Publié le: 02 Novembre 2006
Par: Anthony Philippe
Lien: http://beaune-monnot-triathlon.onlinetri.com/

Antony King of Kona

Photo par Anthony Philippe

Quatrième expérience à Kona et toujours autant d'enthousiasme. Accompagné de son team du Beaune Monnot, Antony Philippe va vivre cette année sur Big Island un Ironman parfait
Après 2001, 2003 et 2004, me voici pour la 4ème fois sur les terres originelles de l’Ironman. Cette année 2006 est très particulière pour moi : cette semaine, nous avons célébré, Fabienne et moi, notre mariage dans la célèbre petite chapelle « St Peter’s Catholic Church » de Kona, située, comme par hasard, au 1er demi tour du marathon. De plus, nous avons laissé en France nos 2 bouts de chou Titouan et Marilys, ils nous manquent !

Le matin de la course, j’ai une pression énorme. Je ne sais pas pourquoi, je suis sur les nerfs, c’est terrible. J’ai peur d’être dans un jour sans, de décevoir tous ceux qui nous suivent… mais avant chaque Ironman, c’est la même chose !

Voilà, nous y sommes. Nous voici au départ de la course la plus mythique qui soit… Une année d’entraînement entièrement orientée vers cet objectif unique : être là, aujourd’hui, dans la baie de Kona, à nager sur place, en attendant le coup de canon libérateur…

Nous sommes environ 1800 à piaffer d’impatience, les pros sont partis depuis un quart d’heure. J’attends sagement le départ, dans les pieds du « boss », Eric Millard, président de notre « Beaune Monnot Triathlon ». Nous sommes 6 triathlètes du club à faire partie de la meute, dont Romu qui est parti depuis ¼ d’heure.

A peine le temps d’entendre le coup de canon que ça bastonne déjà comme sur un CD ! Après m’être fait secouer comme un cocotier, j’essaie de trouver mon rythme. Dur dur… il y a pas mal de houle, ça monte, ça descend, ça monte… le temps passe et je ne vois toujours pas le bateau du demi tour !
Le voilà, c’est reparti dans l’autre sens, avec un retour toujours plus long que l’aller. Sortie de l’eau : 1h07, autour de la 580ème place. Ouf, je suis dans mes temps.

Transition, c’est parti pour 180 bornes. Un petit passage en ville histoire d’amuser la galerie, puis c’est vraiment l’Ironman qui commence… Les champs de lave, paysages désolés, avec des centaines de triathlètes devant moi. Dès le début, ça roule fort. Je suis avec un groupe qui roule bien, mais dans les règles de l’art : je te passe, tu me passes, mais pas de drafting caractérisé. En plus, coup de bol, nous avons avec nous un arbitre qui nous surveille relativement intelligemment : une fois n’est pas coutume ! Je fais quand même hyper gaffe de ne pas me prendre un carton : 4’ de pénalité et ce sont des mois d’efforts qui s’envolent !
(Avec un autre arbitre, Eric prendra d’ailleurs un carton rouge complètement injustifié, donc, prudence).

Je me sens bien, le vent est quasi absent, et je commence sérieusement à remonter du monde. Moi qui suis tétanisé par la peur du « jour sans », je me dis qu’aujourd’hui, ça pourrait bien être un bon jour…

Je passe Didier Gallet, qui n’a pas l’air au mieux, le pauvre. Hawaii ne lui réussit décidément pas. J’espère pour lui que ça ira mieux ensuite. Puis je remonte sur d’autres maillots oranges du BMT : Benoît Racadot, Eric Millard. Si je suis déjà avec eux, c’est que ça sent bon la bonne perf … mais pas d’affolement, nous n’en sommes pas à la moitié du vélo !

Arrivé à Hawi, au demi tour, c’est la «french connection » qui est regroupée : autour de moi, que des français ! Eric Millard, Pascal Dumonceau, Jacky Gerbier, Benoît Racadot, Benoît Ménetrier, Benjamin Stalder, tout le monde est là !!

Je pers un peu de temps car les bénévoles ne trouvent pas mon ravito perso… pas de panique, je repars le mord aux dents. Nos supportrices sont là quelques temps après le demi tour, ça met un coup de baume au cœur de voir Fabienne, ça vaut toutes les Power Bar du monde !
Quelques km et je reviens sur Eric, Jacky et les autres. Plus les km passent, plus je me sens bien !
Mon entraînement élaboré par Stéphane Palazetti doit commencer à payer… Je passe tout un tas de groupes et me retrouve seul, quand il commence… à pleuvoir ! 1ère fois que je vois ça à Hawaii. Mais ça fait du bien et je continue ma petite remontée, tout en sentant que je suis dans un bon jour… l’euphorie me gagne !

La fin du vélo arrive, je suis toujours super bien, je suis à Hawaii, le pied quoi ! Je pose le vélo, à peine le temps de réaliser que je viens d’exploser mon meilleur temps vélo (4h52’), qu’il faut courir à la tente de transition. Le marathon commence, pas de panique, un américain me passe comme une balle dans les 1er mètres… On se reverra…

Comme d’hab, je pars prudemment, j’attends de retrouver mes sensations de coureur avant d’embrayer un peu.

