autres athlètes
n'ont pas d'entraîneur en fait. Je fais mes propres séances, mais
je suis également influencé par la façon dont les autres pros
s'entraînent, et je travaille en collaboration avec l'équipe
2peak.com
Q6 : Vous avez dit que vous reveniez d'une
course cycliste au Pakistan. Comment était-ce? Avez-vous déjà
fait cette course avant? Et comment vous êtes vous décidé de
prendre part à cette course de vélo? Etiez-vous le seul
triathlète en course?
Faris Al-Sultan : Il s'agissait du Tour
d'Islamabad qui n'est pas une course UCI, mais une course de
charité. J'étais le seul triathlète au départ, et je n'avais
jamais fait de course de trois jours avant. C'est assez bon pour
l'entraînement. Je n'ai jamais été jusqu'à mes limites à vélo
avant. La plupart des coureurs étaient des coureurs de catégorie
Continentale ou ex-continentale, quelques Iraniens. Ils étaient
tous en bonne forme et ont bien joué le jeu!
Q7 : Comment avez-vous choisi votre style en
course: maillot de bain, barbu avec un bandana sur la tête? Cela
vous rend reconnaissable de loin. Quand avez-vous adopté ce
style? Est ce parce que c'est confortable? Ca vous porte chance
de courir barbu? Vous n'êtes pas irrité par le maillot de bain
?
Faris Al-Sultan : Je ne suis pas irrité avec le
maillot de bain, c'est juste que je me sens plus à l'aise et bien
sûr je suis inspiré par l'Histoire : Hellriegel et Allen ont
gagné en courant avec un maillot de bain.
Q8 : Quel style de musique écoutez-vous?
Avez-vous un style de musique particulier pour vos séances
d'entraînement?
Faris Al-Sultan : J’écoute à peu près de tout en
plus de la Techno et la House. Je n'écoute pas de musique à
l'entraînement, avant le départ d'une course, j'écoute Xavier
Naidoo et Eminem ("'Till I collapse")
Q9 : A quoi ressemble une journée d'entraînement
pour vous? Quelles sont vos semaines les plus importantes en
terme de volume? Quel est votre entraînement favori?
Faris Al-Sultan : Il n'y a pas de journée type
(ca n'aurait aucun sens d'ailleurs). Concernant le volume
hebdomadaire, je ne m'entraîne pas plus que quand j'étais plus
jeune, mais ca doit être de l'ordre de 40 heures: 800 kms de
vélo, 80 kms de course à pied et 15-20 kms de natation plus deux
séances de PPG. Les séances les plus dures sont celles de vitesse
sur piste ou des sorties de 2 heures de course à pied avec 20
minutes rapides à la fin.
Q10 : Avez-vous déjà fait des erreurs en course
ou à l'entraînement?
Faris Al-Sultan : Il y en a bien trop pour
toutes les lister içi, de la mauvaise alimentation (cookies) au
surentraînement (plus de 1100 kms à vélo et 110 kms de course à
pied en une semaine).
Q11 : Le fait d'être Allemand-Irakien vous a
t'il fait avoir des retombées de la part des pays du Moyen
Orient? Le triathlon reste un sport relativement méconnu dans la
plupart des régions du monde, diriez-vous qu'il est plus
populaire au Moyen Orient grâce à vos bons résultats? Quel est
votre position concernant l'intervention Américaine en
Iraq?
Faris Al-Sultan : Malheureusement, la majorité
de la population au Moyen Orient à d'autres problèmes à gérer que
de s'impliquer dans un sport.(...) Concernant les Emirats Arabes
Unis, qui est le pays le plus développé dans cette région, nous
essayons d'encourager les gens à pratiquer des sports
d'endurance, et ce, dans toute la région. Cependant, je n'estime
pas être d'une grande influence ici.
L'intervention en Iraq a pris une mauvaise direction. Je crois que sans l'intervention des USA, les Iraquiens n'auraient jamais pu se débarrasser de Saddam, mais la situation actuelle est mauvaise pour tout le monde. Je n'ai pas de solution radicale.
