Publié le: 02 Mai 2007
Par: Xtriathlon
Lien: http://www.faris-al-sultan.de/

20 questions à Faris Al Sultan

Photo par Xtriathlon

Faris Al Sultan est un des seuls triathlètes pro à pouvoir gagner un triathlon en restant en tête du début à la fin. Véritable force de la nature, le Champion du Monde Ironman 2005 a accordé quelques minutes à nos confrères d'Xtri.com
Pour discuter de tout, du type de musique qu'il écoute à l'importance du sport au Moyen Orient en passant par ses courses passées; le tout avec son franc parlé qui le caractérise.

Q1 : Parlez nous de vous, où avez-vous grandit, avez vous un frère ou une sœur, quel style d'élève étiez-vous?
Faris Al-Sultan : J'ai grandit à Munich, suis fils unique et j'étais un bon élève.

Q2 : Racontez-nous comment vous êtes arrivé au sport? Quand avez-vous réalisé que vous étiez assez doué?
Faris Al-Sultan : J'ai toujours été un enfant dynamique même si je mangeais beaucoup trop. J'ai fait du basket, judo, escalade, natation et football, mais pas en compétition.
Après une grosse perte de poids à l'âge de 14 ans (15kg perdus en 8 semaines), je me suis mis à nager. Je progressais rapidement, mais il était évident que je ne serais pas un bon nageur. J'étais toujours à la recherche de nouveaux challenges et ai couru un marathon à 16 ans et nagé en eau libre. J'ai pris le départ du Championnat d'Allemagne du 25kms en 1996. Avant que je gagne des courses en 2000, je savais que j'étais bon, mais je mettais ca sur le gros volume d'entraînement.

Q3 : Qu’est ce qui vous a incité à participer à un triathlon? Quelle a été votre première course et comment ca s'est passé?
Faris Al-Sultan : J'ai vu un reportage à la télé sur Hawaii, et fut impressionné par Thomas Hellriegel, et ai décidé de prendre le départ d'un Courte Distance près de chez moi. Je suis sorti troisième de l'eau malgré le fait que je n'avais pas de combinaison et que j'avais fait un petit détour. Je me suis fait doubler par les femmes à vélo et j'ai beaucoup souffert pendant la course à pied. Mais je termine quand même troisième dans ma catégorie junior.

Q4 : Le premier Ironman de votre carrière était à Lanzarote en 1999 (à l'âge de 19 ans). Qu'est ce qui vous a poussé à faire une des courses les plus difficiles pour votre premier Ironman?
Faris Al-Sultan : Je ne pouvais pas prendre le départ de Roth puisque l'âge minimum pour y participer est de 21ans; et j'avais vu une publicité sur Lanzarote dans un magasine Allemand de triathlon.
Ca s'est bien passé, j'étais dans le top 15 à la sortie de l'eau (toujours sans combinaison), j'ai roulé en 6 heures et fait le marathon en 3h39, le marathon le plus lent que je n'ai jamais fait. Au total je mets 10h33 et termine 6ème de mon groupe d'âge.

Q5 : Vous êtes un des rares pros à ne pas avoir d'entraîneur. Cela a t il toujours été le cas? Avez-vous déjà eu un entraîneur auparavant? Avez-vous des plans d'entraînement pour vous guider ou vous gérez-vous tout seul?
Faris Al-Sultan : Beaucoup d'autres athlètes n'ont pas d'entraîneur en fait. Je fais mes propres séances, mais je suis également influencé par la façon dont les autres pros s'entraînent, et je travaille en collaboration avec l'équipe 2peak.com

Q6 : Vous avez dit que vous reveniez d'une course cycliste au Pakistan. Comment était-ce? Avez-vous déjà fait cette course avant? Et comment vous êtes vous décidé de prendre part à cette course de vélo? Etiez-vous le seul triathlète en course?
Faris Al-Sultan : Il s'agissait du Tour d'Islamabad qui n'est pas une course UCI, mais une course de charité. J'étais le seul triathlète au départ, et je n'avais jamais fait de course de trois jours avant. C'est assez bon pour l'entraînement. Je n'ai jamais été jusqu'à mes limites à vélo avant. La plupart des coureurs étaient des coureurs de catégorie Continentale ou ex-continentale, quelques Iraniens. Ils étaient tous en bonne forme et ont bien joué le jeu!

Q7 : Comment avez-vous choisi votre style en course: maillot de bain, barbu avec un bandana sur la tête? Cela vous rend reconnaissable de loin. Quand avez-vous adopté ce style? Est ce parce que c'est confortable? Ca vous porte chance de courir barbu? Vous n'êtes pas irrité par le maillot de bain ?
Faris Al-Sultan : Je ne suis pas irrité avec le maillot de bain, c'est juste que je me sens plus à l'aise et bien sûr je suis inspiré par l'Histoire : Hellriegel et Allen ont gagné en courant avec un maillot de bain.

Q8 : Quel style de musique écoutez-vous? Avez-vous un style de musique particulier pour vos séances d'entraînement?
Faris Al-Sultan : J’écoute à peu près de tout en plus de la Techno et la House. Je n'écoute pas de musique à l'entraînement, avant le départ d'une course, j'écoute Xavier Naidoo et Eminem ("'Till I collapse")

Q9 : A quoi ressemble une journée d'entraînement pour vous? Quelles sont vos semaines les plus importantes en terme de volume? Quel est votre entraînement favori?
Faris Al-Sultan : Il n'y a pas de journée type (ca n'aurait aucun sens d'ailleurs). Concernant le volume hebdomadaire, je ne m'entraîne pas plus que quand j'étais plus jeune, mais ca doit être de l'ordre de 40 heures: 800 kms de vélo, 80 kms de course à pied et 15-20 kms de natation plus deux séances de PPG. Les séances les plus dures sont celles de vitesse sur piste ou des sorties de 2 heures de course à pied avec 20 minutes rapides à la fin.

