Le retour des têtes couronnées
Photo par Xtriathlon
Des duels à distance ou des combats fratricides ne manqueront pas dans les deux courses féminine et masculine, tant par leur intensité que par leur grande valeur sportive. Le plateau féminin sera, n'hésitons pas à employer l'adjectif, rarissime.
Le retour de la championne Olympique
Ces rencontres donneront lieu à certains retours très attendus,
en particulier à celui de la championne Olympique en titre,
l'autrichienne Kate Allen, que peu d'observateurs peuvent se
targuer d'avoir aperçu la silhouette sur un triathlon ces
derniers mois. De retour sur courte distance après de beaux
débuts sur Half-Ironman et ensuite sur Ironman (elle termine deux
fois cinquième à Hawaii en 2005 et 2006), la reine d'Athènes
n'avait pas remis les pieds sur un D.O. depuis avril 2005, ne
terminant que 18ème de la World Cup d'Honolulu. Le pied à
l'étrier depuis le début de l'année, elle ne participe à la série
ITU que dans un seul but : sa qualification à Pékin, et une
seconde couronne Olympique. Ni plus ni moins.
De jeunes pousses prêtes à la charge
Ce que n'a pas intérêt à oublier Allen, 35 ans, c'est qu'une
nouvelle génération de jeunes pousses ne lui fera aucun cadeau
pendant la course. Les dents longues à rayer les parquets, la
relève est là et bien là.
Le Canada en embuscade
La favorite des paddocks c'est la jeune prodige Canadienne
Kirsten Sweetland, Championne du Monde junior l'an passé à
Lausanne. Affolant tous les compteurs en suisse à la fin de l'été
passé, elle a eu du mal à confirmer par la suite mais n'aura de
cesse de se rappeler à leur bon souvenir au Japon dimanche.
Lauren Groves a elle aussi beaucoup à prouver : Championne
Nationale en juillet 2006, elle ne termine que dans le top 20 des
deux dernières World Cup de l'année alors qu'elle était bien
partie en terminant 4ème à Lausanne. Des preuves, elle aura aussi
à en donner. Que dire de Kathy Tremblay ? "Ca commence à sentir
les Jeux" disait-elle lors d'une récente interview. "Je ne vise
rien de moins qu'une place sur le podium à chaque compétition,
lance-t-elle. Je veux être la meilleure Canadienne cette année."
Rien à ajouter…
Ou plutôt si… Jill Savege nous confiait qu'elle vise son retour
au plus haut niveau cette année. Un retour vieux de quatre ans
lorsque pendant la saison 2002-2003 elle raflait tout sur son
passage, dont trois titres sur World Cup…
Alors, ça ressemble à un beau départ tout ça non ? Et ce n'est pas terminé !
L'Australie à domicile
L'île continent n'a plus rien à prouver en matière de couronnes.
Champions du Monde toutes catégories, les aussies seront là pour
gagner.
Emma Snowsill, Championne du Monde en titre, a battu à la
régulière la portugaise Fernandes, celle-là même qui lui avait
causé tant de misères l'an passé, il y a quinze jours à
Mooloolaba. Trois fois vainqueur du titre mondial à seulement 25
ans, Emma a réussi le hold-up parfait l'an passé en réalisant une
saison quasi parfaite. Difficile de l'arrêter…
L'explosion !
Mais l'australienne qui explose actuellement est la toute jeune
Erin Densham. 21 printemps, 1.65m, 54kg, l'encadrement de Poissy
ne s'y est pas trompé : elle sera difficile à battre et son
avenir est tout tracé ! Championne d'Australie en février, elle a
damné le pion à Fernandes à Mooloolaba, finissant sur les talons
de Snowsill… quand on vous disait que tout respect était prohibé
! Celle-là n'en a aucun !
24 ans, c'est l'âge d'Annabel Luxford. World Cup, Jeux du
Commonwealth, Championnats du Monde… elle n'a jamais figuré à une
place autre que dans le top 5 depuis ses débuts en 2004… sauf à
Mooloolaba, où elle a été décrochée, pour terminer huitième. Vous
voulez une australienne qui voudra se rattraper d'une telle…
déconvenue ? En voilà une : Annabel !
Grande copine de Snowsill, et seulement 23 ans, Emma Moffat est
montée, pour sa première saison chez les élites deux fois sur un
podium en 2006 : une fois en World Cup à Edmonton, une autre en
terminant seconde des U23 à Lausanne. Elle sera une challenger
obligatoire côté Australie…
Enorme équipe que celle-là !
Et comme les Kiwis ne seront pas en reste…
… ils ont dépêché un team capable de montrer de quel bois se
chauffe un néo-zélandais. Vainqueur côté féminin aussi bien que
côté masculin l'an passé à Ishigaki, la lutte qui les oppose à
leurs voisins aussies sera de toute beauté. Debbie Tanner était
montée sur la plus haute marche l'an passé, mais n'a pas confirmé
tout le bien qu'on pensait d'elle le reste de l'année, même si
elle termine seconde de la World Cup d'Hambourg.
Mais l'île papillon possède des ressources inépuisables.
Inépuisable est la trentenaire Samantha Warriner (35 ans) et
gagnante de sa première World Cup l'an passé à Salford, puis
championne Nationale il y a 10 jours.
Quant à Nicky Samuels et Andrea Hewitt, elles seront les jokers
de luxe de cette équipe exceptionnelle. Samuels et Hewitt, deux
futures stars des parcs à vélo, c'est évident !
A confirmer…
Les trois françaises Péon, Jouve et Harrison, auront beaucoup à
prouver à Ishigaki. Péon, meilleure place en World Cup quatrième
en 2006, Jouve douzième, Harrison quatrième également l'an passé
seront attendues par les instances fédérales et par tous les
tricolores, dans l'espoir d'un podium tant désiré.
Les suissesses aussi seront souhaitées à un meilleur niveau. Sixième seulement l'an passé pour sa meilleure perf en WC, Magali Di Marco Messmer sera sur les rangs tout comme Nicola Spirig, dont la meilleure perf en 2006 était huitième à Richards Bay.
A confirmer encore, les Britanniques… Cinquième à Madrid en 2006, Helen Tucker sera présente pour faire autre chose que de la figuration, et tenter d'égaler la seconde place de sa compatriote Michelle Dillon l'an dernier, tout comme Andrea Whitcombe (encore une athlète de 35 ans !), troisième à Cancun en novembre dernier.
Les américaines enfin, après la fuite vers une retraite bien méritée de leurs fleurons, tenteront avec Sarah Groff (25 ans), Sarah McLarty (24 ans) ou encore Rebecah Wassner (23 ans), de remettre les USA sur des rails… Olympiques !
On n'en parle pas…
De Vanessa… Pas besoin d'évoquer un palmarès époustouflant, une
régularité et une classe incroyables… La jeune portugaise sera LA
femme à suivre, avec toutes les belles têtes couronnées que nous
venons d'évoquer ! Rendez-vous dimanche.
En photo : Emma Snowsill avec un de ses nombreux trophées







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