Q12 : Comment vous organisez-vous pour vous
entraîner? Je sais qu'une partie de l'année vous êtes aux Emirats
Arabes Unis et également dans le Sud de la Californie. Comment
décidez-vous d'aller là ou là pour vous entraîner? Avez-vous un
lieu préféré?
Faris Al-Sultan : Je reste aux Emirats pendant
l'hiver et le printemps, et pars à San Diego avant Hawaii. Le
reste se décide au coup par coup et dépend bien sûr de mon
programme de course.
Q13 : A quoi votre saison 2007 ressemble t'elle?
J'ai vu que vous prendrez le départ à des XTerra. Faites-vous
cela pour vous changer? Ajoutez-vous le VTT dans votre
entraînement pour le fun?
Faris Al-Sultan : Je prends juste le départ du
XTerra Allemagne. J'ai besoin de courses où je ne suis pas le
favori, et ca fait du bien.
Q14 : Vous êtes connu pour courir votre propre
course, toujours en tête du début à la fin. Qu'est ce qu'il vous
passe par la tête sur une course comme Kona quand quelqu'un comme
Lieto vous double à vélo? Je suis sûr que vous êtes tiraillé
entre « laisser » faire et « partir ». Que faites-vous?
Serez-vous plus tactique sur vos courses en 2007, ou
garderez-vous toujours la même formule qui a marché jusque
là?
Faris Al-Sultan : J'étais déjà fatigué sur la
ligne de départ à cause d'une saison très éprouvante, et je
n'avais pas la possibilité de partir avec Chris. Mais même si
j'avais eu la possibilité, je fais ma course au feeling et c'est
moi qui décide d'accélérer ou pas, pas mes adversaires.
Q15 : Y a t il des courses que vous n'avez
jamais fait et que vous aimeriez faire?
Faris Al-Sultan : Il y en a beaucoup. L'Ironman
Klagenfurt, Ironman Malaysia, Ironman Australia.
Q16 : Quel livre êtes-vous en train de lire
actuellement? Quel est votre film préféré?
Faris Al-Sultan : J'étais très occupé jusque là
avec mon propre livre ("Triathlon" Faris Al-Sultan et Christoph
Dierkes). Le dernier film que j'ai vu est "Am Limit" sur les
frères Huber (de célèbres grimpeurs/alpinistes).
Q17 : Vous avez fait un break dans vos études de
l'Histoire et la Culture du Proche Orient pour vous concentrer
sur le triathlon. Quels sont vos plans pour après?
Faris Al-Sultan : J'ai pas mal d'idées, mais
j'espère encore courir au top pour pas mal d'années encore.
Q18 : J'ai entendu dire que vous mangiez
"normalement" plutôt que de vous préoccuper sans cesse de
nutrition. Quel est votre "écart" préféré? Avez-vous un repas
d'après course fétiche?
Faris Al-Sultan : Premièrement, je ne mange pas
seulement au fast food, la performance n'est pas possible sans
une bonne alimentation. J'aime les pâtes avec de la sauce au thon
qui est mon plat typique en camp d’entraînement. Concernant le
fast food, j'aime les burgers et bien sûr les burritos. Après les
courses en Allemagne, tout le monde se rejoint en général au fast
food le plus proche.
Q19 : Quels sont vos hobbies / talents
cachés?
Faris Al-Sultan : Jouer aux cartes, regarder des
films et sortir.
Q20 : Parlez-nous de vos sponsors!
Faris Al-Sultan : Je n'ai pas à parler de mes
sponsors; leurs produits parlent pour eux.
Propos recueillis par Betsy Delcour le 4/26/2007 pour xtri.com et
traduits par Mathieu Dussartre pour xtriathlon.com
Photo : © Kai Baumgartner, 3athlon.de












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commentaires
08 Mai 2007, par : laurentc'est un grand athlète doué, pour l'avoir déja rencontré sur Ironman et sur Xterra