Vernay : "Je veux faire le métier"
Photo par Xtriathlon
Ces périodes, Patrick ne les possède pas.
On peut alors y voir une des raisons de ce "semi-échec" du Caldoche (auprès duquel je m'excuse encore platement pour l'avoir oublié dans la première mouture de mon article consacré aux performances françaises), tant ses qualités morales et physiques paraissent en faire un prétendant au titre suprême…
Repartons sur Big Island avec Patrick…
Je pose le pied sur Big Island le mercredi 18 octobre à 9h15 après un voyage de 18 heures certes un peu long mais peu fatigant. Je me suis permis d’arriver si tard car j’ai la chance de n’avoir aucun décalage horaire à gérer puisque à Nouméa il est à 3 heures près la même heure mais déjà le jour suivant.
Je suis en pleine forme mais dès le lendemain, je suis pris de
douleurs abdominales. C’est la catastrophe et cela va durer
jusqu’au matin de la course. Donc c’est un peu diminué moralement
que je prends le départ en pensant surtout que le marathon
risquera d’être très difficile si je souffre de désordres
gastro-intestinaux. Il n’en sera rien puisque dès le 30ème km à
vélo je n’ai plus jamais été inquiété par ces douleurs. Après une
natation moyenne où j’ai constamment rétrogradé, poussé en cela
par des concurrents qui se battaient pour prendre les bons pieds,
et en l’occurrence ceux dans lesquels je me trouvais, je
m’aperçois en croisant les premiers aux abords du km 10 de la
partie cycliste, que les écarts sont assez faibles et que nous
sommes pour ainsi dire tous à la queue leu leu.
Surpris pourtant de voir Norman Stadler caracoler en tête au bout
d’à peine douze bornes sur son vélo… Les résultats montreront
qu’il a nagé plus vite qu’Andrew Jones pourtant 3ème des
Championnats d’Europe CD à Autun et seulement une trentaine de
secondes moins vite que Macca. Il est même sorti devant moi alors
que normalement il me concède plus de 2’ voire 3. Donc vraiment
une partie aquatique où la hiérarchie a été bouleversée et c’est
donc à vélo que va avoir lieu l’explication, comme de coutume
d’ailleurs.
Malheureusement pour moi, le temps de remonter cette longue file
indienne, notamment grâce aux efforts de François, je m’aperçois
qu’un groupe s’est échappé et nous ne le reverrons plus, si ce
n’est au demi tour à Hawi pour nous apercevoir que nous comptons
un retard de près de 6’.
A Hawi donc, notre groupe d’une douzaine d’unités a implosé
notamment sous l’impulsion de notre François national. Toutefois
je réussis à m’accrocher à un gros rouleur qui me ramène moi et
deux autres sur le groupe de trois dont fait partie François.
Nous sommes désormais 7 ensemble mais nous poserons le vélo à
quatre, les autres dont François ayant attrapé le TGV Widoff dans
les 15 derniers km à vélo.
Je suis donc 18ème au départ à pied et François, mon collègue et
ami Français, est à 1’ devant. Je le rattrape au 11ème km et je
le distance assez rapidement mais pas trop quand même car il est
encore 100 mètres derrière moi au 17ème. Zymtsiev nous a déposé
tous les deux et est passé en 56’ au 15ème au moins, puisque je
passe moi même en 58’. Sachant que 1h au 15 km donne du 2h48 au
marathon, je suis sur de bonnes bases étant donné qu’il faut
compter perdre un peu de temps sur la difficile seconde moitié du
parcours, Palani Road et Energy lab obligent.
Finalement Zymtsiew marchera et je rattrape Timo Bracht au 18ème.
Nous courrons de concert jusqu’au 39ème où je porterai une
attaque pour aller chercher le top 10, déçu d’ailleurs de n’être
pas parti plus tôt en voyant que Lieto n’est qu’à 36" à
l’arrivée. Je termine assez bien, avec même un petit regret,
celui d’avoir eu un petit coup de moins bien au 22ème km à pied.
Sans ce dernier, je serais peut-être revenu sur Cameron Brown qui
a beaucoup souffert sur les 5 derniers km. Mais bon avec des « si
» on peut refaire une course entière alors ne spéculons pas et
contentons-nous d’apprécier ce top 10 avec l’ambition de faire
bien mieux l’an prochain.
Il va me falloir pour cela me trouver des moyens pour combattre à
jeu égal avec tous les professionnels qui me devancent.
Ne plus travailler en tant que Professeur d’EPS ou encore
bénéficier d’un aménagement horaire me permettrait de me déplacer
facilement sur des courses de haut niveau afin de me faire
progresser davantage et ce surtout à vélo. Je manque un peu de
confrontation sur mon île et c’est à ce niveau que je peux
récupérer les 10’ qui me séparent du podium.
Donc si quelqu’un pense pouvoir m’aiguiller sur la façon de
trouver les moyens de passer une année ou deux à faire réellement
le métier, je suis preneur. C’est le seul moyen susceptible de
m’aider à figurer l’an prochain dans les 3 premiers. Pendant que
les Pros se reposent, moi je bosse au collège, c’est ce qui fait
la différence et explique peut-être, même sûrement cette 10ème
place.
