Publié le: 17 Octobre 2006
Par: Raymond Britt
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Kona : Apprenez de quelqu'un qui sait

Photo par Steve Handwerker

Durant la troisième semaine d'octobre, la plupart des meilleurs triathlètes au monde descendront sur le tarmac de l'aéroport International de Kona. Durant l'approche de leur avion, ils auront ainsi un aperçu du parcours sur lequel ils courront le 21 octobre, LE jour des Championnats du Monde Ironman 2006
Beaucoup de ces athlètes reviendront à Big Island, et ils sauront à quoi s'attendre. Mais pour des centaines d'autres, qui ont remporté leur slot lors d'une course de qualification plus tôt dans l'année, ce jour-là sera une nouvelle expérience. Si vous êtes un de ces rookies, ou que vous espérez le devenir un jour, que pouvez-vous prévoir pour cette journée tant attendue ? Allons-y.

J'ai couru à Kona en 2002, 2003, et 2004. J'avais rêvé de ce slot pour Kona durant des années, et je me suis un jour suffisamment entraîné pour y venir. Après avoir remporté mon slot lors de l'Ironman USA Lake Placid, l'excitation que je ressentais en me disant que "j'allais y aller" était à son comble. Cette excitation augmentait même au fur et à mesure que la course approchait. La pasta party à laquelle je me suis joint, et où la communauté des triathlètes tient le premier rôle, vous fait vous sentir comme s'il n'existait aucun autre endroit où vous devriez être à ce moment précis. C'est déjà énorme d'être là. La récompense est ce numéro de dossard. La course semble en fait juste une pensée pour l'instant. Mais il y a toujours un Ironman triathlon, et un des plus difficiles au monde, à courir.

Le jour de la course – Avant l'aube
Le petit matin de l'Ironman de Kona sera bien supérieur à toutes vos expériences de pré courses antérieures. Il y existe en effet quelques différences par rapport aux "autres". Première chose, vous devrez faire la queue pour vous faire formellement marquer votre numéro sur le corps - c'est un vrai processus – et la ligne n'arrive pas rapidement… Si vous êtes du genre à avoir besoin de beaucoup de temps pour vous relaxer dans l'aire de transition, faites-vous marquer très tôt.
Seconde chose, il y a des équipes de télévision qui slalomeront entre les athlètes, s'attachant particulièrement à filmer les pros et quelques groupes d'âges présélectionnés. Ce sont les premières images de ce que vous avez forcément vu des films de la course. Il y a Natascha Badmann… il y a Faris Al Sultan… Cela vous frappera à un moment : C'est Réel, je suis Là. Le rêve débute.

Il n'y a qu'une chose pour laquelle vous devez vous inquiéter : être à l'eau avant que le canon de retentisse à 7 heures. Le très petit passage vers l'océan à Dig Me Beach veut dire qu'on ne peut passer qu'à une personne de front : la file est donc longue. La ligne peut s'étendre aussi loin que celle du marquage, aussi, si vous êtes du genre à prendre votre tempsdans l'eau avant le départ, soyez-y tôt !

Natation
Il n'y pas d'autre natation sur Ironman qui ne soit plus agréable que celle de Kailua-Kona Bay. A moins q'une tempête ait rendu la mer très forte, ce qui entraîne une visibilité sous l'eau très limitée, comme c'est arrivé en 2002, l'eau est claire et la vue est spectaculaire.
Quand vous êtes dans l'eau avant le départ, regardez autour de vous. C'est un moment incroyable. Vous êtes vraiment là. C'est tout ce dont vous rêviez, et c'est arrivé. Puis… boom ! Et à bientôt, vous voilà parti.
Tandis que vous tentez de faire votre place et d'avoir un bon rythme dans l'eau, vous commencerez à noter que vous êtes parmi un bon, même "poli", groupe de nageurs. Mais peut-être est-ce plus vrai pour les nageurs plus lents, comme moi. Dans d'autres Ironman, avec plus de 2500 athlètes dans l'eau en même temps, la congestion peut être irréelle, le contact constant frustrant.
Mais à Kona, vous semblez toujours être entourés de bons nageurs, certains sachant où ils doivent aller, et qui ne dévient pas tout le temps sur vous. Vous trouverez cette expérience très agréable parce que vous nagerez vraiment avec un groupe de nageurs de votre niveau. C'est comme un peloton en course à pied, vous trouverez plaisante la présence d'athlètes autour de vous. Ce sera nouveau.

Soyez sûr de regarder derrière vous la scène qui se déroule. Ce sera merveilleux et même très distrayant. C'est de cette partie de la natation que vous vous souviendrez le plus.
Certains athlètes qui connaissent bien la natation de Kona disent que l'eau est plus fraîche après le demi-tour, parce que le retour est plus dur. Le retour à terre est maintenant facilité par un tapis; mais vous n'avancerez pas aussi rapidement que vous pensez. Aucune importance, vous êtes ici pour "votre" expérience. Profitez !