Q10 : Avez-vous déjà fait des erreurs en course ou à l'entraînement?
Faris Al-Sultan : Il y en a bien trop pour toutes les lister içi, de la mauvaise alimentation (cookies) au surentraînement (plus de 1100 kms à vélo et 110 kms de course à pied en une semaine).

Q11 : Le fait d'être Allemand-Irakien vous a t'il fait avoir des retombées de la part des pays du Moyen Orient? Le triathlon reste un sport relativement méconnu dans la plupart des régions du monde, diriez-vous qu'il est plus populaire au Moyen Orient grâce à vos bons résultats? Quel est votre position concernant l'intervention Américaine en Iraq?
Faris Al-Sultan : Malheureusement, la majorité de la population au Moyen Orient à d'autres problèmes à gérer que de s'impliquer dans un sport.(...) Concernant les Emirats Arabes Unis, qui est le pays le plus développé dans cette région, nous essayons d'encourager les gens à pratiquer des sports d'endurance, et ce, dans toute la région. Cependant, je n'estime pas être d'une grande influence ici.

L'intervention en Iraq a pris une mauvaise direction. Je crois que sans l'intervention des USA, les Iraquiens n'auraient jamais pu se débarrasser de Saddam, mais la situation actuelle est mauvaise pour tout le monde. Je n'ai pas de solution radicale.

Q12 : Comment vous organisez-vous pour vous entraîner? Je sais qu'une partie de l'année vous êtes aux Emirats Arabes Unis et également dans le Sud de la Californie. Comment décidez-vous d'aller là ou là pour vous entraîner? Avez-vous un lieu préféré?
Faris Al-Sultan : Je reste aux Emirats pendant l'hiver et le printemps, et pars à San Diego avant Hawaii. Le reste se décide au coup par coup et dépend bien sûr de mon programme de course.

Q13 : A quoi votre saison 2007 ressemble t'elle? J'ai vu que vous prendrez le départ à des XTerra. Faites-vous cela pour vous changer? Ajoutez-vous le VTT dans votre entraînement pour le fun?
Faris Al-Sultan : Je prends juste le départ du XTerra Allemagne. J'ai besoin de courses où je ne suis pas le favori, et ca fait du bien.

Q14 : Vous êtes connu pour courir votre propre course, toujours en tête du début à la fin. Qu'est ce qu'il vous passe par la tête sur une course comme Kona quand quelqu'un comme Lieto vous double à vélo? Je suis sûr que vous êtes tiraillé entre « laisser » faire et « partir ». Que faites-vous? Serez-vous plus tactique sur vos courses en 2007, ou garderez-vous toujours la même formule qui a marché jusque là?
Faris Al-Sultan : J'étais déjà fatigué sur la ligne de départ à cause d'une saison très éprouvante, et je n'avais pas la possibilité de partir avec Chris. Mais même si j'avais eu la possibilité, je fais ma course au feeling et c'est moi qui décide d'accélérer ou pas, pas mes adversaires.

Q15 : Y a t il des courses que vous n'avez jamais fait et que vous aimeriez faire?
Faris Al-Sultan : Il y en a beaucoup. L'Ironman Klagenfurt, Ironman Malaysia, Ironman Australia.

Q16 : Quel livre êtes-vous en train de lire actuellement? Quel est votre film préféré?
Faris Al-Sultan : J'étais très occupé jusque là avec mon propre livre ("Triathlon" Faris Al-Sultan et Christoph Dierkes). Le dernier film que j'ai vu est "Am Limit" sur les frères Huber (de célèbres grimpeurs/alpinistes).

Q17 : Vous avez fait un break dans vos études de l'Histoire et la Culture du Proche Orient pour vous concentrer sur le triathlon. Quels sont vos plans pour après?
Faris Al-Sultan : J'ai pas mal d'idées, mais j'espère encore courir au top pour pas mal d'années encore.

Q18 : J'ai entendu dire que vous mangiez "normalement" plutôt que de vous préoccuper sans cesse de nutrition. Quel est votre "écart" préféré? Avez-vous un repas d'après course fétiche?
Faris Al-Sultan : Premièrement, je ne mange pas seulement au fast food, la performance n'est pas possible sans une bonne alimentation. J'aime les pâtes avec de la sauce au thon qui est mon plat typique en camp d’entraînement. Concernant le fast food, j'aime les burgers et bien sûr les burritos. Après les courses en Allemagne, tout le monde se rejoint en général au fast food le plus proche.

Q19 : Quels sont vos hobbies / talents cachés?
Faris Al-Sultan : Jouer aux cartes, regarder des films et sortir.

Q20 : Parlez-nous de vos sponsors!
Faris Al-Sultan : Je n'ai pas à parler de mes sponsors; leurs produits parlent pour eux.

Propos recueillis par Betsy Delcour le 4/26/2007 pour xtri.com et traduits par Mathieu Dussartre pour xtriathlon.com
Photo : © Kai Baumgartner, 3athlon.de

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commentaires


08 Mai 2007, par : laurentc'est un grand athlète doué, pour l'avoir déja rencontré sur Ironman et sur Xterra


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