Quand on sait que parmi les premiers presque tous sont arrivés à
Hawaii trois semaines avant ou encore sont venus y faire des
stages un peu plus tôt dans l’année, on peut aisément apprécier
la démarche professionnelle, celle qui me fait défaut à cause de
mes impératifs professionnels.
Sinon je tenais à remercier tous ceux qui m’ont soutenu et leur
dire combien j’ai apprécié leurs encouragements et la confiance
qu’il avait mise en moi. Que ce soit sur les forums d'Xtriathlon
ou encore d'Onlinetri, vous avez été nombreux à me pronostiquer
dans les dix premiers. Cela m’a énormément boosté tout au long de
ma préparation terminale et pendant les 8h28 de la course elle
même. J’espère que l’an prochain je pourrai faire encore
mieux.
Donc encore merci à tous et à bientôt d’échanger avec vous sur le
net.
Patrick Vernay
Photo non contractuelle ! Vous aurez remarqué que la photo accompagnant l'article de Patrick n'est bien entendu pas prise à Kona mais à Lorient cet été lors de la manche ITU Longue Distance. Dès que la rédaction recevra des clichés officiels d'Hawaii, nous les mettrons en ligne.






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commentaires
28 Octobre 2006, par : la tortuejuste pour réver, quand on voit le budget d'un club de football et le salaire de ses joueurs, le fric investit par certains sponsors en cyclisme malgré toutes les dérives, un team pro français de triathlon ne pourrait-il pas voire le jour incluant par exemple chabaud, vernay, le floch ainsi que les jeunes qui gallèrent a créer des assoc pour financer leur déplacements afin de permettre un entrainement normal et de les decharger de tout autre probleme.
un footballeur ne s'occupe pas de reserver ses billets d'avion (normal l'avion est a eux...)
promis si je gagne au loto (j'ai bien gagné a la lotterie d'hawaii...)j'investit dans le tri...
-faut bien croire au pere noel de temps en temps-
28 Octobre 2006, par : HerveImpossible "La Tortue" car les droits tele ne sont pas vraiment les mêmes...donc la re distribution de l'argent suit! De plus depuis quelques années les equipementiers se sont plus ou moins desinvestis du triathlon par manque de retombées médiatiques...et oui il faut vendre les equipements avant tout: velo, chaussures, textiles, diet etc...et d'autres sports le font mieux: Cyclisme, le foot que tu cites ici, le tennis etc...pour ma part je ne pense pas qu'un Team Pro, du type Lagardere en Tennis, puisse exister un jour, bien que l'on puisse s'inspirer de certains exemples d'autres sports. Mais comme tu le dis, on peut croire au Père Noel de temps en temps!!!!
29 Octobre 2006, par : Lucky Flo les bons tuyauxSalut Patrick et félicitations pour la perf !
Une piste pour faire le métier : congé formation en t'inscrivant à la prépa agrég (si tu es déjà agrégé, CNED ou n'importe quel établissement d'enseignement)85 % du traitement brut pendant 3 ans maxi sans mettre les running au boulot bien sur.
D'ici là tu seras monté sur le podium !
Parallélement à cela, ton club recrute ou "importe" un(e) étudiant(e) en licence pro de communication (stage 3 mois maxi de mai à juilet) objectif : trouver des sponsors pour arrondir les finances.
Agrég = + de salaire - d'H de cours + d'H d'entraînement et donc + de chances de rester sur le podium, cqfd !
29 Octobre 2006, par : laurentmoi je crois un Team, regardait les émiras arambes en ont bien créé un TEAM Triathlon avec norman, red et bien autres, il faut juste trouver quelqu'un comme eux pour le financer car on ne peut pas compter sur la FFTRI...pourquoi pas une grosse entreprise ou un gagnant du loto peut être comme la tortue
29 Octobre 2006, par : laurentC'est le TEAM TRI DUBAI
29 Octobre 2006, par : laurentRoland, une chose que je ne comprends pas, merci de poser la question au instance fédérale Patrick Vernay est le meilleur Français sur longue distance, alors pourquoi n'a t-il pas les mêmes conditions ques les autres pros français du longues distances par un emploi dans l'administration ? Mais pour cela, il faudrait que cette instance reconnaisse Hawai comme un championnat du monde, tel est le problème a l'heure actuelle. On a vu le cas l'année dernière avec cyril Neveau qui avait faillit ne plus être pro à la SNCF, parce qu'il n'avait pas fait les courses de la FFTRI, championnat du monde LD et non Ironman, parfois les calendrier sont incompatibles entre les 2 circuits
29 Octobre 2006, par : laurentPatrick Vernay, je pense que tu as les capacités d'intégrés le Team Tri DUBAI, si tu le fais alors tu pourras t'entrainer comme un vrai pro, je pense avoir répondu à ta question finale, alors renseigne toi aux personnes compétentent, vu que les instances fédérales ne font rien pour toi.