Ravito, éponges, glace, eau, coca. Il y a du monde partout, « good job », « you look good », « come on, come on », dans Kona, on n’est jamais seul. Les km passent tout seul, tout continue de rouler comme dans un rêve, mais je ne fais pas d’illusions, il va bien arriver un moment où ça va coincer, pourvu que ce soit le plus tard possible !
Je rattrape Romu, on s’encourage mutuellement, « à tout à l’heure, sur Alii Drive ! ».

Ravito, éponges, glace, eau, coca. Je rattrape les 1ère filles parties 15 minutes avant. Il faut que je me calme un peu, j’ai peur de payer cash le rythme de plus en plus élevé sur lequel je cours. Alors je reste un peu avec Lisa Bentley, histoire de respecter son rythme de métronome.

Ravito, éponges, glace, eau, coca. Je repars, passe d’autres filles puis dans Palani Road, c’est le délire, notre fan club est là et en plus j’arrive à la hauteur de Natascha Badmann, mon idole ! Je savoure quelques instants ces secondes privilégiées puis repars.

Ravito, éponges, glace, eau, coca. Ça y est, nous y sommes, de nouveau Queen K, et … les jambes qui commencent à tirer !!! Je rentre dans la dernière partie de l’Ironman… celle où il faut courir avec des jambes de plus en plus lourdes.
Et Energy lab, où est Energy lab ? Mais où est le demi tour ? Il me semble infiniment loin… Je ne remonte plus personne… les gars avec qui je cours galopent comme des fous…

Ravito, éponges, glace, eau, coca. Ah voilà enfin Energy lab, descente, demi tour, remontée, les quadri me torturent… mais c’est maintenant qu’il faut serrer les dents. Je croise les potes, ils m’encouragent tous, mais j’ai l’impression d’être cuit. Je suis pourtant à bloc, et le retour et ses interminables faux plats est si long. Je vois Laurent Urban, juste devant, mais je n’arrive pas à revenir, je reste à bloc, au moins, je n’aurai pas de regrets, j’aurais été au maximum…

Ravito, éponges, glace, eau, coca. Descente de Palani Road, c’est la libération, plus que 2 petits km. Virage à droite dans Kona, et je finis à bloc, des centaines de personnes sont là, ça fait 2 ans que j’attends ces instants magiques, je n’ai pas le droit d’avoir mal aux jambes, je suis sur un nuage, chaque seconde est à déguster, c’est unique, je plane complètement, il reste 300m, j’accélère encore, la Finish Line !
Devant moi, des photographes, des hurlements, des bénévoles qui viennent me chercher, ils veulent m’aider ! Je leur dis que tout va bien, tu parles, il y a 10 minutes, je souffrais le martyr, et maintenant, je ne sens plus rien !

Je viens de vivre un Ironman magique, la course quasi parfaite, j’étais dans un super bon jour, à Hawaii, une année où la météo a été clémente. Je suis super content, 62ème au scratch, 9h08’, le top.
Il est tellement rare de connaître une course pleine comme celle là…alors quand en plus cela arrive à Kona, que demander de plus ?

Tous les copains du Beaune Monnot Triathlon sont là, tout le monde a fini, Romu, Franck, Christophe, Didier et Eric, tous sous les 10h, ça c’est de la cohésion de club !

Le lendemain, tout le monde a les jambes fracassées, mais déjà les projets d’Ironman pour la saison prochaine apparaissent : Roth, Francfort, Embrun, ou autre chose ? Ils sont fou ces beaunois, moi qui voulait arrêter, c’est encore foutu pour cette fois… les maillots oranges du BMT vont encore déferler sur les Ironman en 2007 !

Salut à tous et profitez bien de la récup, Mahalo !

PS : Pour les gars du forum : je crois que le classement du Top 10 français a révélé quelques surprises par rapport aux pronostics…

> fin de l'article

commentaires


02 Novembre 2006, par : laurentgéniale ton reportage, tu as courru dans quelle classe d'âge ?


02 Novembre 2006, par : la tortuea part air-jordan et la tortue (et encore on t'avait mis plus loin) personne n'avait misé sur toi...


02 Novembre 2006, par : RomuTrop fort Tony


02 Novembre 2006, par : yannickLe maître de Kona, c'est toi ! Si tu avais mal aux jambes sur le retour après Energy Lab, moi j'ai pris un rhûme avec le courant d'air que tu m'as flanqué quand on s'est croisé ! Encore une fois, respect.


02 Novembre 2006, par : JackyDu Grand Anthony . Bravo encore.


02 Novembre 2006, par : CyrilBravo !
Outre la performance, le texte mérite aussi le respect ! Merci pour ces quelques minutes d'euphorie...


03 Novembre 2006, par : VinceBravo!
Merci pour ces quelques lignes de bonheur... Moi j'suis fan!! Bonne récup à bientôt de te lire sur un nouvel... Iron


04 Novembre 2006, par : dom the gripce marier à kona et y faire un temps canon dans la foulée ...quoi dire de plus si ce n'est que tu fais un tas d'envieux !!!
félicitations dans les deux sens du terme


Ajouter un commentaire :

Vous devez posséder un compte et être authentifié pour déposer un commentaire.