Vélo
Une des choses que j'ai le plus regardées durant le parcours de 180km était les gisements de lave. J'ai admiré cela comme une expérience spirituelle, que j'avais visionné et re-visionné à la télé, et j'ai trouvé extraordinaire de me trouver là, en personne. Mais première chose, vous devez être là…
J'ai divisé le parcours vélo de Kona en cinq parties : l'échauffement, rapide et extra, la montée légendaire, la descente infernale, rentre chez toi (…) de vent.

L'échauffement
Les premiers kilomètres du parcours, à l'intérieur et autour de la ville de Kona, semblent conçus pour casser d'éventuels paquets qui se seraient formés. Il y a de petites montées et descentes qui basiquement donnent au cycliste l'opportunité de s'échauffer sans céder à l'excitation. Ces premiers kilomètres sont tels que vous ne verrez pas beaucoup de dépassements, et vous réaliserez qu'il est alors mieux de garder votre position et de vous concentrer dans un rythme confortable et sûr.

Rapide et extra : vers Waikoloa
Quand vous arriverez sur la célèbre Queen K highway, la meilleure partie du parcours s'offrira à vous. Cette autoroute a un revêtement impeccable, les ondulations ne sont pas contraignantes. Vous êtes de plus en pleine forme et vous aimeriez bien augmenter un peu le rythme de croisière. Allez-y. Mais gardez cela en mémoire : les kilomètres les plus difficiles sont à venir.
Regardez autour de vous. Et vous verrez de la lave. Vous êtes au beau milieu de nulle part, et c'est presque silencieux, si l'on excepte le son des cyclistes qui pédalent. Kilomètre après kilomètre les champs de lave vous propulseront dans un univers lunaire. Ou avez-vous déjà eu une expérience comme celle-là ? Voilà l'endroit où vous êtes censé être. Le compteur de votre vélo dira que vous allez vite, que vous allez faire un bon vélo. Et ce sera une impression réelle durant les deux premières heures. Mais lorsque vous arriverez à l'intersection de Waikoloa Village, il sera temps d'envisager un travail sérieux.

La montée légendaire "The Road to Hawi…"
Après Waikoloa, la route va se rétrécir quelque peu et vous proposer quelques ascensions et descentes, durant quelques kilomètres. A un moment vous prendrez un virage à gauche vers la côte ouest de l'île, et vous retrouverez dans la montée d'Hawi. Regardez bien où elle se trouve sur la carte, il y a un point où vous pourrez voir où le début de la côte débute, 19 kilomètres avant d'arriver en haut. Les marques des miles sur la route mesureront votre progression. Mais ils ne passeront certainement pas assez rapidement pour vous. Vous commencez à penser : 19 kilomètres, c'est pas mal. Et oui, ça pourrait être pire, mais ce n'est pas facile. Profitez de ce moment pour bien manger et vous hydrater, si vous le pouvez. Les derniers huit kilomètres vers Hawi sont plus exposés au vent, et vous aurez à ajouter cette nouvelle bataille à l'ascension. Gravité et vent. Pas cool. Mais bientôt vous serez dans Hawi, une ville remarquable pour le rôle qu'elle joue dans l'Ironman. Ca y est vous êtes en haut.

La descente infernale : à travers le vent
Ce qui monte doit descendre. Et après Hawi, vous allez redescendre tout ce que vous venez de monter. C'est une descente très facile, pas trop rapide mais vous aurez tout de même à bien vous concentrer afin de garder le contrôle de votre machine. Elle est suffisamment rapide pour vous aider à reprendre la moyenne horaire que vous aviez au pied de la montée. La mauvaise nouvelle est que ce ne sont QUE 19km de descente. Les choses vont ensuite se corser sur les 20 prochains kilomètres en direction de Waikoloa. Le vent en effet pourra être un peu plus fort, et vous pouvez être pratiquement assuré qu'il soufflera en face de vous.

Rentre chez toi (…) vent
Vous allez atteindre l'intersection de Waikoloa en relative bonne forme, et le compteur de votre vélo vous révélera que vous avez jusqu'ici une bonne moyenne horaire. A chaque fois que je me suis retrouvé à ce point j'ai pensé : garde ce rythme et tu vas finir avec les pros ! Aucune chance d'y arriver donc, dans tous les cas. Tandis que les 40 derniers kilomètres sont relativement plats, ce sont les vents contraires qui vont mettre à mort vos rêves. Je me souviens rouler à 20-25km/h, ne pouvant maintenir le rythme. Ces vents sont énervants. Et les marques des miles sont là, encore, vous rappelant constamment que c'est loin d'être terminé. Réfléchissez. Tous les autres athlètes sont dans le même cas. Et chacun doit raconter la même histoire quand la course est terminée : les vents étaient bien les mêmes que ceux qui vous ont tant hantés. "Rugueux".

La course à pied
En 2004, je me souviens sortir de la transition vélo-course à pied dans une sorte de fournaise, la chaleur la plus importante que j'ai jamais eu à subir sur aucune autre course. Avant que vous ne commenciez à courir, le soleil sera très haut dans le ciel, l'humidité frisera les 100%, et l'asphalte diffusera encore plus de chaleur. Cela prend du temps pour s'acclimater à ce genre de chaleur après avoir nagé 3.8km et roulé 180km. La bonne nouvelle est que la première moitié du parcours procure pas mal d'opportunités de courir à l'ombre, et de s'asperger d'eau et de glace à de nombreuses et très bien achalandées aires de ravitaillement.
Après être venu de l'est de la ville sur Alii Drive, le parcours vous mène à un angle de rue sur le front de mer, aux alentours du 9ème kilomètre. Vous effectuerez un virage à 180 degrés et retournerez alors dans la ville. Le relief est assez plat pendant les 19 premiers kilomètres. Puis vous reviendrez de nouveau en ville, par Palani Drive. Un ami, groupe d'âge et Finisher à Kona me disait : la course débute à Palani Drive. Pour lui, il fallait courir la première moitié du marathon relativement rapidement.
Si vous voulez être compétitif à Kona, il a en partie raison. Le second half-marathon de Kona est l'endroit où tout peut en effet se passer. Vous êtes alors totalement exposé au soleil. Il y a de longues pentes qui vous écrasent encore un peu plus. Et pour plusieurs raisons les quelques kilomètres de l'aller-retour dans the Energy Lab sont capables de vous enlever toute votre… énergie ! Certains compétiteurs arrivent pourtant à tirer avantage de ces incroyables conditions. Quant à nous – nous courrons pour la majorité à Kona pour le fun non ? – nous devons absolument passer au mode "conservation", en essayant de maintenir un rythme correct. L'Energy Lab n'est pas aussi impossible à gérer que certains films de l'Ironman nous le font voir; on peut y survivre. Une fois passé cette partie de la course, vous aurez accompli environ 34 kilomètres. Plus que 8 kilomètres pour rentrer à la ville, et vous serez un Ironman. Les 6 à 7 kilomètres qui viennent n'ont pourtant jamais été agréables pour moi. J'ai eu l'impression que cela montait tout le temps, et cela passait vraiment trop lentement. Mais quand vous atteignez Palani Drive, et faites ce virage à droite après le panneau du 40ème, vos meilleurs moments vous attendent.
Finish
Savourez ces deux derniers kilomètres. Vous vous serez entraîné durant des centaines et des centaines de kilomètres durant des années, pour être là. Pendant les 1000 derniers mètres, vous serez probablement seul. La plupart des spectateurs sont en effet sur la ligne d'arrivée. Dans cette relative solitude, rappelez-vous de ce que vous avez fait pour en arriver là. Deux virages à droites plus loin, vous serez sur Alii Drive. La Terre Sacrée. Au début vous ne verrez pas la ligne d'arrivée, mais vous l'entendrez. Continuez d'avancer. Vous allez voir enfin les lumières, vous allez entendre Mike Reilly accueillir un à un les athlètes, en attendant votre tour.

Puis ce sera à vous. Les plus beaux 100 derniers mètres de tous les sports d'endurance. Ralentissez. Saluez les spectateurs, puis passez la ligne en vainqueur, tandis que Mike Reilly vous dit :

You are An Ironman!

Par Raymond Britt :: Nantucket Media" http://www.runtri.com/

> fin de l'article

commentaires


17 Octobre 2006, par : phiphiGénial !


17 Octobre 2006, par : dom the gripj'ai visionné er revisionné je ne sais pas combien de fois les courses de kona depuis 1989 ( merci la tortue pour les trous ... ) mais je n'avais encore jamais lu un récit de course comme celui là !!
ça donne envie !!


20 Octobre 2006, par : laurentL'Ironman reste une distance à part et quand au fil de la saison,on jongle avec d'autres distances inférieures pour préparer l'Ironman, on a une impression bizare de c'est déjà terminé, pour moi cette distance,reste la distance reine du triathlon et quand cette année j'ai franchi la ligne d'arrivé des championnats de France LD, j'ai eu la même sensation mais malheureusement pour notre sport,plus la distance est longue, plus le prix explose vers le haut, pour ma part, je trouve qu'il est inutile de courir une course label Ironman, si on ne veut pas se qualifier pour hawai, autant allé à roth sur la même distance et pour moins de 100 euros de différence à un label Ironman est croyais pour avoir fait cette course 3 fois c'est géniale l'ambiance, j'y suis encore inscrit pour 2007


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